Si vous souhaitez encore poster dans l'event des antidotes, vous pouvez jusqu'à août !
Pour en savoir plus, allez donc faire un tour dans les flashbacks !
Pas de restrictions au niveau des groupes :
vous pouvez venir incarner qui vous le souhaitez,
qu'importe votre maison ou la pureté de votre sang !

Nouvel event très important pour la suite !
Pour en savoir plus, allez donc à Poudlard, où tout semble arriver !
Nouveau recensement en cours pour juin/juillet !
Pour en savoir plus, allez donc ici pour ne pas être supprimé !

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 Alistair A. MacFusty | Sam Heughan

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Messages : 303
Date de naissance : 02/02/1987
MessageSujet: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyDim 6 Jan - 21:35

Alistair Alexandre MacFusty

Feat. Sam Heughan




Âge : 32 ans Sexe : Mâle Date de naissance : 2 février Nationalité/Origines : Ecossais Orientation sexuelle : Hétérosexuelle Statut civil : Veuf Maison : ancien Serdaigle Groupe : Magic Is Good Profession/Études : Chef de Clan, ce qui implique plusieurs casquettes, a étudié la Vetomagie pendant trois ans Statut de sang : Sang-mêlé Baguette magique : Bois de cèdre, ventricule de coeur de Dragon, 30 cm Patronus : un Noir des Hébrides Sa relation avec la magie : Il n'y pense pas, pour lui elle va de soi Signe(s) distinctif(s) : Un tatouage magique à l'encre noire, un Noir des Hébrides qui a la possibilité de se déplacer sur tout l'espace de son dos – des cicatrices, notamment une sur le biceps droit, brûlure infligée par un dragon – parle couramment 5 langues : gaélique écossais (langue maternelle), anglais, français, allemand et russe. Apprend actuellement le chinois, mais galère méchamment.



Caractère

Le silence.
Papa n'a pas dit un mot depuis qu'ils sont rentrés, et le petit Lucàs n'en mène pas large. La tête baissée, il regarde ses pieds avec la plus grande attention. Et puis, après un moment interminable, il entend la voix grave lui intimer de se filer dans sa chambre. Et c'est sans demander son reste que le petit garçon s'enfuit dans le château, ignorant superbement le Cousin Duncan qui venait pourtant s'enquérir de sa journée.
Le spectre, loin de s'offusquer, reporte alors son regard sur les larges épaules du chef de clan. Contrairement à l'enfant, il voit les tremblements, devine la colère sourde qui pulse dans les veines de son parent. Il ne se risque pas plus à venir lui faire la conversation pour autant. Il va plutôt aller chercher la Tante Hildegarde, autre spectre hantant le château, pour la rendre chèvre. Ça sera autrement plus amusant.
Ignorant ce qu'il se trame derrière son dos, Alistair cherche à retrouver son calme. Il inspire profondément, une fois, deux fois. Enfin, le brouillard de la fureur se dissipe et ne reste que l'angoisse du parent inquiet.
Il soupire, inconsciemment cette fois.
Il a eu la peur de sa vie. Quand il avait vu le petit garçon, âgé d'à peine six ans, bien trop près de l'enclos, les couleurs avaient quitté son visage. Quand il avait vu la dragonne rétrécir ses pupilles, la queue subitement immobile, son coeur avait arrêté de battre. Par chance, l'attitude agressive avait attiré l'attention de tous les hommes présents, et c'est mus d'un même réflexe qu'ils avaient retenu l'animal dans ses velleités belliqueuses. Alistair n'avait pu tirer l'enfant hors de portée des flammes qu'in extremis.
Une chance qu'ils soient tous habitués à l'omniprésence des Noirs des Hébrides et qu'ils aient de bons réflexes.
La grande main attrape une bouteille de Whisky Pur Feu et il se sert un verre dans l'espoir de calmer ses nerfs. La suite est un peu floue. La terreur au ventre, il s'était laissé envahir par une rage sans borne. Il avait sans doute hurlé sur Moira, qui était alors chargée de veiller sur sa progéniture.
Il fait rouler une gorgée de Whisky sur sa langue, songeur. Elle n'avait pas mérité ça. Il devrait songer à aller lui parler. Il faut dire qu'il avait eu tellement peur…
Une main passe sur le visage anguleux alors qu'il prend lentement conscience de la situation. Il sait, pourtant, que derrière le calme imperturbable qu'il affiche d'ordinaire, se cache une colère brutale qui ne demande qu'à s'exprimer. À force de contrôle, il fallait bien qu'elle sorte de temps à autres.
Il a au moins la sagesse de s'en rendre compte.
You're drinking again,” entend-il alors derrière lui.
Tu bois à nouveau.
Alistair se tourne vers sa mère, hausse un sourcil en faisant mine de ne pas entendre le reproche. Il sait qu'il se tourne un peu trop vers la production locale depuis la mort de sa femme. Il sait qu'elle n'ose pas le lui reprocher frontalement, mais n'est pas idiot et comprend pertinemment la façon détournée qu'elle a de dire les choses. Désireux de ne pas parler pour ne rien dire, fidèle à son tempéramment austère et peu bavard, il se contente de vider le verre avant de le reposer. Il embrasse la joue de sa mère en passant à sa hauteur, sans un mot, et se décide à aller chercher son fils.
Parce qu'il n'oublie pas que, Moira ou non, l'enfant n'était absolument pas autorisé à s'approcher des enclos où ils soignent les dragons.
D'un pas rapide et assuré, il monte les escaliers, s'engage dans le dédale des couloirs. Il ne prête pas attention à la Tante Hildegarde, occupée à fuir le Cousin Duncan. Il ne prête pas davantage attention au lourd bruit d'une pièce du château occupée à se déplacer pour trouver une place lui convenant mieux.
D'ailleurs…
Il frappe à une porte et, face à l'absence de réponse, décide d'entrer pour se retrouver dans…
La bibliothèque.
Évidemment. La chambre de Lucàs a décidé de se faire la malle. Stoïque, Alistair sort sa baguette, marmonne une parole en gaélique et laisse le bois tourner jusqu'à lui indiquer une direction qu'il suit sans se poser de question.
Et enfin, il arrive à son but.
Here you are,” souffle le lourd accent écossais, rassuré de voir le petit garçon assis sur son lit, livre entre les mains. “Do you have anything to tell me ?
Ah, te voilà. Aurais-tu quelque chose à me dire ?
L'enfant rentre la tête entre les épaules quand son père s'installe à ses côtés. Lucàs ne tarde pas à s'excuser, et à reconnaître ses torts. Il n'échappera pas pour autant à la morale et la sanction paternelle. Impitoyable, mais juste, Alistair explique longuement la situation à son fils, l'informe de ce qui l'attendra pour les jours suivant. Et l'enfant, docilement, hoche la tête.
Il est content de voir que Papa n'est plus fâché, mais sait qu'une bêtise de plus suffirait à alourdir la punition.
Il est déjà tard quand il sort de la chambre, poussant le petit garçon à retrouver sa grand mère pour le dîner. Lui-même reste seul encore un instant dans la chambre d'enfant, observe pensivement une photo de feu son épouse sur la table de chevet.
Cela n'aurait jamais eu lieu en sa présence. Elle aurait veillé à lui comme à la prunelle de ses yeux. Éventuellement aurait-elle retenu Alistair chez eux, plutôt qu'à aller aider les autres hommes dans leurs soins des dragons en pleine période de reproduction. Il aurait sans doute fait la lecture à leur progéniture, ou bien aurait-il joué aux échecs avec lui. Il lui aurait raconté, pour la millionnième fois, la mort tragique du Cousin Duncan, alors qu'il tentait de chevaucher un dragon, ou celle de l'Oncle Gregory, décédé coincé sous un tonneau de Whisky Pur Feu.
Encore un soupir.
Rien d'utile à ressasser ou à imaginer un autre jour. Il doit vivre dans le présent. Il repose la photo où la jeune femme lui sourit de toutes ses dents et, ignorant un pincement au coeur, retourne dans les couloirs.
Il faudra vraiment qu'il parle à Moira. Elle doit s'en vouloir.
Et à Duncan. Il faut qu'il arrête de monter le chou à son petit garçon avec ses histoires de dragons. Évidemment que le gamin veut les voir de plus près…
Il retourne alors à sa famille, ses responsabilités. Sans plus songer à l'insomnie qui, cette nuit comme lors de tant d'autres, viendra le saisir. Sans penser à la peine qui le ronge de l'intérieur. Sans se soucier de l'angoisse qui lui ceint le coeur.
Cet enfant aura sa peau.



Histoire

Dans certaines légendes, on commence par décrire au lecteur le cadre idyllique dans lequel le héros ou l’héroïne évolue. On vous explique combien cet endroit est fabuleux, chargé de secrets et d’une magie si extraordinaire qu’il est presque possible de l’effleurer du bout de votre doigt de pauvre mortel. On vous parlera d’un château majestueux surplombant les plus noires forêts, havre de paix dans un monde fait de guerres et de méfiance ; on vous dressera le merveilleux portrait d’enchanteurs, à la surperbe magnifiée par la vilenie des sorcières ; on vous vantera enfin la beauté de cette femme, à la chevelure digne des plus belles cascades, ou le courage de cet homme, que rien n’effraie, pas même le terrible dragon gardant sa promise à l’abri du monde extérieur.
Dans le présent récit, nul princesse à sauver.
Toutefois, vous y trouverez dragons à foison, enchanteurs courageux, châteaux merveilleux.

Alistair eut la chance de voir le jour dans un monde d’une paix délectable.
C’était un jour d’hiver, et le vent du nord soufflait sans discontinuer, sculptant les falaises, soulevant les vagues, ployant les arbres. Face au déchaînement des éléments, toutefois, le château MacFusty reste imperturbable ; il se dresse avec une fierté toute écossaise, tient tête au plus mauvais temps, défie la nature de venir l’arracher à l’île à laquelle il semble soudé. Ses pierres grisâtres sont noires de pluie ; l’eau reflète parfois une douce lueur orangée émanant des fenêtres. L’effervescence interne lui donne une majesté sans pareille, alors que la silhouette austère se détache de la nuit et projette quelques points de lumière dans le paysage tourmenté.
À l’intérieur, on est indifférent à l’hiver qui frappe à la porte. Les Écossais, habitués aux caprices du temps, sont davantage occupés par l’annonce du travail commencé par la femme du chef de leur clan. L’arrivée de l’héritier secoue les spectres qui vont et viennent autour de Aoife MacFusty, et ce malgré les invectives pour le moins acides qu’elle leur sert. Daibhidh, son époux, est tenu à l’écart de cette agitation, jouant nerveusement aux échecs contre l’arrière-grand-oncle Duncan - mort deux cents ans plus tôt - dans l’espoir de se vider l’esprit.
Les cris de la mère en couches font écho au mugissement du vent extérieur. La flamme d’une bougie vacille dangereusement alors qu’une sage-femme annonce apercevoir la tête. On s’agite, on se bouscule.
Et puis, finalement, les pleurs d’un bébé déchirent le silence soudain, comme si tout un chacun, jusqu’à Mère Nature, s’était tu pour accueillir comme il se devait la nouvelle vie.
It’s a boy.
C'est un garçon.

L’enfance est bien souvent le berceau des illusions les plus douces, des désirs les plus purs. On oublie l’égoïsme, on oublie la cruauté naturelle résultant de la maladresse et du franc-parler de ces petites têtes blondes. Notre petite tête rousse n’échappe sans doute pas à la règle, si ce n’est que l’enfant qu’il est se montre d’un naturel calme et docile, peut-être un peu bavard.
Mais surtout : un véritable casse-cou. Sa mère dit souvent qu’il est bien le fils de son père, à ainsi partir à l’aventure auprès des enclos où l’on soigne les dragons, sa couche encore à moitié défaite. Et les années qui suivront ne feront que lui donner raison : un bras cassé par-ci, une cheville tordue par-là, le petit garçon n’a peur de rien et multiplie les incidents, les bobos sans conséquence, les blessures plus graves. Les larmes aux yeux toujours, mais avec une volonté de fer de ne pas les laisser couler.
Boys dinna cry,” avait dit Papa, espérant faire de son fils un homme solide.
Les garçons ne pleurent pas.

Entre deux escapades, l’enfant passe plus de temps sur les épaules de son père que dans les bras de sa mère. Il approche ces créatures aux grands yeux jaunes, les observe avec une fascination que ses grands yeux bleus ne peuvent dissimuler. Il apprend à grimper le long des falaises les plus abruptes, ou du moins est-ce le souvenir qu’il en garde. Sous l’oeil attentif des adultes, il apprend aussi à lire et à écrire, jongle déjà entre plusieurs langues – le français de la Tante Hildegarde, le gaélique de l'archipel, l'anglais du monde extérieur ; il en résulte un dialecte bien à lui, avec une grammaire approximative et un mélange des trois langues dans lesquels il baigne, ce qui est le propre de l’enfant bi- ou trilingue. Il est encore très jeune, mais tout doucement, on le prépare au rôle qu’il aura à tenir à l’âge adulte ; on lui apprend notamment à jouer aux échecs, pour encourager son esprit stratégique à se développer. On lui enseigne les traditions, et il assiste dès ses cinq ans aux rituels de passage à l’âge adulte des jeunes sorciers du clan ayant atteint la majorité.
Il n’est jamais en contact avec les moldus, rarement avec le monde extérieur aux îles sur lesquelles il grandit. On lui explique, bien sûr, le statut de l’archipel, son rapport au moldu, au monde sorcier ; mais même la version simplifiée n’intéresse pas l’enfant, trop jeune pour avoir ne serait-ce qu’envie de se pencher sur la question.
La magie fait partie de sa vie de tous les jours. S’il ne croise jamais d’elfe de maison, il voit les enchantements exécutés par les adultes du clan, discute avec les spectres de ses ancêtres, passe de longues heures à observer le vol des dragons. Il sait la brume qui entoure constamment l’archipel et les protège des curieux, moldus et sorciers.
Comme peu d'enfants sorciers de cette époque, il évolue dans une félicité quasi-constante, et une insouciance inégalable. Il utilise ses pouvoirs sans s’en rendre compte, sous l’oeil attendri d’une mère attentive, parfois pour finir plus rapidement ses devoirs, parfois pour s’aider dans une expédition - déverrouiller une porte, à cause de la frustration provoquée, par exemple. Tout semble naturel, tout semble aller de soi.

La lettre de Poudlard est attendue, lorsque le petit jeune homme atteint enfin l’âge de onze ans. Il n’est pas spécialement heureux d’apprendre qu’il devra, dans les années à venir, passer de longs mois loin des siens. Il n’est pas ravi non plus de devoir se rendre jusqu’à Londres pour prendre un train qui va le conduire en Écosse.

Woooow, that is huuuuge !
Wooow, c'est énoooorme !
Indifférent au commentaire d'un né-moldu derrière lui, Alistair reconnaît intérieurement qu'en effet, le château est monumental. Celui qu'il connaît depuis sa naissance est ridiculeusement petit en comparaison. Occupé à admirer les escaliers qui se déplacent, il n'écoute que d'une oreille les explications qu'on leur fait de la Cérémonie de la Répartition. Il faut que Eoin, un camarade irlandais rencontré dans le train, le tire par la manche pour qu'il suive le mouvement et entre dans la Grande Salle.
Il se montrera alors plus concentré, tant sur l'accueil qu'on leur fait que sur la liste des noms. Ces derniers se succèdent, jusqu'à…
Boyle, Eoin !
Le garçon du train s'avance jusqu'au tabouret, s'y installe un peu maladroitement.Le Choixpeau est posé sur sa tête, et le silence suit brièvement, jusqu'à…
Gryffindor !
Un sourire répond à celui du garçon. Enfin, Alistair s'interroge sur la maison qui l'accueillera. Gryffondor, comme la majorité de sa famille ? Serpentard, comme la Cousine Emily ?
Il ne sursaute pas en entendant son nom et s'avance d'un pas assuré en apparence, n'en menant en réalité pas fier face au Choixpeau. Il n'aime pas ne pas comprendre la magie qui l'anime. Il n'avait jamais rien vu de tel, et n'a pas tellement confiance.
Par contre, il sursaute lorsqu'il entend une voix se faire une place dans sa petite tête de linotte. On s'interroge sur sa personnalité, on vante son courage, on relève sa soif d'apprendre et de comprendre. Il sent l'hésitation, étudie déjà la  question.
Où irait-il, lui, s'il devait choisir ?
Ravenclaw ! entend-il finalement.
Surpris.
Mais sans discuter, il se laisse couler du tabouret, et va rejoindre la table des Bleu et Bronze.
Serdaigle. Ça allait jaser, au château : c'était sans doute le premier MacFusty à y entrer depuis des siècles.

Legilimens !
Une lourde chute dans un couloir. Les grands yeux jaunes d'un dragon. Un baiser humide au détour d'un couloir.
Le défilé de souvenirs se coupe brutalement. Alistair a le souffle court, jette un regard noir à son père lorsque ce dernier estime qu'elle était mignonne, cette jeune fille, et redresse l'échine, prêt à repartir.
Avec son entrée à Poudlard, Daibhidh s'était mis en tête qu'il fallait protéger les secrets du clan, et donc apprendre à son fils le noble art de l'Occlumancie. Autant dire que l'adolescent n'est pas très enclin à partager ainsi avec son paternel les souvenirs de son premier baiser, encore moins de subir les plaisanteries graveleuses que ce dernier peut avoir à ce sujet.
Legilimens !
L'achat d'une baguette en bois de cèdre. Une course folle dans les couloirs de Poudlard. Une bagarre contre un Serpentard.
Alistair peine encore à repousser les assauts et râle contre l'acharnement de son paternel. Ce dernier lui rétorque qu'il s'agit d'un mal nécessaire.
L'adolescent râle de plus belle.
Sans se douter une seconde qu'il devrait chérir ces moments privilégiés avec son père, avant qu'il ne soit trop tard.

MacFusty !
Un coup de baguette plus tard, Alistair et Eoin se retrouvent nez à nez avec le Directeur de la Maison Serdaigle. À leurs mines pas très nettes, ce dernier comprend qu'il interrompt les adolescents en plein méfait. Pourtant, cette fois, il passe l'éponge ; les deux adolescents n'écoperont pas d'une retenue ou d'un retrait de points. Il n'est pas là pour ça.
MacFusty, go back to the tower and pack your suitcase. You're going home.
Allez dans la tour et faites votre valise. Vous rentrez à la maison.
Les deux garçons échangent un regard. Une exclusion ? Mais ils n'avaient encore rien fait ! Et puis, pourquoi l'un, et pas l'autre ?
On ne leur laisse pas le temps d'y réfléchir, car l'enseignant réitère l'ordre et intime à son élève de se dépêcher, et de le retrouver dans son bureau. Ce dernier abandonne la lutte et s'exécute, arrivant une heure plus tard dans ledit bureau. C'est avec surprise qu'il y trouve sa mère, vêtue de noir.
Il ne pose alors pas la question qui lui brûle les lèvres. Blême, il s'approche de la femme qui l'attend et lui prend tendrement la main.
Il a compris.

Le son des cornemuses subsiste dans l'air, bien qu'on ait cessé d'en jouer. Même les dragons ont décidé d'arrêter de rugir, là haut dans leurs nids.
Les sorciers lèvent leur baguette d'un même mouvement. Aoife, drapée dans une robe noire, lève la sienne avec un temps de retard. Alistair, le dos droit, les yeux cernés, observe le rituel sans y prendre part.
Papa est mort.
Il a vécu les derniers jours comme dans un mauvais rêve. Le retour de Poudlard. Les condoléances présentées. Les interrogations quant à la succession, étant donné que le seul héritier n'est pas encore majeur.
On lui a dit qu'une expédition vers les nids avait mal tourné. Les dragons n'étaient pas tout à fait d'accord avec leur présence là, ils n'avaient pas eu le temps de redescendre.
De fil en aiguille, ils avaient perdu le chef de cordée.
Et maintenant ?
La main d'Aoife vient serrer l'épaule de celui qu'elle perçoit encore comme son petit garçon. Elle prendra la suite, dans un genre de régence, jusqu'aux dix-sept ans de son fils.
Mais celui-ci ne se l'imagine pas encore. On vient de l'arracher à l'enfance de la façon la plus abrupte qui soit. Dès lors, il deviendra l'adolescent, puis l'adulte taciturne que l'on connaît maintenant. Muré dans un silence duquel il peut être hardu de le faire sortir.

La rage.
Il n’y a pas d’autre mot pour expliquer ce que ressent Alistair. Armé de sa douleur et de sa frustration, il se déchaîne littéralement sur toute sa chambre, frappant les meubles, cassant des affaires qui, de toute façon, ne prendront que quelques secondes à réparer.
Aoife a été complètement démunie face à la brusque colère de son fils et, incapable de le calmer, a fini par le laisser se défouler à sa façon. Il commence à avoir mal aux poings, aux genoux, mais il continue de déverser sa fureur sur tout ce qui l’entoure.
Il a encore, collée sur la rétine, l’image de la barque enveloppant le corps sans vie de son père pour l’emmener vers le large. Il a encore la gorge serrée de voir les flammes s’élever et dévorer les restes d’un chef de clan mort malgré la présence des siens. Il se sent encore étouffé par les conventions qui l’ont empêché de pleurer toute la peine qu’il ressentait.
Maman l’a assuré qu’on ne le jugerait pas, qu’il était normal de pleurer.
Il n’a pas pu. Il aura fallu attendre que la rage prenne la relève pour que les vannes s’ouvre et que, la vision brouillé, l’héritier des MacFusty ne décide de se briser les poings contre une armoire, un bureau, un mur.
Il en veut à son père d’être parti.
Un hurlement de bête blessée échappe au jeune garçon alors qu’il donne un nouveau coup dans un meuble. Il voudrait continuer mais la porte de sa chambre s’ouvre et voici qu'un ami de la famille l’attrape, le soulève sans mal, et le maîtrise malgré toute la volonté que l’adolescent met, du haut de ses douze ans, à se dégager.
Il reste sourd aux cris, attend que celui qu’il voit comme un enfant se calme. Et, privé ainsi de ses mouvements, Alistair ne tarde pas à abandonner la lutte, laissant ses épaules se secouer de sanglots incontrôlés.
Il lui faudra encore un moment, de longs mois, avant de pouvoir visiter la tombe de son père ; avant d’accepter les implications pour lui ; avant de faire son deuil.
Le héros de son enfance n’était pas immortel.
Il n’était pas revenu hanter le château non plus.


Well, it could be worse, couldn't it ?
Ca pourrait être pire, non ?
Face à l'otarie, visiblement heureuse d'être là, Alistair n'est pas du même avis que son comparse. Vouloir faire tourner la bibliothécaire en bourrique, soit. Lui voler une table en la métamorphosant en otarie, passe encore. Mais la garder près de soi à grand renfort de poissons…
Mais quelle idée de nourrir une table
Le regard de l'adolescent en dit long sur l'appréciation qu'il a de l'idée de son meilleur ami. Eoin a toujours eu un penchant pour la métamorphose, mais maintenant qu'il est dépassé, il vient quémander l'aide de l'Ami des Bêtes, comme il l'appelle.
Lui rappeler que lui, son truc, c'était plutôt des bêtes de dix tonnes crachant du feu n'avait bien sûr aucune utilité.
Un nouveau poisson est lancé à la bête. Alistair doit se faire violence pour ne pas craquer. Eoin n'arrive plus à inverser le sort, évidemment. Et puis, il faut aussi ramener la bête à la bibliothèque, accessoirement. Le plus discrètement possible, histoire d'éviter une retenue bien sentie.
Préférant ne pas penser aux conséquences – la table allait sentir le poisson, maintenant – Alistair attrape le seau que son comparse est allé piquer aux cuisines et avance dans les couloirs sans un regard derrière lui. L'animal ne tarde pas à le suivre – ou plutôt à suivre la source de nourriture – jusqu'au quatrième étage.
Par chance, les couloirs sont déserts.
Pour le moment.
Eoin se précipite sur la poignée de la porte, retenu par son ami qui lui, se tourne vers l'otarie, baguette à la main.
Finite,” murmure-t-il.
L'otarie se trouble. Puis, dans un craquement un peu sinistre, disparaît au profit d'une lourde table en bois massif. Et le Gryffondor, penaud, sort à son tour sa baguette pour faire léviter la table et la remettre à sa place.
Yeah, yeah, I know, I'm an idiot, I should have thought of that,” anticipe le jeune garçon face à l'air goguenard et victorieux du Serdaigle.
Ce ne sera jamais qu'une des nombreuses bêtises faite par l'un, réparée par l'autre. Quand ils ne s'y mettent pas les deux.

Muggles ? May I remind you that you know nothing about muggles ?
Les moldus ? Saurais-je te rappeler que tu ne sais rien des moldus ?
Alistair hausse les épaules, observant la mer clapoter contre la coque du bateau. La navette qui relit l’archipel sorcier aux îles moldues est déjà en vue des côtes de l’île de Skye, alors qu’il explique à son ami anglais les motivations qu’il a à se rendre sur les terres non-magiques. Il veut se perdre parmi les moldus, oublier qu'il a seize ans, que dans un an il sera majeur, que dans un an il aura d'autres responsabilités et qu'il pourra oublier toute la liberté dont il peut jouir à présent.
Voguer dans le monde moldu n’était pas sans risque : fils de sorciers ayant grandi dans un monde sorcier, il ne connait rien d’eux. Il sait à peu près s’habiller comme eux, comme beaucoup de jeunes sorciers - même si Eoin a dû lui expliquer que non, le kilt n’est pas une tenue de tous les jours chez les moldus  - mais ça s’arrête là. Et le cours accéléré que son ami tente de lui donner en prévision n’est écouté que d’une oreille.
Lorsque la navette, aux allures de Drakar, attache les amarres, les deux adolescents touchent rapidement le sol et c’est avec un regard plein de curiosité qu’Alistair observe le nouvel environnement qu’il croise. Dès le port, tout est différent, des bateaux aux tenues des gens, en passant par leur façon de parler. Le jeune homme est particulièrement intrigué par les morceaux de papiers qui leur tiennent lieu de gallions, mais est très vite entraîné hors des quais par Eoin, pour se perdre un peu plus loin dans la ville côtière. L’été est bien présent, et aujourd’hui est, par chance, une des rares journées de soleil qui vient caresser les paysages de l’Écosse.
Les touristes ayant fait le déplacement sont ravis par cette chance, et furtent gaiement entre les échoppes de Portree, prennent des photos de la mer et des îlots qu’on aperçoit au loin. Une ombre passe fugacement au dessus des deux compères, et Alistair lève instinctivement les yeux au ciel. Il a à peine le temps de reconnaître la silhouette imposante d’un dragon mâle avant qu’il ne disparaisse dans un nuage. La vitesse de l’animal le rendant impossible à identifier pour un oeil non-entrainé, il ne se formalise pas d’un tel coup d’éclat et se contente de sourire en regardant autour de lui.
C’est une excellente journée qui s’annonce.
Et il ne sait pas à quel point ; malgré les moqueries d'Eoin à chaque sursaut de son ami - et croyez moi qu’entre les passages de voiture et la découverte du téléphone, Alistair n’en finit pas - il y trouve son compte et se laisse tomber, en fin de journée, sur le sable chaud d’une plage. Les deux jeunes garçons restent silencieux, ricanent parfois bêtement face à la forme ridicule que prend un nuage, s’inquiètent des formes orageuses qui s’avancent vers les côtes. Indifférents aux cris d’enfans, aux rappels de parents qui se font parfois entendre, ils échangent des remarques salaces, se taquinent, éclatent d’un rire complice. Et, alors que la lumière décline, l’Écossais se redresse sur un coude, comme s’il semblait se souvenir qu’il devrait un jour rentrer au château.
Ahem… Ello ?
Les deux garçons, affalés dans le sable, se tournent sur un coude. Une jeune fille de leur âge se tient derrière eux, l'air mal à l'aise derrière ses long cheveux noirs. Alistair accroche immédiatement les yeux noirs et se redresse sans réfléchir.
I am… euh… I am lost ? Oui, I am lost,” tente d'expliquer la demoiselle, hésitante, dans un discours empreint d'un fort accent qui n'a rien de local. Eoin, interloqué, se redresse à son tour.
Je suis perdue, dit-elle ?
Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu'ils sont face à une touriste. Ni pour identifier l'accent. Ou pour anticiper Alistair, qui ne sait pas rester insensible aux charmes d'une jolie femme.
Perdue ? Vous êtes seule ?
La surprise se lit d'abord dans les grands yeux noirs. Elle regarde l'un des deux garçons, puis l'autre. Elle se reprend toutefois rapidement : elle a trouvé quelqu'un qui parle français, elle ne va pas laisser passer sa chance. Elle lui explique alors qu'elle est ici en vacances avec ses parents, qu'elle les a perdus de vue, et à force de les chercher, s'est perdue. Elle est parfaitement incapable de retrouver son chemin, son B&B, ou même l'office du Tourisme. Les deux jeunes hommes se consultent d'un regard, échangent rapidement quelques mots et décident de venir en aide à la demoiselle en détresse.
Quand bien même ne connaissent-ils pas mieux la ville portuaire que la jeune fille.
Ils tournent dans les ruelles, alors qu'Eoin reste un peu en retrait, conscient de l'alchimie qui se fait entre les deux autres parties. Il faut dire aussi qu'il ne parle pas un mot de français, alors…
De fil en aiguille, ils remontent toute la ville dans ses ruelles sinueuses jusqu'à rejoindre une grande route. Ils la suivent en papotant gaiement, Alistair commettant diverses maladresses que la jeune fille prendra comme des erreurs de langue. Et puis, à l'entrée de la ville, un grand bâtiment se détache, devant lequel sont garées de nombreuses voitures.
Oh, c'est là ! Merci, merci, merci !” s'exclame l'adolescente en reconnaissant l'hôtel. Elle se tourne alors vers les deux comparses, un immense sourire aux lèvres.
Un magnifique sourire aux lèvres.
Elle se jette au cou d'Alistair, fait retentir un baiser sonore sur sa joue – laquelle prend subitement quelques teintes. Puis se tourne vers Eoin, à peine moins enthousiaste, et lui adresse un sourire ravi.
Ssank you a lot, boys !” claironne-t-elle alors. “A une autre fois !
De retour sur le bateau, Eoin se retient de faire la remarque qui lui brûle les lèvres. Cette charmante demoiselle plaît à son meilleur ami, ça crève les yeux. Il a le regard brillant, un sourire rêveur aux lèvres, et n'a pas décroché un mot depuis le baiser qu'elle a claqué sur sa joue. Non pas que ce dernier constat soit tellement inhabituel, Alistair n'a jamais brillé par son bavardage…
C'est donc tout à fait surprenant qu'il prenne la parole, la voix un peu forte pour couvrir le furieux clapotis des vagues. Et le Gryffondor de répondre d'un sourire moqueur face à l'ignorance de son meilleur ami.
Eoin… What is a B&B ?

Veste en cuir de dragon sur le dos, Alistair observe le large d'un air rêveur. Il a fui le château dès qu'Eoin est rentré chez lui. Ce dernier n'a pas résisté à l'envie de balancer leurs aventures du jour au moment du dîner. Et aussitôt, il a vu le regard attendri de sa mère, celui réprobateur de la Tante Hildegarde, celui goguenard de l'Oncle Gregory. Renfrogné, enfoncé dans un mutisme obstiné, il a refusé de répondre à quelque question que ce soit.
Et au petit matin, après le départ de son meilleur ami, il s'est dirigé tout droit vers la navette qui relie l'archipel au monde extérieur.
La brume s'est dissipée depuis le petit matin. Il va faire beau, aujourd'hui, se dit-il en admirant un ciel peu couvert. Le soleil est déjà haut.
Il faut que la faim se fasse sentir pour qu'il décide à se lever. Il époussette son kilt au tartan rouge et noir, étire son corps pour évacuer la douleur des muscles engourdis.
Il avait espéré revoir la jeune fille de la veille. Charlotte, avait-elle dit s'appeler. Il avait été charmé dès le premier coup d'oeil. Ses longues boucles d'ébène, ses grands yeux noirs, sa peau diaphane, son air timide…
Et son sourire…
Un soupir plus tard, il s'assure de la tenue de son sporran et retourne longer la plage pour rejoindre le port.
Alistair ?
Il se raidit instantanément. Et se tourne avec une lenteur infinie.
Elle est là.
Radieuse.
Il s'était imaginé cette scène pendant des heures, la veille, au fond de son lit. Il devait jouer au jeune homme mystérieux, un peu indifférent, pour obtenir son attention. C'est ce qu'il faisait, à Poudlard, quand il lorgnait sur une croupe appétisssante, et ça marchait à tous les coups.
Autant dire que là, c'est un fiasco monumental à partir du moment où le sourire vient fleurir de lui-même sur son visage.
Il est content de la voir.
Elle a faussé compagnie à ses parents, volontairement cette fois. Elle a prévu une carte de la ville, cette fois, ajoute-t-elle en riant de sa maladresse de la veille. Lui ferait-il visiter un peu les lieux, lui qui était manifestement de la région ?
Manifestement. Il faut dire qu'avec son kilt, il ne passe pas inaperçu.
Ils se promènent, et le jeune homme, loin de lui faire faire le tour des attractions touristiques, s’amuse à la promener le long des côtes, à lui faire sentir l’odeur de la mer, à lui faire ressentir le mugissement de l’océan. Il l’aide à descendre d’une petite falaise - comprendre pas plus haute de trois mètres - et la fait se hasarder dans une crique isolée du reste du monde. Ils discutent de tout et de rien, et lui en apprend un peu plus sur elle : elle est française, a quinze ans et est en vacances ici pour encore deux semaines. Ses parents avaient longuement hésité entre ici et Édimbourg, mais le calme des Hébrides, peu appréciées des touristes, l’avait emporté. Elle ne parle pas très bien anglais et a donc du mal à se faire des amis ici, et c’est une chance, dit-elle - flattant ainsi l’égo du jeune mâle - qu’elle soit tombée sur lui qui parle français.
Elle lui demande s’il apprend le français à l’école, il esquive en lui répondant qu’une tante éloignée est française et ne parle pas anglais. Elle s’interroge sur sa connaissance de l’île, puisqu’il semble plus familier avec la côte que les lieux qui grouillent de monde, il rétorque qu’il est né ici et trouve plus de plaisir à la sensibiliser aux charmes de la nature écossaise plutôt qu’à ceux d’un centre « coperchial ».

A quel moment leurs mains se sont-elles liées ?
Il est bien incapable de le dire. Mais s'il est un moment qu'il n'oubliera pas, c'est le baiser timide qu'ils échangent devant l'hôtel de la jeune fille, à l'heure de se séparer.
Avec la promesse de se revoir le lendemain.

La dizaine de jours qui suit n'est qu'un enchaînement de moments d'allégresse. Jeune homme d’un tempérament volage, comme beaucoup de jeunes hommes de seize ans, il se trouve un peu démuni par le coup de foudre dont il a été l’objet, et se montre plus maladroit qu’il n’aurait pu l’être. En proie à ses premières amours, Alistair se laisse porter par l'espièglerie de la jeune Charlotte. Ils s'éloignent parfois de la ville, partent se perdre dans les sentiers montagneux de l'île de Skye. Passent de longues heures dans une crique à l'abri des regards, à se taquiner. Observent un coucher de soleil sur la mer, assis l'un contre l'autre dans le sable.

Le dernier soir, ils retournent sur la même plage que celle où ils se sont rencontrés, deux semaines plus tôt. Installée entre les jambes repliées du jeune homme, dos contre son torse, Charlotte reste silencieuse ; Alistair, peu bavard, se contente d’observer le coucher du soleil, retenant la jeune fille contre lui, songeur. La fin arrivait, délicieusement angoissante. Quand il la raccompagne auprès de ses parents, observant la voiture immatriculée France qu’ils ont amenée jusqu’ici - mais comment diable cet engin pouvait-il fonctionner? - c’est avec un petit pincement au coeur. Il l’enlace une dernière fois, lui vole un dernier baiser.
Et lorsqu’il se détache, c’est pour se voir offrir un petit morceau de papier, où sont griffonés quelques mots, à la hâte : une adresse, et un numéro de téléphone.
« Je sais pas si on pourra s’appeler, avec la distance, mais on pourra s’écrire, d’accord? J’essaierai de t’écrire en anglais, aussi. »
Il se retient de demander comment elle voulait l’appeler à plusieurs kilomètres de distance - comment pourrait-il l’entendre? - mais hoche la tête quand elle parle de s’écrire. Le courrier, ça, il connaissait.
« J’ai hâte de te lire, alors. » sourit-il, pliant soigneusement le papier pour le glisser dans une poche de sa veste en cuir. « Et j’espère sincèrement te revoir, Charlotte. »

Comment le jeune homme qu’il était aurait-il pu deviner?
Cette relation qu’il pensait voir évoluer en amitié, alors qu’ils échangeaient des nouvelles régulières, qu’ils commentaient leurs dernières aventures de coeur, évoluait vers quelque chose de plus fort qu’il ne vit pas venir.
Il doit d’abord trouver comment communiquer avec la jeune femme. Avoir l’adresse est une chose, savoir s’en servir en est une autre. Il se doute bien que les hiboux ne doivent pas être la façon dont ils échangent leur courrier - mais il lui semblait avoir entendu une histoire d’oiseaux utilisés pour ça. Il se renseigne auprès des spectres, a confirmation auprès de ce qu’on l’informe être des pigeons voyageurs - sérieusement, les moldus avaient réussi à s’octroyer le service d’oiseau aussi stupides?
La réponse lui viendra après avoir été se renseigner directement dans la ville portuaire où il avait rencontré la jeune fille. Demander où il pourrait trouver un pigeon voyageur n’avait pas manqué de le faire passer pour l’idiot du village, par ailleurs, jusqu’à ce qu’on le renvoie vers la poste moldue, où il peut louer une boîte aux lettres.
Allant de découverte en découverte - une boite pour recevoir son courrier? En voilà une idée saugrenue - le jeune homme se retrouve alors confronté au problème de l’argent. Parce que bien évidemment, ça ne peut pas être simple. Il tente alors de payer avec un gallion, bien évidemment, mais on lui fait rapidement comprendre qu’on ne prend pas l’or massif. Mais par contre, il peut échanger cet or contre de l’argent dans la boutique au bout de la rue - cash for gold.
… Pestant intérieurement contre l’esprit tordu des moldus d’avoir quinze endroits pour faire quelque chose de simple, il finit par récupérer du papier en échange de son gallion, sans trop comprendre et avec le profond sentiment de s’être fait arnaquer. Mais au final, il aura sa boite aux lettres et pourra entretenir une correspondance chaotique, reliée par la bonté d’une mère attendrie par cet amour de jeunesse, sans penser elle non plus qu’il pourrait s’agir de bien plus.
Les premiers temps donneront raison à Aoife.
Les lettres entre les deux adolescents sont peu régulières, très timides ; elles sont éparses et les sentiments naissants se meurent dans un premier temps. Alistair poursuit sa vie, avec un sérieux parfois relatif, continue de faire des frasques avec son meilleur ami Eoin comme si ces derniers mois étaient les derniers où il pourrait encore être un enfant.
Sans doute est-ce là la réalité pour lui.

La lune est haute dans le ciel. C’est une nuit d’hiver : la neige tombe à gros flocons dehors, comme on peut le voir au travers des carreaux du sommet de la tour où Alistair a trouvé refuge. Assis à même le sol, dos contre la pierre grossière, il retient entre ses bras une jeune fille à l’opulente chevelure rousse, avec laquelle il ne s’affiche pas trop en public dans l’école. Amy est née moldue, et la pression du mariage arrangée qui pèse au dessus de sa tête – c'est qu'il est un bon parti – est assez forte pour qu’Alistair dissimule ce qu’il pense être quelque chose de sérieux. La petite Gryffondor n’y voit pas d’objection, rebelle comme elle est, et doit souvent être retenue par la sagesse de son petit-ami.
Ils se voient depuis la rentrée déjà, et c’est là la première véritable histoire d’amour durable du jeune homme. Une histoire rendue compliquée par le monde dans lequel ils vivent tous les deux. Son statut à lui, les attentes d'un clan encore très traditionnel qui attend de lui qu'il épouse une jeune fille de bonne famille. Son statut à elle, qui aux yeux du même clan, n'est rien. Une Sassenach, par dessus le marché.
Cette nuit est une des rares où il accepte de la retrouver, malgré le couvre-feu. C’est d’ailleurs lui qui le lui a demandé, tard dans la soirée, en lui envoyant un morceau de papier ensorcelé. Elle n’a pas tardé à le rejoindre, évitant les rondes dans les couloirs.
Il est minuit passée, désormais, la rouquine s’est endormie dans ses bras. Recouverts de la cape d’un jeune homme prévoyant, ils ne bougent plus, ne parlent plus depuis de longues minutes. Et lui se contente d’observer le ciel cotonneux, plongeant le château dans une nuit noire, afin de mieux le couvrir d’un beau manteau blanc.
L’angoisse le maintient éveillé. Sujet à des insomnies depuis la mort de son père, l’idée d’avoir dix-sept dans quelques heures fait peser sur lui une pression telle qu’il n’a pas, pour une fois, supporté d’être seul. La seule présence assoupie l’apaise pour une raison qu’il n’identifie pas.
Dans quelques heures, il sera majeur ; et responsable de la vie de dizaines de personnes. Il sait que le clan a su tourner sans lui, mais il sait aussi que beaucoup attendent d'avoir quelqu'un à qui parler, quelqu'un derrière qui se rassembler.
Cette nuit, il somnolera un peu, la joue contre la chevelure cuivrée. Il veillera beaucoup, jusqu’à voir les cieux s’éclaircir et annoncer le retour du soleil. Il réveillera Amy avant l’aube, le visage fermé, grave, soucieux.
Aujourd’hui, il est un adulte. Il restera sourd aux félicitations de la jeune fille, un peu indifférent au baiser qu’elle lui donne.
À partir de maintenant, chacun de ses actes peut avoir une répercussion sur les siens.

Ce jour marquera aussi la chute brutale de ses notes à l’école. Le stress, l’angoisse et les lettres à foison lui parvenant  diminueront considérablement sa concentration en classe, le temps passé à étudier. Les nuits se font plus courtes, ses lectures pour les cours plus rares. Il passe plus de temps à réfléchir, à écrire des lettres, à faire des recherches dans la bibliothèque.
Et puis vient avril, et les vacances de Pâques. Il doit passer son permis de transplanage - qu’il réussira du premier coup - et passer son rituel de passage à l’âge adulte. La cérémonie de l’oath doit aussi avoir lieu, cérémonie durant laquelle chaque homme du clan devra lui prêter allégeance, le reconnaissant alors officiellement comme leur chef.

La porte de la chambre s’ouvre après qu’Aoife ait frappé trois coups. Elle lève la tête pour voir son fils et s’enorgueillit de le voir presque prêt à partir. Ses cheveux auburn sont décoiffés sur le haut de son crâne, mais il n’a pas l’air de s’en soucier, occupé à jouer de ses larges épaules dans une chemise devenue à peine trop serrée. Il se jauge dans le miroir, avec son kilt au tartan rouge et noir, son sporran, ses hautes chaussettes. Visiblement satisfait de son allure, il attrape le glengarry posé sur une étagère et l’enfonce sur son crâne, dissimulant ses courts cheveux en bataille, passe sa langue sur ses lèvres.
« Come here, » ordonne sa mère. Il ne sursaute pas, et se tourne vers elle, s’avançant docilement. Elle le fait se pencher, lui qui a presque atteint sa taille adulte d’un mètre quatre-vingt-cinq, pour accrocher le crest sur le glengarry.
Luceo non uro : je brille, mais ne brûle pas.
Alistair se redresse de toute sa taille, le visage fermé pour ne pas laisser transparaître son angoisse. Il ne prononce pas un mot, mais ses yeux parlent pour lui et Aoife passe une main sur le visage anguleux de son fils, tendre, avant de murmurer quelques paroles rassurantes. Et les voici qui sortent alors, pour se rendre dans la salle de réception du château.
Le dos droit, la tête fièrement dressée, il s’avance parmi les membres de son clan, jusqu’à rejoindre celui qui le marquera du tatouage que chaque homme a sur le corps. La partie du corps est choisie selon le rang dans le clan, autant que la zone de manoeuvre pour ledit tatouage. Car ce dernier, apposé à l’encre magique, aura la particularité de pouvoir se déplacer, se mouvoir dans une zone indiquée, bien souvent en accord avec l’état d’esprit de celui qu’il marque.
Il ne faudra qu’une heure, pour que l’encre ne recouvre l’omoplate du jeune homme ; deux ou trois enchantements sont lancés sur son corps, et lorsqu’il se redresse, dos à la foule, c’est pour qu’on puisse voir le Noir des Hébrides, fait exclusivement d’encre noire, déployer ses ailes sur l’épaule d’Alistair avant d’aller explorer tout le territoire de son dos. Une expérience qui sera désagréable et douloureuse les premières semaines, il le sait. Mais il est désormais officiellement un homme aux yeux de son clan.
La chemise retrouve sa place sur ses épaules et le jeune homme part ensuite s’installer sur le siège réservé au chef, veillant à ce que son dos n’entre en contact avec le bois. Le coeur battant, il reste immobile, silencieux, alors qu’un à un, chacun des hommes vient lui présenter son allégeance, buvant une gorgée dans la même coupe de whisky que lui comme le veut la tradition.
« Are you okay? » souffle un ami de la famille en aidant le jeune homme à arriver jusqu’à son lit, les joues rougies par l’alcool, le regard mal assuré. Jeune chef de clan, sans doute, mais qui n’a pas encore la tenue au whisky nécessaire pour supporter ce genre de cérémonie. L’adolescent a su garder sa dignité jusqu’au bout et, sur conseil de l’homme, a attendu que les chieftains et lairds soient partis pour tenter de se lever ; grand bien lui en a pris, car il s’est alors aperçu qu’il avait perdu tout sens de l’équilibre.
Allongé sur son matelas, Alistair observe les murs tourner autour de lui alors que la voix lointaine de sa mère lui parvient, lui conseillant de se tourner sur le ventre - il était anesthésié par l’alcool, mais son dos lui ferait souffrir le martyr le lendemain.

« Wow… It’s incredible...
- Dinna touch, will ye? ‘Tis still painful as hell, » implore le jeune homme, torse nu, face à la fascination d’Amy pour son dos.
C'est incroyable…
Ne touche pas, veux-tu ? Ça fait un mal de chien.

La Gryffondor retient sa main juste à temps, et suit du doigt, sans toucher la peau, le dragon qui circule sur la chair rougie, curieux de tout ce qui l’entoure, notamment de cette inconnue. Née moldue, elle n’avait jamais rien vu de tel auparavant, et continue de s’émerveiller devant les trésors que la magie lui fait découvrir jour après jour. Il remet bientôt sa chemise, toujours avec une infinie précaution. Il a raconté à la jeune fille le rituel du tatouage, puis la cérémonie du serment, s’amuse à lui raconter un peu ses vacances, à base de transplanage et de dragons.
Une soirée qu’ils passeront ensemble, au détour d’un couloir, avant de se séparer à l’heure du couvre-feu, d’un long baiser au clair de lune.
L’une des dernières soirées de ce petit couple qui volera en éclat quelques mois plus tard, Amy ne supportant plus  l’abandon d’Alistair à son égard, ce dernier se retrouvant surchargé de travail.
Une rupture qui laissera deux coeurs meurtris derrière elle. Celui d’une jeune fille qui avait sous-estimé la tâche de son petit ami ; et celui d’un jeune garçon qui pensait avoir trouvé en elle quelqu’un qui aurait pu le soutenir.
Une rupture qui laissera l’adolescent convaincu de deux choses : premièrement, que vivre cacher pour vivre heureux ne lui convenait pas, et qu’il ne trouverait sans doute jamais de fille prête à accepter son rôle vis à vis de son clan.
Deux convictions qui s’ébranleront très vite, car il trouve une épaule compréhensive à son chagrin non pas chez son meilleur ami, mais de l’autre côté de la Manche, dans la plume d’une adolescente française.

L’été se termine, il faut bientôt retourner à Poudlard. Plus en phase avec ses responsabilités, Alistair réussit à trouver un équilibre entre son rôle de chef de clan et son avenir d’élève. Bien que l’échec ou la réussite de ses ASPICs ne soit pas un critère déterminant pour son avenir, il n’a que trop conscience de l’importance de savoir certaines choses, et de savoir en faire d’autres. Plus taciturne que jamais, très susceptible sur le sujet de ses amours, le jeune homme auparavant plutôt séducteur ne se laisse plus approcher très facilement. Oh, n’allez pas penser qu’il était le maître de ses hormones : il reste un jeune homme et ne sait résister bien longtemps aux avances insistantes d’une fille à la croupe avantageuse.
Contre toute attente, la correspondance se fait de plus en plus régulière, après une année de tatônnements ; Charlotte prend à coeur de lui écrire régulièrement, souvent en français, parfois dans un anglais approximatif, et l’Écossais met un point d’honneur à prendre le temps de lui répondre dans des délais aussi courts que possible, surtout depuis le soutien qu’elle lui a témoigné, suivant sa possibilité d’accès à son courrier. Il apprend qu’elle passe elle aussi d’importants examens cette année, mais qu’elle n’est, contrairement à lui, pas en pensionnat. Elle lui raconte des anecdotes sur sa vie de tous les jours et, au fur et à mesure, les deux jeunes gens apprennent à se connaître, de façon moins éparse qu’au départ. Certains mots attirent l’attention d’Alistair qui se voit parfois obligé d’aller fourrer à la bibliothèque à la recherche de réponses - bordel mais qu’est-ce que c’est qu’un ordinatueur ? - et lui-même se voit obligé d’édulcorer certains récits, de transformer des duels en bagarres, pour pouvoir rester en phase avec la jeune fille.
Au fil des mois, il se surprend à attendre son courrier avec une impatience grandissante.
Il relit ses lettres, ensorcèle précautionneusement la boite où il les range pour qu’on ne puisse découvrir sa correspondance. Eoin sait, bien sûr, mais c’est bien le seul avec qui il partage ce secret qu’il compte garder aussi longtemps que possible.
Ce n’est par ailleurs pas la seule correspondance qu’il entretient. Toute l’année, il sera inondé, chaque matin, sous une tonne de courrier.
Être chef de clan n’est pas de tout repos. Et il est bien vite débordé.
Dans le dernier mois précédent les ASPICs, il devient tout simplement invivable. Surmené et sans cesse sollicité, il voit arriver les vacances d’été avec un soulagement non feint et est accueilli à la maison par la déception d’apprendre que Charlotte ne viendra pas se perdre près du littoral cette année.
La correspondance entre les deux jeunes gens se poursuit, toutefois. Charlotte annonce entrer dans le monde des études à la rentrée, quitte le domicile familial pour une chambre de bonne. Elle lui écrit qu’elle aimerait pouvoir étudier en Écosse, pour mieux apprendre l’anglais notamment - un sourire un peu idiot éclaire le visage d’Alistair à la lecture de ce mot - et va se renseigner sur les programmes de son université.
Lui explique qu'il est entré dans une université londonienne, où il s'est orienté en soins animaliers. Évidemment, il doit édulcorer ses anecdotes, remplace certaines créatures par des animaux d'une banalité désolante, profite du format épistolaire pour ignorer certaines questions et passer des détails sous silence.

La vie du clan se poursuit. Alistair est régulièrement dans les expéditions vers les nids, sur les hauteurs de l’archipel, veille à la santé des dragons en parallèle de son cursus. Son corps finit de grandir, il atteint sa taille définitivement d’un mètre quatre-vingt-cinq. Ses épaules s’élargissent encore un peu plus qu’elles ne le sont naturellement à cause de la pratique très régulière de l’escalade. Son visage perd définitivement les rondeurs de l’enfance, le laissant avec une mâchoire carrée et des traits anguleux. Sa peau prend une teinte de plus en plus hâlée à cause des heures passées dehors, ses cheveux s’éclaircissent lors des périodes où le soleil perce les nuages. Son corps se couvre de marques, une brûlure de dragon sur le biceps gauche, un coup de griffe sur la cuisse.
Autour de lui, on commence à parler mariage et succession ; lui ne veut rien entendre. Les arrangements ne lui plaisent pas. Non, il ne veut rien savoir, les choses se feront si elles doivent se faire, et naturellement s’il en est.
Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il a bien une petite idée de la personne qu’il voudrait à ses côtés. Et qu’il a parfaitement conscience que cela risque d’être compliqué.

L’été arrive, la relation qu’il entretient avec Charlotte prend un tournant différent. Occupé à nettoyer l’enclos où ils gardaient les bêtes pour les soigner, il est hélé par un homme du clan, qui l’informe qu’une belle jeune femme parcourt toute la ville côtière à sa recherche. C’est intrigué qu’il va la rejoindre, puis joyeux de la tenir contre lui. Elle est venue en vacances avec ses parents, après de longues négociations pour revenir en Écosse cet été, plutôt que de partir en vacances sur la Côte d’Azur.
Comme deux adolescents pris en faute, ils s’écartent un peu brusquement l’un de l’autre après une étreinte coupable, essaient de se retrouver, de savoir exactement sur quel pied danser l’un avec l’autre. Il faudra attendre que la nuit soit déjà là et qu’il la raccompagne chez elle pour que, spontanément, la glace se brise et les lèvres se rejoignent.
C’est ces semaines là qu’Alistair prendra conscience de toute la complexité de leur situation. Dans l’impossibilité d’amener Charlotte chez lui, il se rend compte de la barrière qui sépare les moldus des sorciers, et se retrouve à fuir l’instant où il devra faire un choix entre l’annonce de ce qu’il est réellement et l’abandon de la jeune fille à une vie ordinaire. Il repousse sans cesse cet instant, et se plait à découvrir la jeune fille sous un autre angle, à la tenir dans ses bras, à la retenir contre lui jusqu’à...
« Non, arrête... » Le ton n’est guère plus convaincu que convaincant et l’Écossais pense à une hésitation de la demoiselle. Il s’interrompt une seconde à peine, avant de reprendre ses baisers contre le cou de cette diablesse qui l’ensorcèle. « Alistair, s’il te plait. »
Hm.
Cette fois, le garçon se redresse sur ses deux avants-bras, sourcils froncés d’incompréhension. « What? » fait-il avec une spontanéité qui fait plaisir à voir, sans reproche ni brutalité ; une vraie question, qui souligne le fait qu’il est bien loin des réalités de la jeune fille.
« Je ne peux pas faire ça. » Les sourcils se froncent ; il n’est pas sûr de comprendre la phrase tant elle lui semble incongrue. « Je... Mes croyances veulent que... Enfin... Pas avant le mariage. »
… What? se retient-il de répéter.
Mais c’était quoi cette blague?
Ce n’était pas marqué sur le contrat, ça ! Ah non, non, non, il n’a pas envie de se marier, lui ! Et c’était quoi cette histoire? Il sait bien que dans un ancien temps, il valait mieux que l’union soit... Officielle itou, mais bon, c’est complètement obsolète ! En désespoir de cause, il songe au serment des mains, comprenant mieux, d’un coup, son utilité, mais doute que la demoiselle comprenne exactement de quoi il retourne - et accepte de céder à une telle coutume. Il se tait donc, se redresse et s’assied à côté de la jeune fille, dans l’herbe qui couvre la petite falaise, songeur, rendu mal à l’aise par la manifestation toute virile de ses intentions entre ses jambes.
C’est tout à fait spontanément qu’elle revient se blottir contre lui - et que son bras entoure ses épaules - pour lui expliquer exactement de quoi il retourne : elle est catholique et, à ce titre, sa confession veut qu’elle s’offre vierge à un seul homme, son mari. Alistair se dit intérieurement que, techniquement, c’est le cas de toutes les religions qu’il connaisse - ce qui, vu sa culture moldue, s’étend à peine jusqu’au christianisme avec quelques vagues connaissances de l’islam - mais que ce n’était plus tellement respecté. Il écoute toutefois la jeune fille lui exprimer sa foi avec une conviction toute relative. Enfant moderne, elle tend plus vers l’athéisme et, si elle ne le dit pas de cette façon, c’est ainsi qu’il perçoit le ton de sa voix.
« Est-ce que tu penses vraiment que ça en vaille la peine?
- D’attendre le mariage? Je sais pas trop. J’aime à penser que je ne connaîtrai que l’amour de ma vie.
- Quand ces lois ont été décidées, on ne se mariait pas par amour. » lâche-t-il plus sèchement qu’il ne l’aurait voulu, avec une amertume qu’il n’arrive pas à contenir. « Je n’ai pas l’intention de me marier un jour, Charlotte. »
Il se souvenait encore du tollé que cette annonce avait provoquée au sein du clan quand il l’avait déclarée, à la dernière fête d’Hogmanay. Sentant la jeune fille s’échapper de sous son bras, il se dit avec fatalisme que c’était sans doute la façon dont ça devait se terminer, avant qu’il ne sente les mains sur ses épaules, appelant ses yeux bleus à soutenir le regard pénétrant de la jeune fille.
« Est-ce que ça veut dire que tu m’aimes? »

C’est avec amertume qu’Alistair observe le large, le corps tourné vers le sud, le dos droit ; songeur, il est face à ce qui semble être son premier vrai dilemme, celui qui marquera sa réelle entrée dans le monde adulte. Il n’a pas dit mot depuis qu’il est rentré, ce soir. Charlotte est repartie vers la France, et il n’est pas d’humeur à ce qu’on vienne le taquiner sur les sentiments qu’il éprouve pour la petite moldue.
Comme si la barrière de la magie et celle de la langue ne suffisaient pas : il fallait que les interdits religieux s’en mêlent. Ils n’avaient pas vraiment reparlé de cette conversation au cours des derniers jours, retrouvant avec pudeur la relation qu’ils avaient au début de ces vacances. Entre plaisanteries légères et baisers volés, ils n’étaient néanmoins pas parvenus à effacer totalement tous les doutes qui s’étaient éveillés.
Et maintenant, que devait-il faire?
S’engager? Il en avait peur, bien plus peur que les crocs d’un dragon enragé. Elle ne pouvait toutefois pas renier ses croyances, quand bien même n’étaient-elles plus motivées par la religion. Et puis, ce n’était qu’une partie du problème qu’il n’avait fait que repousser, année après année.
Et la magie, dans tout cela?
Il gardera le même contact régulier avec la jeune fille pendant de longs mois. Chacun d’une fidélité relative due au statut étrange de leur relation et de l’incertitude de vite se revoir, ils évoluent tranquillement. Il apprend qu’elle a eu sa première année et son permis - mais un permis de quoi faire, bon sang?  Il lui écrit régulièrement, malgré les tâches qu’il doit exécuter, malgré le travail de chef de clan et ses études de Vétomagie. Il vit ses premiers échecs, ses premières délicatesses, perd ses premiers hommes dans une expédition aux nids.

[la suite plus bas]


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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyDim 6 Jan - 21:41

Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1918469950 Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1918469950 Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1918469950 Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1918469950

Bienvneue Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 3804338631
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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyDim 6 Jan - 21:42

Ferme la bouche Lou tu gobes des mouches !

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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyDim 6 Jan - 21:44

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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyDim 6 Jan - 21:44

Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1918469950 ah ben ça y'est, tu m'as eu avec cet avatar, je suis déjà sous ton charme Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 2756434681


J'ai hâte d'en lire plus sur ton personnage, le petit teasing que tu as fait dans ton post de question m'intrigue beaucoup Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 2318942775
Courage pour l'écriture de ta fiche en tout cas Very Happy

Si tu as la moindre question, n'hésite pas en tout cas Wink

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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyDim 6 Jan - 21:45

Bienvenue ici hâtes d'en savoir plus sur ton personnage qui est déjà très intéressant d'après ce que j'ai lu Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 2318942775 Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 2318942775 Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 2318942775
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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyDim 6 Jan - 21:49

Quel choix d'avatar Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1918469950

Bienvenue à toi Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 2025503192

Hâte d'en savoir plus sur ton personnage Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 862632236

Courage pour la rédaction de ta fiche Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1889153955
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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyDim 6 Jan - 21:59

Bienvenue par ici ! Il a l'air prometteur ce petit ! (en plus d'être beau gosse, tout pour plaire Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 2318942775 )
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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyLun 7 Jan - 6:46

MONSIEUR SEXY OMG Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 3657602018 Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 3657602018
Bienvenuuuuue!
Bonne chance pour ta fiche, et à très vite sur le jeu! Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 367680576
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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyLun 7 Jan - 13:06

Alistair Alexandre MacFusty

Feat. Sam Heughan





Histoire


DEUXIEME PARTIE

Et puis arrive la dernière année d'études.
Occupé à remettre de l'ordre dans ses notes, Alistair ne voit pas immédiatement le hibou qui tape furieusement au carreau. Un peu surpris de l'heure d'arrivée du courrier, il ouvre la fenêtre, attrape l'enveloppe et reconnaît immédiatement le timbre.
Mais ce n'est pas le même que d'habitude. Ce ne sont pas les mêmes couleurs, pas la même taille. Sourcils froncés, il ouvre la lettre, la déplie. Évidemment, il en reconnaît immédiatement l'écriture, et se fait la remarque qu'elle est étonnemment courte.
Et pour cause : ce n'est pas tant une lettre qu'une demande de rendez-vous.
Charlotte est à Londres.
Elle est partie en Erasmus – encore un mot qu'il devra chercher dans le dictionnaire de vocabulaire moldu qu'il a fini par s'acheter – et s'est installée à Londres il y a quelques jours.
Son coeur rate un battement.
Elle est à Londres.
Elle y sera toute l'année.
Elle étudie dans une université londonienne.
Il est beaucoup trop content.
Elle lui propose de se retrouver le samedi suivant, dans un pub des quartiers touristiques. Il n'a aucune idée d'où cela se trouve, mais ne doute pas qu'il trouvera.
Il est beaucoup trop content.

A pint o' beer please.
Elle n'est pas encore là. Alistair attrape la pinte qu'on lui sert et se met en quête d'une table à l'écart, soucieux de ne pas attirer l'attention. Sans se dire qu'avec son kilt, il ne fait que ça.
Il attend patiemment, en profite pour relire ses notes des cours de la semaine. Les cours lui semblent particulièrement rébarbatifs, ces derniers temps. Il n'a que faire de savoir s'occuper d'un Hippogriffe ou de savoir comment dresser un Griffon. Il s'est déjà pris le bec avec un des enseignants au sujet de la chasse ou du dressage de dragon, révolté qu'on ose penser cela possible, qu'on ose manquer ainsi de respect à ces magestueuses créatures.
Vraiment ? Je te propose un rencard, et toi, tu révises ?
Alistair se redresse vivement, surpris dans sa réflexion par le ton amusé d'une belle jeune femme. Il écarte toutes ses affaires, se lève maladroitement pour la saluer. Elle rit de sa maladresse, l'embrasse tendrement au coin des lèvres.
Visiblement, elle aussi est heureuse de le voir.
Le dialogue s'engage assez vite. Elle ne lui en avait pas parlé plus tôt pour ne pas gâcher la surprise, et espère ne pas être un problème pour lui, à venir ainsi le déranger dans sa routine quotidienne. Il la rassure d'une parole tendre, lui demande plus de détails sur le cursus qu'elle suivra ici.
A un moment, les mains se trouvent sur la table, les doigts se nouent. Ils échangent un sourire complice, finissent par parler de tout et de rien.
Ou plutôt, il l'écoute parler et se contente d'écouter ses babillements avec un air tendre. Il ne comprend pas la moitié de ce qu'elle raconte, de toute façon.

Knock, knock, knock.
Il est nerveux.
Très nerveux.
Trop nerveux.
La porte s'ouvre sur une jeune femme de fort mauvaise humeur. Qui pour venir la déranger à pareille heure ? Elle s'apprêtait à aller se coucher et…
Sa mâchoire se décroche lorsqu'elle avise le jeune homme face à elle. Cela fait bientôt un an qu'ils se voient régulièrement. Ils se sont disputés, la dernière fois qu'ils se sont vus. Elle partira pour la France d'ici une semaine, ayant terminé son année ici. Il avait voulu la retenir, peu enjoint à l'idée de la voir partir.
Elle lui avait proposé de la suivre. Le refus catégorique l'avait vexée, et ils avaient fini par se déchirer de reproche. Elle l'avait blâmé pour sa réserve, son refus de répondre à certaines de ses questions ou de les éluder. Elle lui en voulait de ne pas vouloir se confier, lui parler de sa vie plus en détail. Que lui cachait-il, après tout ? Lui aussi, avait fini par craquer, et par s'énerver, sans céder à la rage toutefois. Il avait remis sur le tapis les décisions prises sans le consulter, rappelé les efforts qu'il faisait, la patience dont il faisait preuve, le respect qu'il avait pour ses convictions.
Blessée qu'il évoque les interdits qu'elle s'imposait, elle l'avait mis à la porte, lui interdisant de revenir.
Et à son grand désespoir, il avait obéi. Cela faisait deux semaines qu'elle n'avait plus entendu parler de lui, et qu'elle se laissait ronger par le chagrin.
Et voilà qu'il rappliquait.
Finalement, elle en était plutôt contente. Elle avait eu tellement peur de ne plus le revoir que le soulagement fut la première chose qui envahit sa poitrine. Elle se jette dans ses bras et sent avec plaisir les bras du jeune homme se resserrer autour d'elle.
I need to talk to you,” souffle-t-il sans détour.
Il faut qu'on parle.
C'est qu'Alistair a eu le temps de réfléchir, ces dernières semaines. Il a eu le temps de peser le pour et le contre. Il a longuement songé aux conséquences, et a finalement décidé qu'il devait tenter le tout pour le tout.
Peu importe l'opinion des siens.
Peu importe les conventions.
Peu importe ses angoisses.
S'il la perdait sans avoir tout tenté, il s'en voudrait toute sa vie.
May I come in ?
Je peux entrer ?
Charlotte s'arrache à la main qui, déjà, était venue se perdre dans ses cheveux d'ébène, et s'efface pour le laisser entrer dans son studio. La porte se ferme et déjà les deux jeunes gens se retrouvent, comme incapables de rester à nouveau séparés l'un de l'autre plus d'une poignée de secondes.
Les lèvres se joignent, les corps s'étreignent. En quelques instant, la veste de cuir a valsé à travers la pièce, et les voici basculés sur le lit, très occupés à se murmurer leur affection.
Alistair en a oublié ce qu'il était venu faire ici. Il ne réfléchit plus tellement et se laisse porter par les envies qui lui ronge les reins depuis de longues semaines maintenant.
Une main se glisse sous sa chemise, la déboutonne fièvreusement.
Et puis, il a un sursaut de bon sens. À contre-coeur, il se détache de la jeune fille, cherche le courage de dire ce qu'il a à dire dans ses yeux. Car elle ne comprend pas de le voir partir, alors qu'elle était prête à lui donner ce qu'il cherchait depuis tout ce temps.
Let me show you something,” tranche-t-il alors.
Il était venu avec l'idée de tout lui raconter. Mais quel meilleur moyen que de simplement lui montrer ?
Alors il lui tourne le dos, et laisse la chemise glisser le long de ses épaules. Charlotte, interloquée, suit le mouvement du vêtement puis lève les yeux vers l'Ecossais. Elle se fait la remarque que c'est la première fois qu'elle voit son dos, et hausse les sourcils en voyant le tatouage, un Dragon fièrement dressé sur une omoplate.
Je savais pas que tu avais un tatouaaaAAAAh !
Elle avait levé la main pour toucher l'encre, et avait bondi et hurlé en voyant les ailes se déployer. Le dragon, peu désireux de se faire tripoter, s'est déplacé pour aller se rouler en boule dans le creux des reins de son propriétaire.
Les yeux écarquillés, Charlotte suit le tatouage sans piper mot. Alistair se tourne alors vers elle, soucieux. Il la sonde d'un regard pénétrant, essaie de deviner ce qu'elle peut bien en penser, d'anticiper sa réaction suivante.
C'est alors le silence qui tombe. La jeune fille fixe le visage de son amoureux de ses yeux noirs écarquillés. Elle se calme tout doucement, le contourne, revient voir la bizarrerie qu'elle a pu observer plus tôt. Le dragon s'est à nouveau déplacé, nerveux, répondant à l'anxiété de son maître.
A nouveau, elle approche la main. Très lentement, comme pour apprivoiser une bête sauvage. Et finalement, réussit à poser le doigt sur la tête du tatouage, avant qu'il reparte de plus belle.
Un long frisson parcourt l'échine du jeune homme au contact. Il a compris qu'elle cherchait le truc, comme dans les spectacles d'illusionnistes. Il la laisse deviner qu'il n'y en a aucun, utilisant le temps qu'elle lui octroyait à son avantage. Comment expliquer ça ?
There are no tricks,” finit-il par souffler. “It's magic. Real magic.” Il déglutit en sentant la main froide se poser pleinement sur sa chair, prend son courage à deux mains. “'Cause I'm a wizard.
Il n'y a pas de truc, c'est de la magie. De la vraie magie. Parce que je suis un sorcier.
Les doigts se crispent, mais il ne dit rien de plus. Il n'a pas besoin de la voir pour deviner le scepticisme qui l'a saisie.
There's no such thing as magic,” répond-elle, mal assurée, les yeux rivés sur le dragon mouvant.
La magie, ça n'existe pas.
Et quand bien même,” enchaîne-t-elle en ôtant sa main du dos du jeune garçon. Elle le laisse se tourner et lui faire face, bien qu'il fasse une bonne tête de plus. “Pourquoi ne me le dirais-tu que maintenant ?
Un sourcil auburn se hausse. Elle l'accepte bien rapidement, se dit-il. Elle envisage la possibilité qu'il dise la vérité, car c'est bien ainsi qu'il interprète ses paroles. Alors, enfin, un sourire timide vient éclairer son visage à lui, si incongru que cela paraisse, puis il tend la main à celle qui a ravi son coeur.
Let me show you something,” répète-t-il, avec plus de calme.
Charlotte pince les lèvres. Elle n'aime pas le mystère qu'il entretient. Ce côté économe en mots avait souvent des avantages, mais parfois, il la rendait folle. Ne pourrait-il pas expliciter ?
Visiblement non, puisqu'il se contente de la darder de ses yeux bleus en attendant qu'elle lui prenne la main. Ce qu'elle finit par faire, mollement. Il se rend bien vite compte que cette façon de s'accrocher à lui ne suffira pas et il tire alors sur sa main, l'amène contre lui, un bras autour de la taille.
Et la retient fermement alors qu'il transplane.

Il la sent incertaine et la retient contre lui, pour s’assurer qu’elle ne tombe pas. D’un regard, il avise la pâleur extrême de sa peau, évalue le risque qu’elle vomisse - chose que beaucoup font, la première fois qu’ils transplanent - ou qu’elle s’évanouisse et, décidant qu’elle a l’air d’aller encore assez bien, la relâche tout doucement. Elle s’accroche une seconde à lui, l’air de se demander ce qui lui était arrivé et, une fois bien en équilibre sur ses deux jambes, laisse sa main retomber.
Ce n’est qu’à cet instant qu’elle se rend compte qu’ils ne sont plus chez elle. Elle n’a même aucune idée d’où ils sont. Elle tourne sur elle-même, d’un air mal assuré qui encourage à Alistair à rester non loin au cas où, essaie de mettre un nom sur le lieu qu’elle tente de reconnaître ; en vain, et pour cause, puisqu’elle n’était jamais venue ici. Elle reconnaît ce qui a l’air d’être un pic rocheux, à sa droite, et un autre, à sa gauche. Ses yeux se lèvent, et elle comprend qu’ils sont sur un flanc de montagne, à l’entrée de ce qui ressemble à une petite grotte, creusée d’un mètre à peine dans la roche. Ils sont sur une excroissance de la roche, à plusieurs dizaines - centaines? -  de mètres du sol, la végétation s’étendant à perte de vue sur ce qui semble être une île. Oui, une île : elle entend le mugissement des vagues, au loin, qu’Alistair lui avait appris à reconnaître et à apprivoiser.
Mais comment...?
L’avait-il droguée? Ca expliquerait la sensation de tournis, mais comment s’y serait-il pris?
I haven’t,” répond-t-il comme s’il avait deviné ses pensées. “On a... Err... Apparated. We apparated,” fait-il, sans connaître la traduction française de cet acte très sorcier. Elle semble comprendre le problème linguistique, mais pas ce que cela impliquait. “Ca veut dire qu’on a fait le trajet de chez toi à ici en quelques secondes.
Un rire nerveux lui parvient. Il ne s’en offusque pas et la laisse chercher encore une fois le canular, s’approcher dangereusement du bord, humer l’air. C’est cette action qui la convaincra qu’ils sont bel et bien loin de chez elle : l’odeur d’iode ne trompe pas.
Mais... Comment? Où est-ce qu’on est?
- On est sur l’archipel des Hébrides, d’un côté où tu n’es jamais allée. ” Il réfléchit une seconde avant de reprendre “Ce n'est que l'un des nombreuses choses que je suis capable de faire. Me déplacer rapidement, jeter des sorts, soigner des dragons...
C’est à nouveau le rire nerveux qui lui répond. Elle peine toujours à le croire et, s’il en croit sa façon de toucher la paroi rocheuse, essaie de trouver une faille dans ses sens qui lui indique comment il a pu s'y . Alistair l’observe et, après un soupir, commence à lui expliquer, très méthodiquement, ce que cela implique, pourquoi il ne pouvait pas lui en parler plus tôt, pourquoi il le faisait aujourd’hui.
Et c’est ce dernier aveu qui a l’effet d’un électrochoc sur la jeune fille : “... Parce que je t’aime et que si je veux construire quelque chose avec toi, il était temps que tu le saches.
Elle sait la pudeur du jeune homme vis à vis de ses sentiments, les moyens détournés qu’il peut déployer pour ne pas avoir à exprimer clairement le fond de son coeur - et combien il est doué pour ça. Elle sait aussi qu’il ne veut pas s’engager, et que s’il est là aujourd’hui, c’est qu’il considère réellement la chose. Ça la cloue sur place une seconde et puis l’accent français retentit dans toute sa splendeur :
Prouve it.
Alistair hausse les épaules, un sourire en coin se dessinant sur ses lèvres : elle a abandonné la supposition, veut maintenant la confirmation. Elle ne hurlait pas, ne le traitait pas de fou, ne réclamait pas à tort et à travers qu’il la ramène chez elle - tant de réactions qu’il avait anticipées. D’un geste, il lui fait signe de venir à lui, et sort sa baguette de l’intérieur de la manche de sa chemise ; deux mouvements du poignet et un feu se dresse devant eux, éclairant les parois dans le paysage nocturne.
Come and sit with me,” souffle-t-il, la voix erraillée par l’émotion, l’entraînant auprès du feu pour qu’ils puissent s’y installer.
Viens t'asseoir auprès de moi.
Rien ne se passe pendant de longues minutes, alors qu’il la retient contre elle et qu’elle cherche les dispositifs pyrotechniques qui ont permis aux flammes de prendre spontanément sur l’ordre de l'Ecossais.
Puis un rugissement déchire la nuit et la fait sursauter.
A h-uile gu math, mo nighean donn,” fait-il en serrant son bras autour de ses épaules, rassurant, sans se rendre compte qu’il s’est spontanément exprimé en gaélique. Il lève les yeux au ciel, elle l’imite et, à la lumière de la lune, une silhouette, puis deux, puis trois se détachent du ciel d’encre. Imposants autant qu’impressionnants, les dragons passent au dessus des deux amants, l’un d’eux s’accroche même au pic rocheux à leur droite. Alistair a l’idée bienheureuse de poser sa paume contre les lèvres de la jeune femme, au moment même où elle s’apprêtait à hurler.
Shhh, mo nighean donn. You’ll scare them.” Idée saugrenue quand on voit la taille de l’animal : dix mètres de long, six tonnes, avec un museau énorme et de superbes ailes pour soulever son corps massif. Le jeune homme écarte lentement les doigts de la bouche de Charlotte, qui observe la créature, fascinée, bouche bée.
Mon clan veille sur eux depuis des siècles. Ils n’ont pas vraiment besoin de nous pour vivre, mais on les soigne, on les garde à l’abri du braconnage, et on s’occupe de leur fournir de quoi manger pour éviter qu’ils ne s’attaquent aux villages des îles alentours,” explique-t-il dans un murmure. “On n’est pas dans la période de reproduction, donc ils sont pratiquement inoffensifs. Disons qu’il n’y a aucun risque qu’ils nous attaquent si on ne les provoque pas.
La jeune fille se retient de lui dire qu’il ne lui serait pas venu à l’esprit de les provoquer ; le dragon les observe de ses grands yeux jaunes, avant de pousser un nouveau hurlement et d’étendre ses ailes pour reprendre son envol, sous le regard fasciné de la française.
Les minutes de silence reprennent, alimentées par le seul souffle du vent qui se prend dans les flammes d’origine magique. Et puis...
Je ne sais pas si... Si je pourrais vivre avec ça.
Stoïque, Alistair se passe la langue sur les lèvres. Il avait craint cette réponse, mais cela ne change rien à la douleur qu’elle provoque. Il ne comprend que trop bien ce qu’elle veut dire, mais elle tient à poursuivre, à s’expliquer.
Tu sais, dans mes croyances, la magie est mauvaise, et ne peut conduire qu’à la perdition de l’âme et...
- Je suis né comme ça. J’ai déjà lu vos textes, qui nous banissent à l’enfer éternel. Est-ce donc ce que tu penses? Nous condamnez-vous juste parce que nous sommes capables de certaines choses?
Touché.
La jeune fille fait une moue mécontente qu’il perçoit alors qu’elle s’est écartée de son étreinte.
Je ne t’ai pas amenée ici par hasard, Charlotte,” reprend-t-il d’un ton calme frisant l’improbable compte-tenu de la situation et des sentiments contradictoires qui se bousculaient en lui. “Je voulais que tu saches qui j’étais, comme moi je sais qui tu es. Je voulais partager un peu de mon monde que tu n’avais pas encore pu voir. Si tu m’aimais sans ça, est-ce un détail suffisant pour que tu cesses d’éprouver quoi que ce soit?
- Ce n’est pas une question d’amour, Alistair...
- So what?” s’emporte le susnommé. “Une question de différence? N’est-ce pas toi qui me disais que tu souffrais justement de cela, du rejet des autres à cause de tes croyances? N’est-ce pas la même chose?
L’argument fait mouche, une fois encore. Il touche les cordes sensibles les unes derrière les autres, sans vergogne, sans regret. Ce sont ses dernières cartes et il s’en voudrait d’échouer sans les avoir jouées.
Tu m’as dit, un jour...” reprend-t-il, plus calme. “... Que tu ne voulais te donner qu’à un homme, qu’à ton mari. Je... Je ne suis pas en mesure de t’épouser maintenant, mais je peux t’offrir autre chose : handfasting.
L’air interloqué de la jeune femme l’encourage à poursuivre. “Une vieille tradition, encore reconnue par mon clan : nous nous déclarons nous-même mari et femme, on prête un serment qui durera un an et un jour. Si au bout de ce délai, tu estimes que tu ne peux pas vivre avec ma différence, notre union sera rompue. Sinon, je...” Il marque une pause ; il lui en coûte de dire la suite. “... Je ferai de toi ma femme. Pour de bon.
Un temps.
Hand... Fasting. C’est reconnu légalement?
- Plus chez les... muggles - les gens non-sorciers - depuis un siècle environ. C’est toujours reconnu par les miens.
- Et mes parents?
- Ca peut être vu comme des fiançailles, non?
La jeune fille hésite. Elle sait ce qu’il en coûte au jeune homme de se lancer de la sorte dans un engagement durable. Sans doute serait-il rassuré par ce serment, qui était autant un moyen de le conforter lui qu’elle. Après un temps qui lui paraît interminable, Alistair tend la main droite en direction de son amante, et c’est avec soulagement qu’il sent les doigts s’enrouler autour des siens.
I, Alistair Alexandre MacFusty, declare taking ye, Charlotte Olympe, as my wife. I swear tae look after ye, tae love ye, tae honor ye, in sickness and in health, until death do us part,” souffle-t-il, les yeux dans les siens, d’une voix enrouée par l’émotion qui l’étreint.
Je, Charlotte Olympe, déclare te prendre toi, Alistair MacFusty, pour époux ; je jure de t’aimer jusqu’à ce que la mort nous sépare,” tente-t-elle de répéter, en français, maladroitement.
Comme en réponse à cette union solennelle, le feu émet un crépitement plus fort, la baguette du jeune homme fait jaillir des étincelles depuis la manche dans laquelle elle est enfermée. Des étincelles qui, sous le regard attentif de la lune, entourent les mains liées dans un serment aux conséquences multiples.

What. Did. You. DO ?!
Tu as fait… Quoi ??
Le dos droit,le regard indéchiffrable, Alistair fait mine d'ignorer l'explosion de sa mère et les exclamations outrées des spectres qui les entourent. La rumeur s'élève dans le château, et ils arrivent les uns derrière les autres, spectateurs bruyants d'un drame familial.
Du moins le perçoivent-ils ainsi.
Il venait à peine de revenir de Londres, avait à peine posé ses valises. C'était la fin des études, il revenait enfin au bercail de façon définitive. Ç'aurait dû être une soirée de liesse.
Mais il avait directement jeté le pavé dans la mare, pour se débarrasser de la question et prévenir qu'une nouvelle venue arriverait dans les prochains jours. Et sa mère avait perdu couleurs et sang froid.
Elle qui l'entendait dire qu'il ne voulait pas entendre de mariage.
Elle qui depuis des années s'efforçait de le convaincre du bien-fondé de l'engagement.
Elle qui s'était penchée sur les divers bons partis de Grande Bretagne, dans l'espoir d'obtenir un mariage arrangé.
Et maintenant, il rentrait, se pavanait, se vantait de s'être lié avec une moldue ?
Certes, il lui en avait parlé de temps à autres dans l'année, de cette petite Charlotte, sa correspondante. Mais elle avait pensé qu'il reviendrait à la raison.
Un mariage arrangé serait ce qu'il y a de mieux pour le clan !
Mais non, il n'en avait fait qu'à sa tête.
Comme d'habitude.
And with a Muggle, in addition ! What were you thinking ?!
Et avec une Moldue en plus ! A quoi pensais-tu ?
Alistair soutient son regard sans répondre. Ça ne servirait à rien, de toute façon. Quoi qu'il dise, Aoife ne décolèrera pas aussi facilement. Alors il la laisse fulminer, encore et encore, sans intervenir, et ne reprend la parole qu'au bout de longues minutes, quand il semblerait que Mrs MacFusty se soit tue.
No matter what you think of it, Mum. I am and will be married for the next year, plus one day. There’s nothing ye can do against it. Good night.
Peu impote ce que tu en penses. Je suis et serai marié pour l'année qui vient, plus un jour. Tu ne peux rien faire contre cela. Bonne nuit.

Les jours suivants, Alistair évite très soigneusement sa mère et commence à préparer la venue prochaine de sa petite amie au château du clan, pour vivre avec lui.
Même s’il a cru comprendre que les parents de cette dernière n’étaient pas très... En accord avec cette histoire de serment amoureux dans les montagnes.

Good day to you, Milady.
- She cannot hear you, Uncle. She's a Muggle, remember ?
Elle ne peut pas t'entendre, mon oncle. C'est une moldue, tu te souviens ?
Charlotte n'a pas entendu l'échange se tenant pourtant juste à côté d'elle. Elle est trop subjuguée par ce qu'elle voit autour d'elle.
Alistair avait omis de lui dire qu'il vivait dans un château.
Ce dernier lui cale la main au creux des reins, et la pousse gentiment dans le hall. Quelque part, il est rassuré de savoir qu'elle ne peut pas entendre les commentaires de ses ancêtres. Il entend d'ici la Tante Hildegarde commenter sa largeur de hanches et sa capacité à leur donner un héritier, ou le Cousin Duncan remarquer combien il a bon goût en matière de femmes.
Il est tiré de ses pensées par Aoife, qui s'approche d'eux d'un pas vif. Charlotte le sent se tendre, mais ne comprend pas sa réaction et sourit à la matriarche, comme comprenant de qui il s'agissait.
Contrairement aux peurs du jeune homme, sa mère se fend d'un sourire radieux et vient s'occuper de sa belle-fille avec un naturel inattendu. Sans doute a-t-elle pris le temps de réfléchir et s'est-elle dit qu'aller contre son fils serait inutile. Alors, tant qu'à faire, autant essayer de bien s'entendre avec la nouvelle venue.

Il lève alors sa baguette, dans le but de tout envoyer dans ce qui sera dorénavant leur chambre, mais est retenu par la jeune femme, qui lui indique vouloir faire tout cela elle-même. Surpris, il attrape alors l'une des valises et la soulève à la main, et s'enfonce avec elle dans les couloirs, pour ranger tout cela à la moldue. Il s’amuse tout de même de la voir chercher son chemin dans le château, à glisser une main contre la taille de la jeune femme dans le but de la guider, à lui voler un baiser au passage, à agir comme dans un jeune couple, finalement.
L’engagement avait peut-être du bon, en fin de compte.
La première nuit, quant à elle, est un peu plus... Particulière. Ils se retrouvent un peu comme deux adolescents ne sachant pas trop la position à adopter, Alistair laissant même s’échapper un ricanement nerveux face à leur situation. Attentionné, il décide de ne pas forcer la main à la demoiselle malgré le désir qui lui ronge les reins depuis bien trop d’années et, quand il l’aperçoit en nuisette, sent que la tâche sera rude. Il se tient, toutefois, et se contente de la serrer contre lui.
La nuit est très longue alors qu’il ne parvient pas à trouver le sommeil, torturé qu’il est de sentir l’objet de ses désirs contre lui sans pouvoir s’en emparer. Il lui faudra alors s’armer de patience et c’est une humeur exceptionnellement bonne qui trahira le passage à l’acte de la nuit précédente quand Alistair ira s’occuper des bêtes au petit matin. L’occasion pour Charlotte de voir les créatures extraordinaires à la lueur du jour, sans pouvoir voir les spectres qui tournent autour d’eux - ni les entendre, merci Merlin, parce que leurs commentaires en feraient fuir plus d’une !
L’année se déroule sereinement. Charlotte s’habitue à la vie sur les îles, malgré son refus indéniable de voir la magie être utilisée quand cela peut être évité ou que ça la concerne.

Au bout de six mois de vie commune, séduit par le bon fonctionnement des choses, Alistair songe de plus en plus à l’engagement définitif ; il est réticent à l’idée du mariage en tant que soit, mais finalement, se dit que ça n’est pas si terrible.
Ce soir là, quand Charlotte rentre à la maison, c’est pour découvrir un ruban, sur la table de la cuisine, juste à côté d’un morceau de parchemin, sur lequel s’étale l’écriture chaotique de son compagnon. Elle s’en empare, fronce les sourcils.
I know you are not keen on magic, but do take the ribbon inton your hand. It will take you where I am waiting for you.
Je sais que tu n'aimes pas la magie, mais prends ce ruban. Il t'amènera là où je t'attends.
Elle s’empare du ruban rouge après mille hésitations et sent immédiatement la sensation désagréable du portoloin la tirer par le nombril alors qu’elle disparaît de la maison...
Pour réapparaître sur cette corniche dont elle se souvenait très bien. C’était ici qu’Alistair et elle s’étaient mariés quelques mois plus tôt. Un lieu symbolique et qui, alors qu’elle le voyait pour la première fois à la lumière du jour, lui semblait d’une beauté encore plus ensorcelante. Le souffle coupé par les lieux, elle ne voit pas immédiatement le jeune homme, habillé entièrement à la moldue. Rien ne saurait trahir son appartenance au monde sorcier ce soir.
Good evening, Mademoiselle,” souffle-t-il dans son dos, glissant ses mains sur sa taille. “Souffrez que je vous emmène là où aucun problème ne viendra vous perturber,” ajoute-t-il en s’écartant, tendant la main à la jeune femme. Méfiante, elle lie ses doigts aux siens, et le transplanage s’engage.
Ils réapparaissent dans un endroit qu’elle ne connait pas, sans doute quelque part en Grande Bretagne, puisqu’après quelques ruelles traversées, elle entend les personnes autour d’eux parler anglais. Ils s’arrêtent devant un restaurant manifestement gastronomique, et elle ne peut qu’être surprise d’une telle attention.
Il ne l’avait encore jamais invitée au restaurant.
Elle le suit, s’aperçoit qu’il a réservé une table bien placée, le laisse l’installer avec cette galanterie qui lui sied à merveille.
Alistair, lui, a du mal à cacher sa nervosité. Il préparait cette soirée depuis des semaines, et ne voulait absolument pas la voir gâchée de quelque façon. Se comportant en gentleman attentionné, il s’efforce de faire la conversation, de la faire rire, de lui faire passer une soirée aussi agréable que possible. Le dîner se passe bien, lui semble-t-il, et s’il a un peu de mal à payer à la fin du repas - il s’était pourtant entraîné à reconnaître ces fichus morceaux de papier ! - ils ne subissent pas d’aléas désagréables. Il l’entraîne ensuite vers un festival en plein air qu’il a repéré quelques semaines plus tôt, et, s’ils arrivent tard, ils peuvent toutefois encore profiter de la musique qui s’y fait entendre, échanger quelques pas de danse, se rapprocher avec une volupté qu’ils n’auraient, ni l’un ni l’autre, soupçonnée.
Les pieds douloureux, la jeune fille se laisse tomber sur une chaise et ôte ses souliers, massant la plante en gémissant de soulagement. Lui s’approche et pose une main sur la sienne, les yeux bleus brillant dans l’obscurité.
It may be time for us to leave,” suggère-t-il, détachant chaque mot pour que sa compagne, qui a encore du mal avec la langue anglaise, puisse comprendre sans mal.
Il est peut-être temps pour nous de partir.
Il lui donne le bras et la guide vers un lieu à l’abri des regards, la serre contre lui, et transplane sans attendre.
La surprise saisit à nouveau Charlotte lorsqu’elle se rend compte qu’ils ne sont pas chez eux, comme elle s’y était attendue, mais de nouveau sur la corniche encadrée par les pics rocheux. Un regard d’incompréhension se pose sur le jeune homme, qui ne parvient pas à retenir un petit sourire fier.
Quand faut y aller, faut y aller.
C’est le moment qu’il choisit pour saisir la main de la jeune fille avec douceur et sortir d’une de ses poches un petit écrin sombre. Charlotte rougit immédiatement, comprenant enfin la mise en scène dont elle a été l’objet.
« Oh Alistair... Tu... »
Elle s’interrompt alors qu’il serre un peu plus ses doigts, et ouvre la boite ; sans surprise cette fois, on y découvre une petite bague d’or blanc, très fine, et surmontée d’un petit diamant noir. Nerveux, le jeune homme s’humecte les lèvres, ferme les yeux, prend une profonde inspiration.
Will you marry me, Charlotte?” souffle-t-il alors, sa voix trahissant pour la première fois l’émotion qu’il ressent. Et la jeune fille d’être incapable de parler, émue, et de se contenter de tendre la main pour y voir glisser le bijou.
Plus que le geste de la bague sur le doigt de sa compagne, c’est le baiser qui scellera cet accord qui aura une immense valeur aux yeux d’Alistair ; un baiser annonciateur d’une nuit qui vaudra tous les serments.

L’année écoulée, ils se marient de façon officielle, s’installent de façon définitive. Tout va pour le mieux. Réticente à la magie mais forcée d’utiliser les portoloins, Charlotte trouve un emploi moldu dans les îles alentours. Le jeune homme poursuit ses activités, voyage à l'étranger pour ce qu'il appelle des raisons diplomatiques, rentre parfois plus tard qu’il ne l’aimerait. Il doit parfois s’absenter pendant plusieurs jours, mais ne perd jamais le contact, ni avec le clan, ni avec sa femme, la plume toujours au bout des doigts.

Jusqu’à ce soir, quelque part en automne. Le sac est posé lourdement sur le sol, suivant le pop annonçant le retour de l’homme de la maison. Il a transplané directement dans la part du château que le couple seul partage, désireux de commencer par serrer sa femme contre lui. Les bras de la jeune femme l’entourent, il l’étreint avec douceur. Il l’embrasse, s’assure qu’elle aille bien, ne parle pas de son séjour court en Scandinavie, auprès des gardiens des Suédois à Museau Court.
Il est rentré, maintenant, tout ne pouvait qu’aller bien.
I’m finally pregnant, Alistair,” souffle la voix de sa femme, dans une annonce brutale montrant qu’elle ne savait pas trop comme le lui annoncer. Le chef de clan s’écarte, la sonde avec des yeux surpris, accroche le sourire timide sur les lèvres pleines. Cinq ans plus tôt, encore, une telle annonce aurait été source de panique.
Mais pas aujourd’hui, pas après deux ans d’essais pour avoir un petit. Elle est heureuse de porter son enfant, il est heureux de savoir qu’elle porte son enfant, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

« Where is she? »
Le ton de la voix est plus nerveux qu’empressé, plus autoritaire que d’ordinaire. Il est revenu en catastrophe d’un entretien à Londres, pour faire son check-up annuel sur la situation des Noirs des Hébrides auprès du Département de Régulation. Il a reçu un patronus et, sans une hésitation, s’est excusé auprès du bureau, a fixé un rendez-vous pour reprendre où ils s’étaient arrêté, et a transplané sans plus attendre.
L'Oncle Grégoire tend un doigt un peu tremblant dans une direction qu’Alistair s’empresse de suivre ; un cri à glacer le sang retentit, et il accélère le pas, suit les indications plus posées d’un autre spectre qui en est au moins à sa centième naissance, débarque en trombe dans la pièce où sa femme est présentement en train d’accoucher.
Out, Alistair ! It’s not for men !
Dehors ! Ce n'est pas pour les hommes !
Il se contente de grogner en guise de réponse, contourne l’agitation autour du lit et, sachant pertinemment qu’il ne serait d’aucune aide matérielle, se contente de saisir la main de Charlotte dans la sienne, retenant une grimace en la sentant serrer à lui en faire craquer les os.
Où étais-tu, espèce de... Ah !
L’insulte n’a pas le temps de fuser qu’une nouvelle contraction la saisit. Il s’installe plus confortablement près d’elle, essaie de la rassurer comme il peut, de l’accompagner de la meilleure façon qu’il soit. Il supporte ses cris, les noms d’oiseaux qui lui échappent, fait montre d’une patience extraordinaire malgré la pâleur de son visage, qui indiquait le malaise qui l’habitait.
Et puis...
It’s a boy,” annonce la nouvelle grand-mère avec un petit sourire aux lèvres. Les visages des deux jeunes parents se fendent d’un même sourire, le jeune homme sentant même un ricanement joyeux le saisir.
Un garçon.
How are ye going to call him?” entendent-ils alors qu’on leur tend le nourrisson, enveloppé dans un linge clair.
Comment allez-vous l'appeler ?
La mère le prend dans ses bras et le serre contre son sein alors que la main plus calleuse d’Alistair écarte le tissu pour mieux distinguer les traits de son fils.
Son sourire s’élargit à cette pensée.
Lucas. Comme mon père,” fait résolument la jeune mère.
Lúcas,” corrige Alistair en la serrant contre lui, le nom roulant entre ses lèvres d’une prononciation légèrement différente. “In Ghàidhlig,” précise-t-il. Les regards des deux jeunes parents se croisent et Charlotte hoche enfin la tête.
Lúcas it is, alors.

Les mois s’écoulent et ne se ressemblent pas. Le couple se confronte à la réalité de la parentalité : les pleurs permanents, les nuits courtes, réfléchir à trois et non plus à deux. Alistair remercie intérieurement ses insomnies, qui ne se seront jamais montrées plus utiles qu’à ce moment de sa vie, et regrette de ne pouvoir prendre de congé, rappelé par ses responsabilités alors qu’il voudrait ne plus lâcher sa femme et son enfant. Toutefois, ils s’organisent et réussissent à trouver un rythme qui leur sied à tous. Charlotte s’intègre de plus en plus au clan, s’efforce de parler en français à son petit alors que son mari lui parle tantôt en anglais, tantôt en gaélique - ce qui, au départ, perturbe le gamin, mais il arrive assez rapidement à jongler entre les trois langues, les mélangeant souvent dans un dialecte bien à lui.

Ne t'inquiète donc pas… Nous serons de retour dans une semaine, d'accord ?
La grimace sur le visage d'Alistair en dit long. Il sait toutefois que ces quelques jours en France sont importants pour elle. Elle se rend avec ses parents sur la côte Atlantique, et emmène bien sûr le petit Lucàs, alors âgé de quatre ans, avec elle.
Lui ne peut pas venir. Il a trop de travail sur l'archipel, et puis, exhiber son tatouage sur une plage moldue ne serait pas la meilleure idée qui soit. Il la serre tendrement contre lui, comme pour lui dire sans un moment qu'elle allait lui manquer.
Il n'aime pas la savoir loin de lui. Il ne peut pas la protéger s'il n'est pas à ses côtés. Mais risque-t-elle quoi que ce soit ? Il tente de se rassurer, de faire appel à sa raison pour ne pas céder à l'angoisse. Bien sûr qu'elle ne risque rien. Et puis, ils seront avec ses parents, ils ne seront pas seuls.
Il veille alors à donner quelques derniers conseils au petit garçon – n'oublie pas, tu ne dois parler de dragons sous aucun prétexte ! -, embrasse une dernière fois sa femme. Cette dernière finit par se détacher avec un grand sourire et ne laisse derrière que les paroles d'une insouciance estivale alors que le portoloin l'arrache à l'Ecosse.
A la semaine prochaine !

Blom, blom, blom.
Les occupants du château, des cuisines aux étages, sursautent d'un même mouvement. Il est assez rare que quelqu'un s'encombre de frapper le heurtoir qui se trouve sur la grande porte. Aoife, interloquée, traverse le hall et va ouvrir. Elle découvre face à elle un homme sec à l'aspect sévère, qui lui tend rapidement la main.
Good afternoon, Ma'am. I'm looking for Alistair MacFusty, do you know where I could find him ?
Bonjour, Madame. Je suis à la recherche d'Alistair MacFusty, sauriez-vous où je peux le trouver ?
Aoife fronce les sourcils, et hoche la tête, invitant l'homme à la suivre à l'extérieur. Elle s'enquiert de son identité alors qu'ils prennent la route des enclos, et s'interroge sur la raison de sa venue. Il refuse de lui répondre.
Alistair !
Baguette à la main, vêtements roussis par un dragon sans doute trop entreprenant, l'homme s'avance avec humeur. Qui vient donc les déranger en plein travail ? Est-il trop difficile de prendre rendez-vous ?
Il serre la main de son interlocuteur avec une poigne un peu trop appuyé, s'il en croit sa grimace, mais ne s'en inquiète pas.
Are you Mr MacFusty, married to Charlotte MacFusty, father of Lucàs MacFusty ?” l'interroge-t-on. La mention de sa femme, puis de son fils, ont pour effet de le tendre. Qu'ont-ils à faire là ? Ils sont à des milliers de kilomètres d'ici aux dernières nouvelles.
Well, I'm afraid I'm bringing bad news.
J'ai bien peur d'être porteur de mauvaises nouvelles.
Alistair blêmit instantanément et réagit plus rapidement qu'il ne le voudrait.
”What happened to them?

La porte s'ouvre d'un mouvement brusque. Dès qu'il aperçoit son père, le petit garçon bondit hors des bras d'une infirmière et se précipite dans ses bras. Alistair le serre contre lui de toutes ses forces, comme pour s'assurer qu'il est bien là.
Réel.
Un terrible carambolage avait eu lieu sur l'autoroute alors que les grands parents ramenaient mère et fils chez eux. Il y avait eu une dizaine de morts, des dizaines de blessés. Lucàs avait été extrait et amené à l'hôpital sorcier le plus proche, où il avait été rapidement soigné de ses fractures.
Sa mère et ses grands parents n'avaient pas eu cette chance.
Il faudra attendre que l'enfant ait trouvé le sommeil pour que la tension quitte le corps de son père, seul face à sa solitude. Quand est-ce qu'il avait commencé à pleurer ? Il était bien incapable de le dire. Il avait beau vouloir les retenir, les larmes s'étaient mises à couler abondamment sans qu'il puisse faire quoi que ce soit pour les retenir.
Il l'avait perdue.

La petite main dans la sienne est moite.
Le coeur lourd, une boule dans la gorge, Alistair lève sa baguette, et est rapidement imité par les autres membres du clan. La barque, qui déjà s'éloigne au large, s'enflamme instantanément, rendant le corps désarticulé de Charlotte à la mer.
Il n'est évidemment pas insensible aux pleurs du petit garçon qui murmure en boucle qu'il veut voir sa maman. Lui-même est incapable d'en faire autant. Il lui semble que la source de ses larmes cette tarie.
Mais la peine n'en est pas moins grande.
Il lui semble même qu'un trou béant s'est ouvert dans sa poitrine.
Il l'a perdue.

Daaad ? What's a slave ?
Papaaa, c'est quoi un esclave ?
Alistair lève un instant les yeux du journal qu'il est occupé à lire. Il n'aime pas les rumeurs qu'il colporte. C'est ridicule : qui pourrait vouloir un esclave moldu ?
Someone who works for free, laddie,” répond-il calmement. “Don't you have anything else to do rather than reading my newspaper ?
Une personne qui travaille gratuitement. N'as-tu donc rien de mieux à faire que de lire mon journal ?
L'enfant rosit légèrement, mais fait son sourire le plus adorable du monde à son père, avant de s'enfuir à la poursuite d'un spectre quelconque.
Alistair pousse alors un soupir à fendre l'âme en reposant son journal sur son bureau. Il joue distraitement avec son alliance, sans s'en rendre compte, songeur.
Les rumeurs ne sont jamais sans fondement. Sans doute y a-t-il un fond de vérité derrière cela. Mais il n'a pas le temps de se poser la question.
C'est qu'il a un clan à faire tourner.

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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyLun 7 Jan - 15:19

Hey !!

Bienvenue Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1253903097
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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyLun 7 Jan - 15:56

Bienvenue! Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 3657602018 Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 3657602018 Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 3657602018 Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1918469950 Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1918469950 Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1918469950

Oups, je crois qu'on a dit bonjour trop vite Razz
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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyLun 7 Jan - 21:28

Bienvenu à toi!!! J'adore ton personnage!! Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 3804338631
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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyLun 7 Jan - 22:35

◊ Félicitation ! Tu es désormais des nôtres !◊

Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 4e1cefcb9d2b38febf3e9520eea959a2c59a3227_hq

Mon dieu, quelle lecture Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 2756434681 baby Alistair, son histoire est tellement triste TTwTT
J'adore ta plume, elle est très agréable à lire et elle est pas trop lourde, on y prend vite goût et on s'attache aux personnages, que ce soit le cousin, la famille de fantôme, Amy, Charlotte ou notre cher Ali Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 862632236 merci pour cette lecture !

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Voilà, ça y'est, tu es des nôtres, bienvenue parmi nous ! En tout cas, bravo pour ta validation ♥️ Pour fêter ça, bierraubeurre, chocogrenouille & câlins à volonté !


» N'oublie pas de venir participer à la coupe des quatre maisons. C'est ici que tu pourras venir demander tes points si tu termines ta fiche rapidement, si tu prends un scénario et bien d'autres choses ! C'est aussi à cet endroit où tu peux, plus tard, dépenser tes petits points pour avoir un DC, etc... Le Coupe des Quatre Maisons sera gagnée par une maison tous les deux mois et quelques surprises attendront les gagnants...  

» Après : les listings, si tu veux avoir une petite maison plutôt qu'un joli carton,  faut passer par le registre des habitations, mais pour payer son loyer faut avoir quelques gallions d'or dans son coffre, alors va jeter un œil au registre des métiers ou à celui consacré aux métiers à Poudlard et à la MUL. Si tu as une capacité spéciale, il faut passer par le registre des dons ou le registre des créatures. Pour devenir membre d'un club ou avoir un rôle particulier, alors allez dans le registre des clubs & rôles à Poudlard ou dans le registre des clubs & rôles à la MUL.  Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1961492925


» Ensuite, tu vas sûrement vouloir créer des liens avec les autres, n'est-ce pas ? Alors c'est par ici que ça se passe : faire une fiche de liens et passer dans celles des autres est essentiel pour l'intégration. Si tu veux un partenaire de rp, tu peux aller chercher dans ce sujet. Si jamais ton personnage se sent seul ou qu'il a des liens particuliers avec des personnages que tu souhaites créer, alors les pré-liens et les scénarios sont là pour toi.  

» Enfin, tu peux maintenant venir jouer avec nous.

N'hésite pas non plus à poster dans la fiche prd un petit mot, ça fait toujours plaisir et à voter sur les tops-sites pour nous aider à nous faire connaitre !


Le petit mot de la fin : nous le staff on t'aime déjà beaucoup, parce que voir de nouveaux membres validés sur notre forum, ça nous fait toujours très chaud au coeur. Si jamais tu as le moindre problème, la moindre demande ou même si t'as juste envie de te plaindre d'un truc, tout le staff se tient à ta disposition (promis, on mord pas trop fort & on distribue du chocolat chaud ♥️ ).

Sur ce, gros bisous sur tes fesses & bienvenue parmi nous !  

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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan EmptyMar 8 Jan - 23:48

Oh. La. Vache. Shocked

Je viens de me prendre une de ces claques en lisant ta fiche ! Une fois commencée, impossible d'arrêter ma lecture. Tu as vraiment une plume magnifique, l'histoire de ton personnage est tellement belle, l'attention aux détails et l'originalité sont incroyables, c'est juste...pfohlala, je sais même pas quoi dire si ce n'est que j'adore et adhère complètement et ai hâte de voir Alistair en jeu ! (Et Lucàs, petit bichon tout mignon Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 2025503192 )

Bienvenue à toi sur le jeu et dans le groupe des veufs/ves de beaux Français Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 2756434681


Et puis bon, on va pas se mentir, Sam fait clairement du bien aux yeux hein Alistair A. MacFusty | Sam Heughan 1961492925
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MessageSujet: Re: Alistair A. MacFusty | Sam Heughan   Alistair A. MacFusty | Sam Heughan Empty

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