Nous venons de terminer l'event de la St-Valentin et avons avancé un peu dans l'intrigue !
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 Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall

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MessageSujet: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Sam 6 Oct - 10:36



Jeunesse innocente



Ce n'est pas une bonne période. C'est con, si proche de la rentrée...mais tout me tombe sur la gueule d'un seul coup, sans prévenir, et on me demande de le supporter jusqu'à ce que les choses s'arrangent d'elles-mêmes. En venant ici, j'ai signé un contrat invisible avec des forces obscures qui, si elles me laissaient un peu de liberté auparavant, se font de plus en plus oppressantes depuis quelques jours. Je ne cesse de recevoir des messages codés qui m'obligent à quitter le cocon familial, souvent en plein milieu de la nuit. Lorsque je reviens, malgré mes efforts pour ne pas faire de bruit, Shigure est réveillé et assis dans le lit à m'attendre. Cette situation l'affecte beaucoup je crois, mais je ne peux malheureusement pas m'y résoudre. J'ai une dette envers ces gens qui ont fait disparaître mon dossier d'un pays à l'autre, et qui m'ont aidé à m'installer. Ils ont même mis en relation Ollivanders et Shigure, même si mon amant l'ignore totalement. Même si sa réputation dépasse les frontières du Japon, il a bien fallu que quelqu'un l'amène jusqu'en Angleterre...de plus, le vieux n'aurait probablement pas choisi un total inconnu pour reprendre sa boutique sans une petite suggestion. Notre vie actuelle, nous la devons à ces gens. Ils m'ont prévenu qu'ils n'auraient pas besoin de moi tout de suite mais qu'il fallait que je reste à leur disposition...et aujourd'hui, je paie enfin ma dette.

Cette situation affecte Shigure, au point de lui déclencher de nouvelles crises. Me voir disparaître de temps en temps en pleine nuit lui fait peur, il craint pour ma vie et pour ma liberté. Après tout, fricoter avec des mages noirs c'est se mettre à découvert face aux Aurors. Je pourrais très bien me faire choper en les soignant, en leur filant un coup de main face aux représentants de l'ordre planqué sous un masque et une capuche. Il suffit que mon visage soit à découvert une seule fois, et c'est fini. Nous ne pourrions pas déménager si vite, je ne veux pas imposer ça à Shigure. Il se plaît ici, avec sa boutique, et il a besoin de stabilité avec sa condition. Une stabilité que je lui retire dernièrement, d'où son manque soudain d'appétit qui lui a coûté quelques kilos et ses moments de silence total où j'ai la sensation qu'il pourrait boire un poison à tout moment. Je m'en veux terriblement. Mais que puis-je faire pour changer ça? Ces types ne rigolent pas, j'ai une dette à payer et si je ne la paye pas, ils sont capables de faire de notre vie un enfer. Je ne veux pas mettre Shigure en danger, je veux le garder en-dehors de ça.

Si seulement ce n'était que le seul problème qui me tombait sur la gueule...mais au travail, tout ne se passe pas comme prévu non plus. J'ai beau être loin de la plupart des gens pour éviter les mêmes soucis qu'à l'hôpital, je continue de me faire emmerder par un bon nombre d'étudiants qui viennent seulement à la bibliothèque pour foutre le bordel. Je devrais jeter un sort sur l'entrée pour les empêcher de venir, mais...c'est interdit par le règlement de l'école. A la place, j'ai seulement eu le droit d'ensorceler tous les livres pour m'assurer qu'ils reviennent bien à leur place dans le temps imparti. Je suis minutieux, un peu trop parfois, même si mon bureau est dans un bordel constant. C'est sûrement pour compenser le fait qu'à la maison, Shigure range tout le temps derrière moi. Lui par contre aime les choses très ordonnées. C'est frustrant.

C'est donc épuisé, des valises sous les yeux et en traînant un peu la patte que je me rends à la MUL ce matin-là. Je ne sais pas trop comment je fais pour tenir le rythme, on va dire qu'il n'est pas aussi horrible que celui de l'hôpital...mais là-bas, je suis devenu fou, alors est-ce vraiment une bonne comparaison? Je m'installe à mon bureau après avoir tout ouvert, vérifié la présence de certains livres et vérifié également les noms sur la liste des livres empruntés. Certains doivent me les rendre aujourd'hui, d'autres ont encore un peu de temps...il est possible de prolonger un emprunt évidemment, mais seulement quand on me ramène le livre dans les temps pour que je renouvelle le sort. Sinon, il se déclenche tout seul au bout d'un moment. Ce qui est normal, pour éviter les abus. Je reste neutre vis-à-vis de ces histoires, même si beaucoup d'étudiants ne méritent pas de venir ici. J'en déteste la plupart, pourtant j'accepte toujours leurs emprunts et leurs prolongements. Je suis réglo s'ils le sont, c'est la loi. Et surtout, je ne veux pas de problèmes avec le directeur. J'ai déjà de la chance qu'il m'ait à la bonne pour avoir donné un peu d'autorité à cet endroit qu'on laissait presque à l'abandon avant, avec le vieux parti à la retraite.

Je suis épuisé, mais les étudiants s'en branlent j'ai l'impression. Ils sont si bruyants...si dissipés! J'essaye de lire tranquillement un traité sur l'éclabouille cérébrume dont le titre en lui-même m'exaspère. Malheureusement, le bourdonnement constant de ceux qui croient n'avoir rien à faire ici m'emmerde. Je soupire, repose mon livre en marquant soigneusement la page et pose ma tête dans mes bras comme si je voulais disparaître. J'en ai marre. La fatigue me donne presque envie de suivre Shigure et d'aller nous suicider tous les deux dans un bois, quelque part perdu en Angleterre où personne ne pourrait trouver nos cadavres. Ce sont des pensées bien sombres pour quelqu'un comme moi...ça ne me ressemble pas. Je dois au contraire être positif ou au moins neutre pour compenser, mais j'ai du mal ces derniers jours.

Je ne relève la tête qu'en entendant quelqu'un proche de moi. Quelqu'un qui vient très souvent ici, pour ne pas dire tous les jours...mais lui ne me dérange pas. Lui, je veux bien le laisser rester autant qu'il veut. Je le regarde droit dans les yeux, de jolis yeux clairs que je ne veux pas pénétrer pour en savoir plus. Je ne veux pas mettre mal à l'aise ce garçon. J'ai pas envie qu'il fuit cet endroit pour me laisser seul avec ces idiots...

"Bonjour, McDougall. Pardonnez mon moment d'absence. Vous avez besoin de quelque chose?"
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MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Mer 24 Oct - 16:06

Les cours étaient prenants à la MUL, et captivants. Hyacinthe n’avait de cesse que de travailler, et son peu de temps libre, il le passait soit à aider les autres étudiants, soit à rendre visite à son frère, histoire de lui donner un coup de main avec la boutique. Il ne voulait pas complètement couper le cordon qui le reliait à son frère. Et en même temps, Nathanaël avait besoin d’avoir une vie à lui. Et lui aussi sans doute. Même s’il peinait à faire autre chose que s’épuiser au travail. Il avait tellement de mal à comprendre ce qu’il fallait faire avec les autres. Il avait sans doute pris trop de retard dans l’acquisition des codes sociaux, si bien qu’il se sentait souvent confronté à des situations qui lui paraissaient insolubles. Rien n’avait l’air simple quand il s’agissait de communiquer, de se faire des amis. Il n’était même pas sûr d’en avoir deux. Rufus peut-être. Finn… Quoique, il devait le trouver agaçant. Il ne savait vraiment pas. C’était tellement difficile de comprendre ce qui se passait dans la tête des gens. Trop difficile pour lui.

Pourtant, il y avait des gens dont il se sentait instinctivement plus proche. Peut-être parce qu’il avait la sensation qu’ils se ressemblaient ? Monsieur Ashikaga faisait parti de ces gens-là. Etonnament, il appréciait le bibliothécaire. Ce qui interrogeait souvent ses camarades de classe. Mais Monsieur Ashikaga était toujours là pour l’accompagner dans ses recherches. Il avait toujours été correct avec lui. C’était suffisant pour que Hyacinthe apprécie cet homme. Il n’était pas rare qu’il se propose pour l’aider à ranger des ouvrages, ou qu’il discutait avec lui des nouvelles acquisitions de la bibliothèque. Quelque part, il parlait plus avec cet homme qu’avec n’importe qui d’autre dans l’université. Ce qui avait peut-être créé chez Hyacinthe cette légère sensation de proximité avec Monsieur Ashikaga. Peut-être.

Hyacinthe avait déjà passé un petit moment à la bibliothèque ce matin. A dire vrai, c’était son refuge, il venait là dès qu’il n’avait pas cours. Mais alors que son propre estomac lui rappelait qu’il n’avait pas assez mangé ce matin-là, il vit l’état du bibliothécaire à son bureau qu’il avait seulement salué poliment vu qu’il avait l’air déjà bien occupé. Alors, il était sorti avec la ferme intention de remédier à sa fin, mais aussi celle de rendre la journée de l’employé un peu moins rude. Il ne savait pas bien ce qui pouvait le fatiguer à ce point. Peut-être qu’il avait des soucis de famille ? Il ne s’était jamais vraiment demandé si cet homme avait une famille. Une compagne peut-être ? Des enfants ? C’était possible. Enfin, de toutes façons, ça ne le concernait pas. Hyacinthe était d’un naturel curieux, oui, mais pas à ce niveau. Sans doute parce qu’il n’aimait pas qu’on lui pose des questions sur sa famille, alors pourquoi imposer ce malaise à quelqu’un. Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse.

Il mangea rapidement quelques cookies tout en buvant un cappucino. Il commanda un café supplémentaire et quelques pâtisseries. Une sélection. En fait, il n’avait pas la moindre idée de ce qui ferait plaisir au bibliothécaire. Alors dans le doute, il valait mieux prendre un échantillon ? C’était la solution la plus logique pour lui. Mais du coup, il se retrouvait avec une sacré sachet de pâtisseries à la main, un café de l’autre, avec quelques sachets de sucres. C’était difficile de faire plaisir sans savoir ce que la personne apprécie.

En revenant dans la bibliothèque, il prenait garde de ne pas renverser la boisson. Les étudiants le regardaient bizarrement. Parce qu’amener de la nourriture ici, c’était suicidaire. Mais il prenait le risque. Monsieur Ashikaga avait besoin que quelqu’un prenne soin de lui. Et s’il n’y avait que lui pour le faire, Hyacinthe prendrait le job, quoi qu’on puisse en dire.

Il sourit alors que le bilbiothécaire s’excusait.

Ne… Ne vous excusez pas...Non… En fait… J’ai pensé… Que vous aviez peut-être besoin d’un café… Vous...Vous avez l’air vraiment fatigué, monsieur… Alors… Je me permets de vous offrir ça… Je… Je n’étais pas sûr de vos goûts… J’ai pris un peu de tout… J’espère que vous ne m’en...voudrais pas… On est pas...pas sensé amener de la nourriture ici… Mais… Vous aviez l’air d’en avoir besoin…

Il lui tendit le grand gobelet et le sachet en papier. C’était quitte ou double. Soit son attention serait bien prise soit il se ferait envoyer sur les roses. Il tenta un sourire pour accompagner son geste mal assuré.
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MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Jeu 25 Oct - 19:36



Jeunesse innocente



J'ai du mal à comprendre où il veut en venir au départ. Ce gamin a l'air en permanence mal à l'aise, c'est dingue...est-ce que c'est moi qui le met dans cet état ? Pourtant, il se détend plutôt vite au fur et à mesure qu'on discute tous les deux, ce qui arrive relativement souvent. Si au départ je sondais involontairement ses pensées comme celles de tous les autres, maintenant j'essaye de ne pas fouiller trop loin dans sa tête. Ca m'entraîne à contrôler ma malédiction, surtout maintenant que Rui est partie de la maison. Je fronce les sourcils en sentant l'odeur du café, bien avant de voir le contenu de son petit fatras. Je suis pourtant clair avec les règles, non ? Croit-il que parce qu'il est le seul à me supporter je vais faire une exception pour lui ? Je m'apprête à l'engueuler, quand il me tend le tout. Je...etto...c'est pour moi, c'est ça ? Il a ramené ça...pour moi ? Mais pourquoi ? Est-ce qu'il attend une faveur de ma part en retour ? Est-ce qu'il va me demander quelque chose de délicat ? Qu'aurait-il à me demander ? Je ne suis pas prof, moi, je peux pas lui mettre une bonne note à un contrôle s'il me ramène un déjeuner potable ! Et puis d'ailleurs, il y a quoi là-dedans ? Sans prononcer un mot, j'ouvre du bout des doigts le sachet en papier et...mes yeux se mettent à briller d'envie. Aaaaah la malbouffe. Shigure déplore souvent mes habitudes alimentaires, mais j'ai pris ces mauvaises habitudes il y a des années en vivant seul. J'avoue même avoir fait une trêve il y a un bail maintenant avec les moldus pour leur chourer de la bouffe quand la faim se faisait ressentir.

Je lève les yeux vers le blond, qui semble d'un coup encore plus mal à l'aise. Peut-être croit-il qu'il va se faire engueuler ? Je sens le regard de quelques étudiants sur nous, et je les entends même se faire des paris à eux-mêmes sur ma réaction. Ils vont être surpris. Même si je n'aime pas faire des exceptions et que je sais que certains vont en profiter pendant un moment, je penche tout de même la tête en guise de remerciement, sans pour autant prononcer le mot magique.

« Vous savez que c'est interdit d'en amener ici, et vous décidez quand même de braver l'interdit pour...me ramener ça ? Pourquoi ? »

Je suis paranoïaque. C'est mon plus gros défaut, mais je préfère y penser comme d'une qualité spéciale. C'est ma paranoïa qui fait que je suis toujours en liberté aujourd'hui, alors au final elle m'a sauvé la mise plus d'une fois. Je prends le gobelet pour en avaler une grande rasade, le dépose dans un coin moins risqué de mon bureau et fais un peu de place au centre pour déballer les pâtisseries. Aaaaah ça fait si longtemps que j'avais pas mangé de trucs aussi sucrés ! Certes il nous arrive de cuisiner quelques douceurs avec Shigure, mais rien de bien calorique ; toujours des pâtisseries traditionnelles de notre pays, qui n'est pas le numéro un quand on parle de bouffe, sérieusement.

« Prenez une chaise et restez donc un peu par ici, McDougall. Et si j'en entends un se plaindre, je le fous à la porte ! »

Je fais venir une chaise d'un coup de baguette, lance un regard noir à un étudiant un peu trop proche à mon goût, et reporte mon attention sur les pâtisseries. Bordel, il y en a beaucoup ! Je n'en connais pas la moitié en plus, je ne sais pas du tout d'où elles viennent. Mais comme manger seul est triste, je préfère quand même partager avec lui. Même si...ok, je déplore de manger dans cette bibliothèque. Malheureusement, je ne la ferme que dans deux heures, et je doute qu'il revienne me voir après ses cours. Humpf...je suis si seul ici que je commence à m'attacher à la seule personne que je vois au quotidien. C'est pas bon ça, Yoshi, pas bon du tout.

« Ne touchez pas aux livres et autres trucs que vous voyez sur ce bureau, et n'allez pas vous balader dans la bibliothèque sans vous laver les mains si vous mangez aussi. Mais...je pense que vous vous en doutiez, c'est du bon sens, ne ? »

J'attends que les autres retournent à leurs occupations, vérifiant au passage qu'ils ne nous espionnent pas, et me jette littéralement sur la nourriture. Depuis combien de temps j'ai pas mangé, moi ? J'ai rien pris de la journée, c'est sûr. Et j'étais dehors presque toute la nuit. Et hier soir, Shigure a cuisiné léger parce qu'il n'avait pas faim et moi non plus pour l'accompagner...ouais, j'ai l'estomac totalement vide qui commence à se digérer lui-même.

« Vous n'étiez pas obligé de faire ça vous savez, McDougall. Surtout que ces petits cons vont vous voir comme un lèche-cul, si c'est pas déjà le cas. »

Après tout, c'est le seul que je peux supporter dans cette fac...du moins du côté des élèves. Le seul, avec Rui qui doit aussi en baver parfois. Je sais que j'ai une réputation dégueulasse, mais j'en suis heureux. Je fais peur à certains, d'autres me détestent juste et c'est tant mieux. Surtout ces derniers temps, à cause de la fatigue, je ressemble vraiment à un zombie avec mes cernes de 5kg, mes joues creuses et mon teint cireux, ajouté à cela des cheveux longs qui retombent tristement sur mon visage. Un peu comme ces fantômes qui se baladent dans certains endroits, mais en version physique. Même moi, je me fais peur. Comment Shigure peut-il encore vivre à mes côtés, je me le demande !

« Ca va, vous ? Les cours, les amis, tout ça...j'ai cru comprendre que vous vous étiez un peu rapproché d'un type chelou la dernière fois. Vous savez, celui qui fout toujours le bordel dans mes étagères... »

Les noms, j'en ai rien à foutre. Je les retiens facilement pourtant, mais je n'ai pas assez de respect pour ces gens pour les nommer directement. Il n'y en a que trois ici que j'appelle par leurs noms : Rui évidemment, McDougall, et...Beaumarchais. Rien que de penser à ce petit con, je sens mes poings se crisper un instant avant de se détendre. Inutile de m'énerver, je crois que ça le brusque un peu parfois. Je me demande vraiment pourquoi il reste proche de moi alors qu'il voit très bien comment je traite les autres étudiants...
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MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Jeu 15 Nov - 22:59

Braver les interdits, ce n’était vraiment pas son genre. Sa scolarité à Poudlard pouvait le prouver. Jamais une heure de colle, jamais un blâme. Un élève transparent, presque trop respectueux de tout. Trop timoré. Et là, il se permettait de risquer d’être chassé de son petit paradis. Parce qu’il… Parce qu’il ne voulait pas que monsieur Ashikaga dépérisse. Il ne voulait pas que cet homme qu’il estimait passe une mauvaise journée. C’était excessif ce qu’il faisait ? Aucun élève sain d’esprit n’aurait fait ça, non ? Il regretait un peu. Un frisson passa son échine en croisant le regard du bibliothécaire. Est-ce que le risque en valait la peine ? Il se demanda l’espace d’une seconde. Prendre des risques pour un autre. C’était tout lui. Pas capable de prendre le moindre risque pour lui-même mais pour un autre alors là… Quel idiot il faisait.

Je… Je sais… Mais… Mais...Mais votre matinée avait l’air… Vraiment rude.” bafouilla-t-il gêné. “Et… Et je crois pas que quelqu’un d’autre aurait fait ça pour vous ici…

En fait, les élèves avaient plutôt tendance à détester le bibliothécaire, ou à en avoir peur. Enfin dans tous les cas, il ne se souciait clairement pas de son bien-être. Hyacinthe, lui, il n’aimait pas le voir de mauvaise humeur. Par empathie. On apprécie rarement de voir quelqu’un qu’on aime bien en triste état. Surtout quelqu’un qui semble vous estimer un peu en retour. Enfin jusque là, il avait eu cette impression. Que le bibliothécaire l’aimait bien. Au moins un peu. Ou le détestait moins que les autres du moins.

Il se mordille la lèvre un peu soucieux. Pas de ce que les autres vont penser. Non, les autres il s’en fiche. Ils ne l’ont jamais apprécié. Mais Monsieur Ashikaga, si. Il l’espère. Il ne peut s’empêcher de hausser un sourcil quand il lui demande de rester. Ce n’était pas ce à quoi il s’attendait. Mais un sourire naît sur ses lèvres. Rester avec lui ? Mais… Mais il a déjà mangé. Seulement, le ton du bibliothécaire n’invite pas forcément à la négociation.

Je n’y comptais pas… Ne vous inquiétez pas… En fait… J’ai… J’ai déjà mangé moi… Je me permettrai pas… D’enfreindre les règles… Alors que je peux manger dehors… C’est… C’est juste pour vous…” dit-il de sa voix hésitante.

Il sourit un peu plus en voyant l’appétit de l’homme. Son instinct ne le trompe pas sur l’appétit des gens. Peut-être parce qu’il regardait beaucoup les clients qui entraient dans la boutique de son frère quand il l’aidait pendant ses vacances. A défaut d’arriver à parler facilement aux clients il avait un don sans pareil pour prévoir leurs commandes. Son sourire s’affadit un peu à la remarque sur les autres et leurs idées. Il préférait éviter de penser à l’image qu’ils avaient de lui. Il haussa un peu les épaules, secouant doucement la tête.

Je m’en… Je m’en fiche… De toutes façons… Ils m’ont jamais vraiment aimé…” avoua-t-il en baissant la tête.

Il finit par tendre la main vers la sélection de pâtisserie et prit la moins copieuse. Il n’avait plus très faim, mais cela aurait été impoli de juste le regarder manger. Enfin selon les traditions McDougall c’était le cas.

Par contre, c’était vraiment étrange d’entendre un adulte lui parler de sa vie. De lui demander comment se passait sa propre vie. Ses amis… C’était bizarre. Il n’était pas certain d’en avoir vraiment. Il n’était jamais sûr. Jamais complètement. Il était si oubliable, si optionnel dans la vie des autres.

Je crois… Que oui ?

Et… Il comprit de qui Monsieur Ashikaga voulait parler. Finn. Oh. Finn… Le rouge qui monte de ses joues à ses oreilles.

Finn Parker… Il… Il est gentil vous savez… Un peu… Bruyant… Et maladroit… Mais… Il fait des efforts… Pour respecter les règles de la bibliothèque vous savez…

Prendre sa défense. Il n’avait rien de mieux à faire, hein ? Il ne pouvait s’empêcher de voir son sourire. Finn… Il n’arrivait pas à se le sortir de la tête. C’était… Ridicule. Il avait cru que ça s’arrêterait en arrêtant de le prévenir de ses visions. Mais non. C’était presque pire. Surtout depuis que Finn lui parlait.

Mais… Je vous promets… Je ferai attention s’il revient avec moi…

Il se mordilla la lèvre. S’ils revenaient ici ensemble. Il n’avait pas forcément envie de venir ici quand il avait la chance d’attirer l’attention du Gryffondor. Il secoua un peu la tête.

Et… Et vous ? Les… Les amis ?

Cette question lui semblait assez bizarre après coup. Il ne voyait pas le bibliothécaire entouré d’amis… Ni de grand monde en fait. Il l’imaginait peut-être avec un ou deux fléreurs.
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MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Mer 21 Nov - 8:51



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Ce gosse...je ne sais pas ce qu'il me trouve. C'est le seul à se préoccuper de moi ici, avec Rui bien entendu quand elle débarque à la bibliothèque de trop rares fois. Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? J'ai été insupportable avec lui comme avec les autres au départ, persuadé que lui aussi allait me faire chier. Mais non...il est resté calme, travaillait durement, et petit à petit je me suis intéressé à ce garçon. Pas dans un sens amoureux gros dégueulasse, un intérêt sans rien derrière. Il pourrait être mon fils quand même ! Je suis pas attiré par les petits jeunes moi.

Je suis rassuré de le voir manger quand même un peu. Je me sens toujours con quand je suis le seul à dévorer quoi que ce soit, même si je commence à avoir l'habitude avec Shigure. Mon pauvre amant a ses périodes noires, où il ne mange plus et perd énormément de poids. C'est d'ailleurs également une des raisons pour lesquels je ne mange pas beaucoup moi non plus...mais je suis pas dépressif, alors j'ai quand même la dalle ! Je fais seulement mine d'oublier cette faim en travaillant dur sur certains bouquins. Un jour je vais m'effondrer sur un champ de bataille, mort de faim et de fatigue. Mais je ne veux pas y penser. Si ça arrive, l'ennemi risque de me récupérer et...fin à Azkaban, Shigure mort, le topic habituel. Ma vie est beaucoup trop dangereuse pour un simple bibliothécaire !

« Gentil, hein ? »

Je fronce les sourcils en le regardant. Il a l'air perturbé, d'un coup...est-ce à cause de ce Finn Parker ? On dirait bien. Est-ce que le petit McDougall a un faible pour les garçons bruyants, arrogants et insupportables ? Il aurait pu choisir mieux quand même ! Mais s'il n'a pas l'habitude de se sociabiliser...humpf. Je peux rien pour lui. Je ne suis pas de bons conseils, moi aussi j'étais seul à l'école...mais c'est moi qui le décidais parce que personne n'était à la hauteur. Je faisais flipper les autres à connaître tout de leurs vies et de leurs pensées, et je pétais régulièrement des câbles quand mes barrières mentales cédaient. Résultat ? Le seul à m'avoir approché est Shigure...et il est resté le seul depuis, si on oublie Rui qui m'a connu comme son oncle aigri. Le seul...jusqu'à McDougall.

« Ca devrait pas être à vous de faire attention pour un type pareil. Mais c'est votre choix. »

Je termine ma troisième pâtisserie et bois une rasade de café, avant de faire apparaître un mouchoir pour mes mains, un deuxième pour lui. Nous ne devrions pas rester ici, mais je dois surveiller ces zigotos qui traînent encore dans les allées. Humpf...j'en ai déjà marre. Je veux rentrer me coucher avec Shigure. Mais peut-être que ce soir encore, je serai de sortie...

« Les amis ? J'ai pas d'amis, monsieur McDougall. Quand on devient adulte, on en a pas vraiment besoin. Surtout ceux qui sont vos « amis » ne sont qu'un ramassis d'hypocrites aux intérêts divergents, qui restent simplement près de vous parce que vous pouvez leur offrir quelque chose. Et vous aussi, vous commencez à vous comporter de la sorte...vous restez près d'eux, parce qu'ils ont un intérêt pratique pour vous, soit pour leurs capacités et possessions, soit pour bien vous montrer en société. Profitez donc d'être encore jeune...vous verrez, à la sortie de la fac, ça sera déjà bien plus difficile. »

Ce que je raconte est à moitié un mensonge. Je n'ai pas vraiment d'amis, mais...j'ai quand même Shigure, et le professeur Hawke également. Mais je ne suis toujours pas persuadé que cette dernière amitié ne soit pas motivée par des besoins pratiques. C'est lui qui m'a dégoté cette place après tout, peut-être qu'inconsciemment j'ai besoin de rester près de lui pour m'assurer qu'il ne me la retire pas ? Et lui, de son côté, doit rester avec nous pour les techniques de Shigure. Est-ce vraiment de l'amitié ? J'en sais rien. Je n'ai jamais eu d'amis.

« Après, c'est pas un mal d'avoir de faux amis. Tant que l'intérêt est réciproque, vous pouvez gagner beaucoup avec certains. Ils peuvent vous trouver de bonnes places dans un domaine qui vous intéresse. Vous rendre riche simplement par leur influence...ça fait toujours bien de dire qu'on est pote avec le ministre de la magie, n'est-ce pas ? »

Ce gosse est peut-être encore trop pur et innocent pour entendre cette cruelle vérité, mais je m'en voudrais qu'il vive dans un monde de bisounours jusqu'à être poignardé par la réalité.
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MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Mer 21 Nov - 16:36

Gentil, hein ? Oui. Gentil. Et courageux. Et si vivant. Et si fougueux. Ok. Peut-être qu’il n’était pas très objectif sur les qualités de Finn. Sur Finn tout court. En fait, il l’aimait probablement… Trop. Et c’était incontrôlable. Et… Il s’en fichait. C’était la première fois qu’il ressentait quelque chose comme ça pour quelqu’un. C’était beau. Même s’il savait qu’il allait droit dans le mur. Que Finn ne le verrait jamais comme lui il le voyait. C’était quand même beau. Ça lui suffisait de vivre ça. D’aimer quelqu’un. C’était une belle chose à vivre.

Oui… Oui… Gentil…” répéta-t-il pour se donner une constance.

Hyacinthe releva les yeux. Pas à lui de faire attention à Finn ? Mais qui le ferait à sa place ? Bon, d’accord, Finn lui avait dit d’arrêter de faire attention à lui. Alors, peut-être que monsieur Ashikaga avait raison, mais… Il ne voulait pas arrêter de voir Finn, de l’aimer comme il le pouvait. Il était sans doute inapte pour tout ça. Seulement, c’était ça qu’il voulait. Il voulait vivre enfin. Arrêter de se cacher.

Je sais, Monsieur, mais… Je l’apprécie beaucoup… Peut-être trop… Je sais pas pourquoi je vous dis ça, oubliez…

Il secoua la tête. Un peu gêné de se confier ainsi à un adulte. A une référence pour lui. Pourquoi lui disait-il quelque chose d’aussi gênant. Il se mordit la lèvre. Vraiment gêné. Il fallait vraiment qu’il arrête de dire n’importe quoi. Changer de sujet était une bonne idée. Une très bonne idée. Et il s’empressa de prendre le mouchoir que le bibliothécaire lui tendait. Il s’essuya les doigts. Et fixa l’homme. Son discours était si… Pessimiste. Hyacinthe en était estomaqué. Comment pouvait-on voir la vie d’une façon si sombre ? Alors, oui, Hyacinthe n’avait pas beaucoup d’amis. Mais il ne voyait pas les choses comme ça. Ses amis n’étaient pas des hypocrites. Le peu qu’il estimait. Rufus. Finn. Non. C’était faux. Et Nate ne l’avait pas élevé dans cette voie. Pas en pensant ça. Ni ses parents. Il ne pouvait pas croire en ces mots-là. Il passerait sûrement pour un sombre crétin. Un innocent naïf. Mais…

C’est faux. Je suis pas… Je ne veux pas me servir d’eux… Mes amis… Ce qui y ressemble pour moi… Je ne fais pas ça… Par intérêt… J’aime ces gens…” murmura-t-il en fronçant les sourcils.

Il n’avait jamais tenu tête à Monsieur Ashikaga. Sans doute parce qu’ils n’avaient jamais eu de divergences majeures en parlant sortilèges et autres connaissances. Là, c’était bien plus personnel. Et Hyacinthe était sûrement bien trop sensible et pur pour se confronter à un tel pessimisme. Il baissa la tête. Est-ce qu’il imaginait que son geste présent était intéressé ? Qu’il avait amené ces pâtisseries pour obtenir une faveur en retour ? C’était ignoble de voir le monde ainsi. Hyacinthe n’était pas ce genre de personne. Monsieur Ashikaga ne pouvait pas le croire ainsi.

Non… Non… Je n’ai pas… A quoi bon obtenir quelque chose qu’on ne mérite pas ? Cela n’a aucune valeur… Vous… Enfin… Je… Je ne veux pas de ça… Je ne veux pas mentir aux gens… Je… je sais même pas le faire alors… Et puis… Comment vous faites ? Pour vivre en pensant comme ça ? Ce n’est pas… Épuisant d’être seul ? De ne jamais aimer qui que ce soit ? De ne jamais penser qu’on puisse vous aimer sincèrement ?

Il eut un soupir. Il se sentait vraiment triste pour le bibliothécaire. Et peut-être triste tout court. Peut-être qu’ils étaient nombreux à penser comme monsieur Ashikaga. C’était peut-être lui l’idéaliste.

Je suis peut-être...Peut-être idiot… Mais… Mais je crois qu’on peut sincèrement aimer quelqu’un. Un ami. Ou un amant. Et… Cette sincérité rattrape bien… Tou...Toute l’hyppocrisie des autres… Vous ne croyez pas ? Vous… Vous avez déjà aimé quelqu’un ? C’est… C’est plus beau que tout… Que tout ce que vous dites… Non ?

Il marqua une pause. Et soupira.

Vous me voyez… Comme un intéressé moi aussi ?” demanda-t-il en posant son regard bleu si innocent dans son regard sombre.
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MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Ven 23 Nov - 15:21



Jeunesse innocente



Je hausse un sourcil, surpris. C'est la première fois que McDougall s'oppose aussi radicalement à ce que je dis. Certes, il lui arrive souvent de prendre la défense d'étudiants sur lesquels je m'acharne, à tort ou à raison, la question n'est pas là. Il faut croire qu'au niveau des relations, il reste absolument idéaliste. Pauvre petit...malgré moi, je m'immisce dans son esprit et vois apparaître quelques élèves que je connais déjà, entourés d'un sentiment de doute et de tristesse que je lui ai moi-même injecté. Un élève apparaît en particulier...eh. Je vois que ce petit est tombé amoureux. Il n'aurait jamais pu ressentir pire souffrance. Tomber amoureux d'un homme, même dans la société actuelle, n'est pas chose aisée. Il pourrait être blessé...et même si je n'ose pas l'avouer par fierté, ça me ferait chier de le voir douiller. C'est le seul que j'estime un minimum ici...un des seuls. Un peu comme s'il était mon fils, d'ailleurs il a largement l'âge de l'être ! Pourquoi s'intéresse-t-il à un type comme moi, alors ? Peut-être est-ce un manque d'affection, peut-être a-t-il des problèmes avec ses parents..j'en sais rien et je n'ai pas envie de fouiller dans son cerveau pour le savoir. J'ai déjà été trop loin.

McDougall, de sa grande empathie, s'inquiète pour moi. Je le rends triste à être si pessimiste, même si j'ai mes raisons. Je lui fais peur, à lui parler d'un avenir aussi sombre. Mais je ne veux pas qu'il soit déçu. Je veux le préparer à la vie réelle, lui qui a des rêves plein la tête lui engourdissant les sens. Je m'efforce de fermer mon esprit, de ne pas aller plus loin dans son sanctuaire mental. J'ai du que je le respectais trop pour être aussi intrusif !

« Aimer ? »

Ce serait mentir que de dire que je ne connais pas l'amour. Je n'ai certes pas vraiment d'amis, mais je connais ce bonheur depuis mes douze ans. Malgré mon sérieux habituel, un petit sourire se dessine sur mon visage. Il disparaît comme il est apparu, tel une ombre, un fantôme qui laisse derrière lui un visage plus renfrogné que jamais.

« Ce n'est pas à prendre mal, McDougall, mais je n'ai confiance en personne. Seules deux personnes au monde ont mon entière confiance, et il s'agit de la personne qui partage ma vie et l'une de ses filles que j'ai élevé avec elle. Alors comprenez qu'un étudiant que je connais depuis si peu de temps n'a aucune chance à ce stade d'être différent des autres pour moi. Même cette personne...j'ai mis plus de dix ans à lui faire entièrement confiance, alors que sa condition lui donnait une longueur d'avance par rapport aux autres. J'ai longtemps cru qu'elle était intéressée mais...on va dire que l'amour que je lui porte est plus fort que la potentielle utilité que j'ai pour elle. »

J'évite volontairement de parler du genre de Shigure, j'en ai déjà suffisamment dit sur moi à un type qui pourrait bien se retourner contre moi si ça pouvait être dans son intérêt. Moins les autres en savent, mieux je me porte. Je résiste difficilement pourtant à me confier à ce gosse. Pourquoi ? Pourquoi me fait-il cet effet-là ? Ses yeux clairs et son empathie m'ensorcellent. S'il était Auror, je serais potentiellement dans la merde jusqu'au cou.

« Mais je n'aime pas parler de moi. Je suis parano, McDougall, c'est un point sur lequel tous sont d'accord pour me qualifier. Tout ce que je vous ai dit...vous pouvez l'utiliser contre moi. Mais moi aussi...vous...hmm...j'ai l'impression que vous cherchez désespérément quelque chose. Vous voulez tenter mais vous n'osez pas...et vous allez laisser passer toutes les occasions, encore et encore, jusqu'à ce que la sortie de la fac vous sépare. Je pense pas que ce soit le genre de type à garder contact, il oublierait très vite. Et vous n'allez pas vous accrocher à lui parce que vous pensez que vous le gêneriez, là vous avez simplement une excuse pour rester près de lui... »

Je me mords la lèvres inférieure, gêné d'un coup. Alors que je ne devrais vraiment pas. Je laisse échapper un petit rire, et termine mon café.

« Je vous prie de m'excuser, McDougall. Je n'avais pas l'intention de violer votre sanctuaire mais...je suis fatigué. Ne soyez pas triste pour moi, je vais bien. J'ai toujours vécu comme ça. Inquiétez-vous plutôt pour votre avenir...et ne laissez pas passer les occasions, pour ce type. »

Je devrais me la fermer maintenant. Je risque d'avoir des problèmes si jamais mon seul potentiel allié se retourne contre moi et va parler au directeur concernant ce qui vient de se passer. Si je me fiche bien des plaintes des autres élèves qui ont « l'impression » que je lis dans leurs pensées ou que j'abuse à les virer quand ils ne bossent pas, si un garçon brillant comme McDougall se met à m'accuser, je ne donne pas cher de mon poste. Et de ma vie au grand jour...car si je me fais virer d'ici, je risque de définitivement passer dans la clandestinité. Et je refuse de retirer à Shigure son seul plaisir, cette boutique qui lui offre un quotidien réglé comme une horloge.
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MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Lun 26 Nov - 11:13

Ce n’était même pas vraiment se dire qu’il était en quelque sorte rejeté qui le peinait, c’était plus la solitude âcre qui se dégageait du bibliothécaire qui l’attristait. Monsieur Ashikaga n’était pas très jovial, alors, l’imaginer encore plus seul que cette image qu’il donnait était vraiment triste pour Hyacinthe. Sans doute parce que même s’il n’avait pas été beaucoup entouré, il avait toujours pu compter sur la présence de son frère. L’amour faisait parti de sa vie, de son ADN, il lui était inconcevable d’imaginer qu’on vive sans lui. Tout le monde méritait d’être aimé. Même cette peste d’Electra. C’était pour dire. Alors, Hyacinthe en écoutant se sentit soulagé par les mots du japonais. Il n’était pas seul en fait. Un sourire naquit sur ses lèvres à cette nouvelle. Un fin sourire, doux, bienveillant. Il se fichait de ne pas avoir sa confiance, il n’aimait pas les gens pour recevoir quelque chose en retour, mais le savoir entouré le rassurait.

Je… Je ne le prends pas mal… Je com...com...comprends, monsieur…” souffla le blond. “Cha...Chaque individu a son fonctionnement…

Lui, il faisait peut-être trop vite confiance ? Il s’attachait trop vite, trop fort aux gens. L’exact opposé du bibliothécaire sur ce point sans doute. On le trouvait parfois trop naïf. Son frère s’en faisait du coup pour sa fragilité, il avait toujours voulu le préserver… Peut-être trop… Enfin, c’était sans doute aussi parce que son frère était la meilleure personne qui soit qu’il ne se méfiait pas, quand on est élevé par la bonté incarnée on peine à imaginer que le monde puisse être mauvais.

La suite destabilisa le serdaigle. Il ne s’attendait pas à ce qu’on lise à ce point en lui, comme dans un livre ouvert. C’était tellement proche de ses pensées. C’était étrange. Trop précis. Comme s’il pouvait lire dans ses pensées. Il fixa le bibliothécaire un peu surpris, interdit même. Comment faisait-il ça ? Etait-il de ces personnes que la communauté sorcière nomme legimens ? Il n’aurait jamais pensé croiser une personne aussi exceptionnelle. Et l’entendre parler de ses sentiments, de sa façon de voir Finn avait quelque chose d’affreusement impudique. Hyacinthe en rougit évidemment. Gêné de voir ses pensées intimes décryptées si franchement. Il détourne le regard, yeux posés sur ses doigts animés d’un mouvement nerveux.

Et même s’il était affreusement gêné d’avoir été ainsi exposé, il ne pouvait pas en tenir rigueur à l’homme. N’avait-il pas déjà vu des moments intimes de la vie d’inconnus sans le vouloir ? Pire encore que leurs pensées, leur avenir. Voir la rupture de quelqu’un. Ou un deuil. C’était tout aussi impudique. Il pouvait comprendre ses excuses. Les accepter.

Ce...Ce n’est pas grave… C’est… C’est juste étrange… Vous… Vous êtes legimens… N’est-ce pas ? C’est… C’est comme ça que vous savez ?” murmura-t-il discret. “Je…. Je sais ce que ça fait… De voir des choses… Qu’on a pas forcément demandé à voir…

Il ne parlait pas forcément de son “talent” aux autres. Il avait fini par se confesser à Finn, mais seulement parce qu’il avait trop de suspicions. Et puis ça avait abouti à une certaine impasse. Les gens n’aiment pas vraiment qu’on sache ce que l’avenir leur réserve. Surtout qu’on est souvent bien incapable d’empêcher le destin de s’accomplir. Il relève le regard vers l’homme.

Je… Je ne suis pas comme vous… Mais… Parfois… Il m’arrive de voir… Des bribes d’avenir… C’est… C’est parfois très intime pour les gens… Alors… Ne vous inquiétez pas… Je n’en dirai rien… De ce qui vient de se passer…

Il a un sourire un peu gêné. Il essuie ses doigts sur la serviette que l’homme lui a donné. Et a un sourire plus marqué avant de reprendre doucement.

J’essaierai… De ne pas laisser passer les occasions… Mer...Merci du conseil…

Le bibliothécaire se révélait bien trop gentil avec lui. C’était un tel contraste entre son image et son comportement avec lui. Hyacinthe était persuadé que Monsieur Ashikaga n’était pas une mauvaise personne...
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MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Mer 12 Déc - 21:27



Jeunesse innocente



Est-ce possible de se sentir plus mal que je le suis actuellement ? J'en doute. Je n'ai jamais vraiment eu honte de laisser vagabonder mon esprit en liberté, de violer impunément l'intimité des gens, en particulier des élèves qui me font chier dans cette université. Ca m'emmerde juste quand ça devient systématique et que ça commence à me donner la migraine, ou quand j'ai vraiment pas envie de voir des choses aussi dégueulasses qu'un mec en train de fourrer sa nana en public. Mais là...j'ai plutôt honte, je suis mal à l'aise. C'est un sentiment que peu de gens peuvent me faire ressentir, je devrais donner une médaille à ce jeune homme. Ses yeux...la surprise passée, il a compris très vite ce qu'il en était. Comment ne pas savoir, de toute façon ? Oui, je suis legilimens. A un stade particulièrement élevé, puisque je suis né avec cette malédiction sans jamais avoir appris à la contrôler correctement. Je n'ai pas besoin de baguette, je n'ai pas besoin d'incantation, ni même de regarder quelqu'un droit dans les yeux pour que son esprit s'ouvre à moi. Je suis particulièrement sensible quand je suis fatigué, ce qui est le cas aujourd'hui il me semble. Sensible aux émotions, aux bribes de souvenirs, aux sentiments.

« Vous...voyez ? »

Avant même qu'il ne m'explique, je comprends à mon tour ce que ça signifie. Ce garçon...porte lui aussi un très lourd fardeau, que pourtant je n'ai pas pu déceler les rares fois où j'ai autorisé mon esprit à s'ouvrir au sien. Il est voyant. C'est pour ça que je me sens si proche de lui, sûrement, comme j'ai pu me rapprocher autant de Shigure pour sa particularité lorsque nous étions enfants. Il s'isole parce qu'il sait, même s'il essaye de s'ouvrir aux autres. Il est peut-être un peu perturbé par ce qu'il peut voir aussi...Je soupire longuement, et croise les bras par habitude en m'appuyant contre le dossier de mon fauteuil.

« Vous ne savez pas non plus comment le contrôler ? Je veux dire...ces visions qui s'offrent à vous...il n'y a aucun moyen de les repousser, n'est-ce pas ? »

Et en même temps, serait-ce intelligent de ne pas les accepter ? Parfois, ce genre de vision peut littéralement sauver la vie d'une personne. Si on me demande mon avis, je dirais que les voyants, même s'ils doivent douiller au moins autant que moi, sont très utiles aux sorciers. Je n'en avais encore jamais rencontré en vrai avant de faire la connaissance de ce garçon. J'acquiesce simplement pour le remercier, et esquisse un faible sourire.

« Je tâcherai de ne plus violer votre sanctuaire. La fatigue n'aide pas, j'avoue...vous devez connaître ça, si vous aussi vous êtes particulier. Je ne sais pas contrôler cette malédiction, alors j'évite simplement le monde...c'est pour ça que je suis ici, que j'ai quitté mon ancien job qui m'a rendu presque fou. Les pensées des malades, qu'ils soient mourants ou shootés aux médocs, sont les pires. »

Je frissonne rien que de me remémorer cette dernière nuit qui a été le déclencheur d'une telle décision. Moi, déambulant dans les couloirs de l'hôpital, chancelant comme un zombie prêt à attaquer n'importe qui...une heure entière passée enfermé dans une salle vide à hurler pour ne plus les entendre, à éclater de rire sans savoir pourquoi, à me taper la tête contre les murs et les meubles, à m'arracher les cheveux et la peau du visage, à être rejoint par des hallucinations dignes des meilleures drogues du marché. C'était seulement mon quatrième jour d'une astreinte épuisante sur sept. Je pense que je n'aurais pu supporter les sept jours. Malgré mon amour pour ce travail et pour la médecine en général, je ne remettrai les pieds dans un hôpital sous aucun prétexte. Sauf peut-être pour Shigure, si besoin est.
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MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Mer 26 Déc - 21:42

Il hocha la tête. Oui, il voit. Il n’a jamais demandé à avoir ce don. C’est autant une bénédiction qu’un fardeau. Plus souvent un poids à dire vrai. Mais on ne choisit pas. Il ne pouvait pas décider de ne plus avoir cette oeil ouvert sur le futur. Sur l’incertain futur. Ce n’est pas tout à fait comme M. Ashikaga mais.. Il voyait entre leurs deux conditions des similitudes. Il avait l’impression que le japonais pouvait mieux le comprendre que n’importe qui.

A la suite des questions, il prit le temps de réfléchir avant de répondre. Es-ce qu’il le contrôlait ? Pas vraiment. Et tout ce qu’il avait pu lire sur ce don n’offrait aucun moyen de bloquer ces visions. Les interpréter oui. Mais personne n’avait trouvé comment les empêcher de parasiter sa vie. C’était probablement impossible ça. Alors il fit un petit non de la tête.

Pas… Pas que je sache… Elles arrivent… Et c’est tout. Je… Je n’ai jamais pu les bloquer… Rien...Rien n’y fait. C’est comme ça… J’ai… J’ai fini par m’y habituer…” avoua-t-il avec un haussement d’épaules.

Il s’était aussi habitué au rejet. Aux gens qui prennent ses mises en gardes à la légère. Aux gens qui comme Finn ne voulaient pas savoir ce que la vie leur réservaient. Aux gens qu’il n’arrivait pas à prévenir. Aux drames juste vus en avant-première. Il y avait quelque chose de très tragique dans ce don. Une impuissance à changer toutes ces visions. Il ne pouvait pas changer le futur de tous. Parfois il empêchait un accident. Mais c’était bien rare. Il eut un petit soupir, son regard s’étant baissé à ces tristes pensées.

Il releva un peu la tête quand M. Ashikaga reprit la parole. Il était touché par ses mots. Mais au fond, il n’avait rien à cacher au bibliothécaire. Il lui faisait confiance. Etrangement confiance. Il ne se connaissaient pas tant que ça. Seulement… Peut-être qu’il avait trouvé en cet homme comme une figure paternelle ? En tous cas, il ne craignait pas son don. En fait, il avait l’air plus douloureux pour M. Ashikaga que pour les autres. Hyacinthe eut un regard plein de compassion, sincèrement touché par ce qu’il évoquait.

Ne… Ne vous inquiétez pas… Je… Je… Je ne vous en voudrais pas… Si vous lisez dans ma tête par mégarde… Je… Je sais que je peux vous faire confiance, M. Ashikaga…” Il sourit doucement. “Vous… Vous étiez médicomage ?... Vous… Vous savez… C’est ce que j’aimerai faire… Plus tard…

Il trouvait cela assez amusant… Et il était aussi un peu intrigué par le parcours de vie du bibliothécaire. Sa vie semblait passionnante. Douloureuse aussi sans doute. C’était évident que les traits tirés de M. Ashikaga n’était pas arrivés suite à la plus tranquille des vies. Il avait sans doute vécu quelques drames. Hyacinthe ne voulait pas forcément savoir tout cela. Il voulait juste… Se rapprocher de cet homme solitaire. Sans doute pour le voir un peu moins seul. Pour le voir sourire un peu plus souvent. C’était bizarre cet attrait qu’il avait pour celui qui faisait fuir les étudiants… Hyacinthe avait de drôles de goûts en matière de figure paternelle de substitution…
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