Partagez | 
 

 Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall

Aller en bas 
AuteurMessage
Messages : 107
MessageSujet: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Sam 6 Oct - 10:36



Jeunesse innocente



Ce n'est pas une bonne période. C'est con, si proche de la rentrée...mais tout me tombe sur la gueule d'un seul coup, sans prévenir, et on me demande de le supporter jusqu'à ce que les choses s'arrangent d'elles-mêmes. En venant ici, j'ai signé un contrat invisible avec des forces obscures qui, si elles me laissaient un peu de liberté auparavant, se font de plus en plus oppressantes depuis quelques jours. Je ne cesse de recevoir des messages codés qui m'obligent à quitter le cocon familial, souvent en plein milieu de la nuit. Lorsque je reviens, malgré mes efforts pour ne pas faire de bruit, Shigure est réveillé et assis dans le lit à m'attendre. Cette situation l'affecte beaucoup je crois, mais je ne peux malheureusement pas m'y résoudre. J'ai une dette envers ces gens qui ont fait disparaître mon dossier d'un pays à l'autre, et qui m'ont aidé à m'installer. Ils ont même mis en relation Ollivanders et Shigure, même si mon amant l'ignore totalement. Même si sa réputation dépasse les frontières du Japon, il a bien fallu que quelqu'un l'amène jusqu'en Angleterre...de plus, le vieux n'aurait probablement pas choisi un total inconnu pour reprendre sa boutique sans une petite suggestion. Notre vie actuelle, nous la devons à ces gens. Ils m'ont prévenu qu'ils n'auraient pas besoin de moi tout de suite mais qu'il fallait que je reste à leur disposition...et aujourd'hui, je paie enfin ma dette.

Cette situation affecte Shigure, au point de lui déclencher de nouvelles crises. Me voir disparaître de temps en temps en pleine nuit lui fait peur, il craint pour ma vie et pour ma liberté. Après tout, fricoter avec des mages noirs c'est se mettre à découvert face aux Aurors. Je pourrais très bien me faire choper en les soignant, en leur filant un coup de main face aux représentants de l'ordre planqué sous un masque et une capuche. Il suffit que mon visage soit à découvert une seule fois, et c'est fini. Nous ne pourrions pas déménager si vite, je ne veux pas imposer ça à Shigure. Il se plaît ici, avec sa boutique, et il a besoin de stabilité avec sa condition. Une stabilité que je lui retire dernièrement, d'où son manque soudain d'appétit qui lui a coûté quelques kilos et ses moments de silence total où j'ai la sensation qu'il pourrait boire un poison à tout moment. Je m'en veux terriblement. Mais que puis-je faire pour changer ça? Ces types ne rigolent pas, j'ai une dette à payer et si je ne la paye pas, ils sont capables de faire de notre vie un enfer. Je ne veux pas mettre Shigure en danger, je veux le garder en-dehors de ça.

Si seulement ce n'était que le seul problème qui me tombait sur la gueule...mais au travail, tout ne se passe pas comme prévu non plus. J'ai beau être loin de la plupart des gens pour éviter les mêmes soucis qu'à l'hôpital, je continue de me faire emmerder par un bon nombre d'étudiants qui viennent seulement à la bibliothèque pour foutre le bordel. Je devrais jeter un sort sur l'entrée pour les empêcher de venir, mais...c'est interdit par le règlement de l'école. A la place, j'ai seulement eu le droit d'ensorceler tous les livres pour m'assurer qu'ils reviennent bien à leur place dans le temps imparti. Je suis minutieux, un peu trop parfois, même si mon bureau est dans un bordel constant. C'est sûrement pour compenser le fait qu'à la maison, Shigure range tout le temps derrière moi. Lui par contre aime les choses très ordonnées. C'est frustrant.

C'est donc épuisé, des valises sous les yeux et en traînant un peu la patte que je me rends à la MUL ce matin-là. Je ne sais pas trop comment je fais pour tenir le rythme, on va dire qu'il n'est pas aussi horrible que celui de l'hôpital...mais là-bas, je suis devenu fou, alors est-ce vraiment une bonne comparaison? Je m'installe à mon bureau après avoir tout ouvert, vérifié la présence de certains livres et vérifié également les noms sur la liste des livres empruntés. Certains doivent me les rendre aujourd'hui, d'autres ont encore un peu de temps...il est possible de prolonger un emprunt évidemment, mais seulement quand on me ramène le livre dans les temps pour que je renouvelle le sort. Sinon, il se déclenche tout seul au bout d'un moment. Ce qui est normal, pour éviter les abus. Je reste neutre vis-à-vis de ces histoires, même si beaucoup d'étudiants ne méritent pas de venir ici. J'en déteste la plupart, pourtant j'accepte toujours leurs emprunts et leurs prolongements. Je suis réglo s'ils le sont, c'est la loi. Et surtout, je ne veux pas de problèmes avec le directeur. J'ai déjà de la chance qu'il m'ait à la bonne pour avoir donné un peu d'autorité à cet endroit qu'on laissait presque à l'abandon avant, avec le vieux parti à la retraite.

Je suis épuisé, mais les étudiants s'en branlent j'ai l'impression. Ils sont si bruyants...si dissipés! J'essaye de lire tranquillement un traité sur l'éclabouille cérébrume dont le titre en lui-même m'exaspère. Malheureusement, le bourdonnement constant de ceux qui croient n'avoir rien à faire ici m'emmerde. Je soupire, repose mon livre en marquant soigneusement la page et pose ma tête dans mes bras comme si je voulais disparaître. J'en ai marre. La fatigue me donne presque envie de suivre Shigure et d'aller nous suicider tous les deux dans un bois, quelque part perdu en Angleterre où personne ne pourrait trouver nos cadavres. Ce sont des pensées bien sombres pour quelqu'un comme moi...ça ne me ressemble pas. Je dois au contraire être positif ou au moins neutre pour compenser, mais j'ai du mal ces derniers jours.

Je ne relève la tête qu'en entendant quelqu'un proche de moi. Quelqu'un qui vient très souvent ici, pour ne pas dire tous les jours...mais lui ne me dérange pas. Lui, je veux bien le laisser rester autant qu'il veut. Je le regarde droit dans les yeux, de jolis yeux clairs que je ne veux pas pénétrer pour en savoir plus. Je ne veux pas mettre mal à l'aise ce garçon. J'ai pas envie qu'il fuit cet endroit pour me laisser seul avec ces idiots...

"Bonjour, McDougall. Pardonnez mon moment d'absence. Vous avez besoin de quelque chose?"
© SWIRLY
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://magichappensonlyonce.forumactif.com/t186-yoshimasa-ashika
Messages : 66
Maison : Serdaigle.
MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Mer 24 Oct - 16:06

Les cours étaient prenants à la MUL, et captivants. Hyacinthe n’avait de cesse que de travailler, et son peu de temps libre, il le passait soit à aider les autres étudiants, soit à rendre visite à son frère, histoire de lui donner un coup de main avec la boutique. Il ne voulait pas complètement couper le cordon qui le reliait à son frère. Et en même temps, Nathanaël avait besoin d’avoir une vie à lui. Et lui aussi sans doute. Même s’il peinait à faire autre chose que s’épuiser au travail. Il avait tellement de mal à comprendre ce qu’il fallait faire avec les autres. Il avait sans doute pris trop de retard dans l’acquisition des codes sociaux, si bien qu’il se sentait souvent confronté à des situations qui lui paraissaient insolubles. Rien n’avait l’air simple quand il s’agissait de communiquer, de se faire des amis. Il n’était même pas sûr d’en avoir deux. Rufus peut-être. Finn… Quoique, il devait le trouver agaçant. Il ne savait vraiment pas. C’était tellement difficile de comprendre ce qui se passait dans la tête des gens. Trop difficile pour lui.

Pourtant, il y avait des gens dont il se sentait instinctivement plus proche. Peut-être parce qu’il avait la sensation qu’ils se ressemblaient ? Monsieur Ashikaga faisait parti de ces gens-là. Etonnament, il appréciait le bibliothécaire. Ce qui interrogeait souvent ses camarades de classe. Mais Monsieur Ashikaga était toujours là pour l’accompagner dans ses recherches. Il avait toujours été correct avec lui. C’était suffisant pour que Hyacinthe apprécie cet homme. Il n’était pas rare qu’il se propose pour l’aider à ranger des ouvrages, ou qu’il discutait avec lui des nouvelles acquisitions de la bibliothèque. Quelque part, il parlait plus avec cet homme qu’avec n’importe qui d’autre dans l’université. Ce qui avait peut-être créé chez Hyacinthe cette légère sensation de proximité avec Monsieur Ashikaga. Peut-être.

Hyacinthe avait déjà passé un petit moment à la bibliothèque ce matin. A dire vrai, c’était son refuge, il venait là dès qu’il n’avait pas cours. Mais alors que son propre estomac lui rappelait qu’il n’avait pas assez mangé ce matin-là, il vit l’état du bibliothécaire à son bureau qu’il avait seulement salué poliment vu qu’il avait l’air déjà bien occupé. Alors, il était sorti avec la ferme intention de remédier à sa fin, mais aussi celle de rendre la journée de l’employé un peu moins rude. Il ne savait pas bien ce qui pouvait le fatiguer à ce point. Peut-être qu’il avait des soucis de famille ? Il ne s’était jamais vraiment demandé si cet homme avait une famille. Une compagne peut-être ? Des enfants ? C’était possible. Enfin, de toutes façons, ça ne le concernait pas. Hyacinthe était d’un naturel curieux, oui, mais pas à ce niveau. Sans doute parce qu’il n’aimait pas qu’on lui pose des questions sur sa famille, alors pourquoi imposer ce malaise à quelqu’un. Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse.

Il mangea rapidement quelques cookies tout en buvant un cappucino. Il commanda un café supplémentaire et quelques pâtisseries. Une sélection. En fait, il n’avait pas la moindre idée de ce qui ferait plaisir au bibliothécaire. Alors dans le doute, il valait mieux prendre un échantillon ? C’était la solution la plus logique pour lui. Mais du coup, il se retrouvait avec une sacré sachet de pâtisseries à la main, un café de l’autre, avec quelques sachets de sucres. C’était difficile de faire plaisir sans savoir ce que la personne apprécie.

En revenant dans la bibliothèque, il prenait garde de ne pas renverser la boisson. Les étudiants le regardaient bizarrement. Parce qu’amener de la nourriture ici, c’était suicidaire. Mais il prenait le risque. Monsieur Ashikaga avait besoin que quelqu’un prenne soin de lui. Et s’il n’y avait que lui pour le faire, Hyacinthe prendrait le job, quoi qu’on puisse en dire.

Il sourit alors que le bilbiothécaire s’excusait.

Ne… Ne vous excusez pas...Non… En fait… J’ai pensé… Que vous aviez peut-être besoin d’un café… Vous...Vous avez l’air vraiment fatigué, monsieur… Alors… Je me permets de vous offrir ça… Je… Je n’étais pas sûr de vos goûts… J’ai pris un peu de tout… J’espère que vous ne m’en...voudrais pas… On est pas...pas sensé amener de la nourriture ici… Mais… Vous aviez l’air d’en avoir besoin…

Il lui tendit le grand gobelet et le sachet en papier. C’était quitte ou double. Soit son attention serait bien prise soit il se ferait envoyer sur les roses. Il tenta un sourire pour accompagner son geste mal assuré.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://magichappensonlyonce.forumactif.com/t321-hyacinthe-mcdoug
Messages : 107
MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Jeu 25 Oct - 19:36



Jeunesse innocente



J'ai du mal à comprendre où il veut en venir au départ. Ce gamin a l'air en permanence mal à l'aise, c'est dingue...est-ce que c'est moi qui le met dans cet état ? Pourtant, il se détend plutôt vite au fur et à mesure qu'on discute tous les deux, ce qui arrive relativement souvent. Si au départ je sondais involontairement ses pensées comme celles de tous les autres, maintenant j'essaye de ne pas fouiller trop loin dans sa tête. Ca m'entraîne à contrôler ma malédiction, surtout maintenant que Rui est partie de la maison. Je fronce les sourcils en sentant l'odeur du café, bien avant de voir le contenu de son petit fatras. Je suis pourtant clair avec les règles, non ? Croit-il que parce qu'il est le seul à me supporter je vais faire une exception pour lui ? Je m'apprête à l'engueuler, quand il me tend le tout. Je...etto...c'est pour moi, c'est ça ? Il a ramené ça...pour moi ? Mais pourquoi ? Est-ce qu'il attend une faveur de ma part en retour ? Est-ce qu'il va me demander quelque chose de délicat ? Qu'aurait-il à me demander ? Je ne suis pas prof, moi, je peux pas lui mettre une bonne note à un contrôle s'il me ramène un déjeuner potable ! Et puis d'ailleurs, il y a quoi là-dedans ? Sans prononcer un mot, j'ouvre du bout des doigts le sachet en papier et...mes yeux se mettent à briller d'envie. Aaaaah la malbouffe. Shigure déplore souvent mes habitudes alimentaires, mais j'ai pris ces mauvaises habitudes il y a des années en vivant seul. J'avoue même avoir fait une trêve il y a un bail maintenant avec les moldus pour leur chourer de la bouffe quand la faim se faisait ressentir.

Je lève les yeux vers le blond, qui semble d'un coup encore plus mal à l'aise. Peut-être croit-il qu'il va se faire engueuler ? Je sens le regard de quelques étudiants sur nous, et je les entends même se faire des paris à eux-mêmes sur ma réaction. Ils vont être surpris. Même si je n'aime pas faire des exceptions et que je sais que certains vont en profiter pendant un moment, je penche tout de même la tête en guise de remerciement, sans pour autant prononcer le mot magique.

« Vous savez que c'est interdit d'en amener ici, et vous décidez quand même de braver l'interdit pour...me ramener ça ? Pourquoi ? »

Je suis paranoïaque. C'est mon plus gros défaut, mais je préfère y penser comme d'une qualité spéciale. C'est ma paranoïa qui fait que je suis toujours en liberté aujourd'hui, alors au final elle m'a sauvé la mise plus d'une fois. Je prends le gobelet pour en avaler une grande rasade, le dépose dans un coin moins risqué de mon bureau et fais un peu de place au centre pour déballer les pâtisseries. Aaaaah ça fait si longtemps que j'avais pas mangé de trucs aussi sucrés ! Certes il nous arrive de cuisiner quelques douceurs avec Shigure, mais rien de bien calorique ; toujours des pâtisseries traditionnelles de notre pays, qui n'est pas le numéro un quand on parle de bouffe, sérieusement.

« Prenez une chaise et restez donc un peu par ici, McDougall. Et si j'en entends un se plaindre, je le fous à la porte ! »

Je fais venir une chaise d'un coup de baguette, lance un regard noir à un étudiant un peu trop proche à mon goût, et reporte mon attention sur les pâtisseries. Bordel, il y en a beaucoup ! Je n'en connais pas la moitié en plus, je ne sais pas du tout d'où elles viennent. Mais comme manger seul est triste, je préfère quand même partager avec lui. Même si...ok, je déplore de manger dans cette bibliothèque. Malheureusement, je ne la ferme que dans deux heures, et je doute qu'il revienne me voir après ses cours. Humpf...je suis si seul ici que je commence à m'attacher à la seule personne que je vois au quotidien. C'est pas bon ça, Yoshi, pas bon du tout.

« Ne touchez pas aux livres et autres trucs que vous voyez sur ce bureau, et n'allez pas vous balader dans la bibliothèque sans vous laver les mains si vous mangez aussi. Mais...je pense que vous vous en doutiez, c'est du bon sens, ne ? »

J'attends que les autres retournent à leurs occupations, vérifiant au passage qu'ils ne nous espionnent pas, et me jette littéralement sur la nourriture. Depuis combien de temps j'ai pas mangé, moi ? J'ai rien pris de la journée, c'est sûr. Et j'étais dehors presque toute la nuit. Et hier soir, Shigure a cuisiné léger parce qu'il n'avait pas faim et moi non plus pour l'accompagner...ouais, j'ai l'estomac totalement vide qui commence à se digérer lui-même.

« Vous n'étiez pas obligé de faire ça vous savez, McDougall. Surtout que ces petits cons vont vous voir comme un lèche-cul, si c'est pas déjà le cas. »

Après tout, c'est le seul que je peux supporter dans cette fac...du moins du côté des élèves. Le seul, avec Rui qui doit aussi en baver parfois. Je sais que j'ai une réputation dégueulasse, mais j'en suis heureux. Je fais peur à certains, d'autres me détestent juste et c'est tant mieux. Surtout ces derniers temps, à cause de la fatigue, je ressemble vraiment à un zombie avec mes cernes de 5kg, mes joues creuses et mon teint cireux, ajouté à cela des cheveux longs qui retombent tristement sur mon visage. Un peu comme ces fantômes qui se baladent dans certains endroits, mais en version physique. Même moi, je me fais peur. Comment Shigure peut-il encore vivre à mes côtés, je me le demande !

« Ca va, vous ? Les cours, les amis, tout ça...j'ai cru comprendre que vous vous étiez un peu rapproché d'un type chelou la dernière fois. Vous savez, celui qui fout toujours le bordel dans mes étagères... »

Les noms, j'en ai rien à foutre. Je les retiens facilement pourtant, mais je n'ai pas assez de respect pour ces gens pour les nommer directement. Il n'y en a que trois ici que j'appelle par leurs noms : Rui évidemment, McDougall, et...Beaumarchais. Rien que de penser à ce petit con, je sens mes poings se crisper un instant avant de se détendre. Inutile de m'énerver, je crois que ça le brusque un peu parfois. Je me demande vraiment pourquoi il reste proche de moi alors qu'il voit très bien comment je traite les autres étudiants...
© SWIRLY
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://magichappensonlyonce.forumactif.com/t186-yoshimasa-ashika
Messages : 66
Maison : Serdaigle.
MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   Jeu 15 Nov - 22:59

Braver les interdits, ce n’était vraiment pas son genre. Sa scolarité à Poudlard pouvait le prouver. Jamais une heure de colle, jamais un blâme. Un élève transparent, presque trop respectueux de tout. Trop timoré. Et là, il se permettait de risquer d’être chassé de son petit paradis. Parce qu’il… Parce qu’il ne voulait pas que monsieur Ashikaga dépérisse. Il ne voulait pas que cet homme qu’il estimait passe une mauvaise journée. C’était excessif ce qu’il faisait ? Aucun élève sain d’esprit n’aurait fait ça, non ? Il regretait un peu. Un frisson passa son échine en croisant le regard du bibliothécaire. Est-ce que le risque en valait la peine ? Il se demanda l’espace d’une seconde. Prendre des risques pour un autre. C’était tout lui. Pas capable de prendre le moindre risque pour lui-même mais pour un autre alors là… Quel idiot il faisait.

Je… Je sais… Mais… Mais...Mais votre matinée avait l’air… Vraiment rude.” bafouilla-t-il gêné. “Et… Et je crois pas que quelqu’un d’autre aurait fait ça pour vous ici…

En fait, les élèves avaient plutôt tendance à détester le bibliothécaire, ou à en avoir peur. Enfin dans tous les cas, il ne se souciait clairement pas de son bien-être. Hyacinthe, lui, il n’aimait pas le voir de mauvaise humeur. Par empathie. On apprécie rarement de voir quelqu’un qu’on aime bien en triste état. Surtout quelqu’un qui semble vous estimer un peu en retour. Enfin jusque là, il avait eu cette impression. Que le bibliothécaire l’aimait bien. Au moins un peu. Ou le détestait moins que les autres du moins.

Il se mordille la lèvre un peu soucieux. Pas de ce que les autres vont penser. Non, les autres il s’en fiche. Ils ne l’ont jamais apprécié. Mais Monsieur Ashikaga, si. Il l’espère. Il ne peut s’empêcher de hausser un sourcil quand il lui demande de rester. Ce n’était pas ce à quoi il s’attendait. Mais un sourire naît sur ses lèvres. Rester avec lui ? Mais… Mais il a déjà mangé. Seulement, le ton du bibliothécaire n’invite pas forcément à la négociation.

Je n’y comptais pas… Ne vous inquiétez pas… En fait… J’ai… J’ai déjà mangé moi… Je me permettrai pas… D’enfreindre les règles… Alors que je peux manger dehors… C’est… C’est juste pour vous…” dit-il de sa voix hésitante.

Il sourit un peu plus en voyant l’appétit de l’homme. Son instinct ne le trompe pas sur l’appétit des gens. Peut-être parce qu’il regardait beaucoup les clients qui entraient dans la boutique de son frère quand il l’aidait pendant ses vacances. A défaut d’arriver à parler facilement aux clients il avait un don sans pareil pour prévoir leurs commandes. Son sourire s’affadit un peu à la remarque sur les autres et leurs idées. Il préférait éviter de penser à l’image qu’ils avaient de lui. Il haussa un peu les épaules, secouant doucement la tête.

Je m’en… Je m’en fiche… De toutes façons… Ils m’ont jamais vraiment aimé…” avoua-t-il en baissant la tête.

Il finit par tendre la main vers la sélection de pâtisserie et prit la moins copieuse. Il n’avait plus très faim, mais cela aurait été impoli de juste le regarder manger. Enfin selon les traditions McDougall c’était le cas.

Par contre, c’était vraiment étrange d’entendre un adulte lui parler de sa vie. De lui demander comment se passait sa propre vie. Ses amis… C’était bizarre. Il n’était pas certain d’en avoir vraiment. Il n’était jamais sûr. Jamais complètement. Il était si oubliable, si optionnel dans la vie des autres.

Je crois… Que oui ?

Et… Il comprit de qui Monsieur Ashikaga voulait parler. Finn. Oh. Finn… Le rouge qui monte de ses joues à ses oreilles.

Finn Parker… Il… Il est gentil vous savez… Un peu… Bruyant… Et maladroit… Mais… Il fait des efforts… Pour respecter les règles de la bibliothèque vous savez…

Prendre sa défense. Il n’avait rien de mieux à faire, hein ? Il ne pouvait s’empêcher de voir son sourire. Finn… Il n’arrivait pas à se le sortir de la tête. C’était… Ridicule. Il avait cru que ça s’arrêterait en arrêtant de le prévenir de ses visions. Mais non. C’était presque pire. Surtout depuis que Finn lui parlait.

Mais… Je vous promets… Je ferai attention s’il revient avec moi…

Il se mordilla la lèvre. S’ils revenaient ici ensemble. Il n’avait pas forcément envie de venir ici quand il avait la chance d’attirer l’attention du Gryffondor. Il secoua un peu la tête.

Et… Et vous ? Les… Les amis ?

Cette question lui semblait assez bizarre après coup. Il ne voyait pas le bibliothécaire entouré d’amis… Ni de grand monde en fait. Il l’imaginait peut-être avec un ou deux fléreurs.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://magichappensonlyonce.forumactif.com/t321-hyacinthe-mcdoug
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall   

Revenir en haut Aller en bas
 
Jeunesse innocente ft. Hyacinthe McDougall
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Jeunesse haitienne: Quel espoir??? Quel avenir???
» Michaëlle Jean et le rêve de la jeunesse haitienne
» Le Ministère haïtien à la jeunesse et aux sports condamne l'affront des autorité
» Hyacinthe le berger...
» A la jeunesse de mon pays

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Magic Happens Only Once ::  :: Les nombreux bâtiments :: La bibliothèque-
Sauter vers: