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 Une habitude qui tourne mal [Silène]

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MessageSujet: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Mer 1 Aoû - 0:24

Une habitude qui tourne mal

Les chambres de la MUL étaient loin d’être désertes et silencieuses en cette nuit de pleine lune et il fallait dire qu’il était délicat pour une panthère de se déplacer alors que les torches de la plupart des couloirs étaient encore enflammées. Pourtant, ce n’était pas la première fois qu’il faisait un détour après avoir traversé le bâtiment abandonné, il faisait toujours attention à ne pas se faire voir, longeant les murs et l’ombre des buissons à l’extérieur pour ne pas se faire repérer car après tout, une panthère dans une école, qu’elle soit magique ou non, n’était jamais rassurant.

Alors qu’il montait un escalier mal éclairé, la panthère s’empêcha de siffler alors que la plaie sur son dos s’ouvrait encore un peu plus. Il hâta le pas, sautant quelques marches pour gravir encore plus vite les marches, quitte à se faire encore mal. Mais il ne devait pas rester longtemps blessé, sinon quoi il ne pourrait plus rester en tant que panthère trop longtemps.

Au fond, le problème n’était pas de se transformer en humain à cette heure-ci, mais c’était surtout que même en tant qu’Auror ou ancien étudiant, il n’avait aucun droit d’être dans la MUL. S’il se faisait avoir, il ne pourra pas mentir sur la raison de sa présence, le bureau des Auror n’ayant eu aucun accès à la MUL pour une quelconque surveillance. Alors s’il pouvait éviter de se blesser davantage et de perdre momentanément sa capacité à se transformer, il était préférable qu’il se presse.

Son fin odorat le guida rapidement vers la chambre de Silène, cet étudiant qu’il avait rencontré lors de sa première année lors d’une soirée et qui avait fini par intégrer leur petit groupe d’ami. Il avait beau ne pas être dans la même formation d’Auror qu’eux, il avait fini par s’entendre avec tout le monde malgré le fait qu’Aaron et les autres finissaient par partir de la MUL avant Silène. Ce dernier était tous ce qu’il y avait d’attachant au premier abord, souriant au possible et à l’écoute de tous ceux qu’il pouvait croiser. Un peu comme Aaron finalement et ce dernier avait très vite compris que ce besoin d’aider les autres cachait un bien autre secret mais n’avait jamais posé de questions indiscrète à ce sujet. L’éloignement suite à son départ de la MUL n’avait jamais vraiment permis d’approfondir cette amitié des plus simples mais Aaron gardait toujours du temps pour passer le voir.

Pas seulement pour se faire soigner une fois par mois, mais aussi pour savoir si ses sourires ne s’étaient pas trop terni avec le temps. Aaron se préoccupait de lui car après tout, Silène n’avait que deux ans de moins que lui et était, le temps d’une année, le plus petit de la bande.

Arrivant au bon étage très rapidement mais dans un état qui laissait tout de même à désirer, la panthère se colla contre le mur et traça son chemin jusqu’à la bonne porte de l’étudiant. Même si Silène avait l’habitude de ne jamais être seul en journée, il savait qu’à une certaine heure passée dans la nuit, il le serait. A vrai dire, à chaque fois qu’il passait à la MUL, c’était à des heures très tardives, ou trop tôt et il n’avait jamais surprit le jeune homme en charmante compagnie. Aaron ne lui posait jamais trop de questions personnelles, laissant souvent Silène lui parler de son plein gré.

Il se retrouva très rapidement devant la porte fermée et respira nerveusement en se redressant sur ses pattes arrière, sa queue balayant la première goutte de sang tombant au sol. Il n’était pas encore sérieusement blessé mais il se vidait tout de même de son énergie. A chaque fois qu’il venait, la hantise de se faire découvrir par son propre ami le déroutait, le poids du mensonge par omission alourdissait ses épaules. Il se sentait redevable de l’avoir à ses côtés pour le soigner sous sa forme animale mais dans l’autre, il se sentait coupable de ne jamais lui avoir dit sous sa forme humaine qu’il s’agissait de lui.

D’un coup de patte, il ouvrit la porte et se faufila à l’intérieur de la chambre, ses sens en alerte. Allait-il le réveiller comme bien souvent ou le déranger ? Et surtout, allait-il pouvoir le soigner?





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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Mer 1 Aoû - 14:06

Dormir, c’est chouette. Mais Silène devait avouer que depuis quelques jours, son esprit n’avait de cesse de se réveiller au moment où il devait passer en mode veille. Des questions sans réponses. Des pensées négatives. Le souvenir de son père. L’absence. C’était difficile pour lui de trouver le sommeil. Pas avant des heures tardives. Très tardives. Ce qui expliquait les cernes un peu trop marqués sous ses yeux. Les pleurs s’étaient calmés. Il n’avait pas voulu regarder l’heure pour ne pas se déprimer. Il s’était recroquevillé dans son lit et avait fermé les yeux. S’apaisant enfin. Morphée l’accueillant dans ses bras rassurant. Pas pour longtemps. Le sommeil encore léger de Silène fut interrompu par le bruit de sa porte s’ouvrant.

Il se redressa dans un bond, s’asseyant dans son lit, attrapant dans un même réflexe sa baguette. Le “Lumos” ne tarda pas à passer ses lèvres. Son regard endormi fut d’abord ébloui. Puis, il discerna la panthère devant son lit. Heureusement que ses colocataires avaient le sommeil lourd et n’avait pas entendu son intrusion. Silène se lève un peu précipitamment. Il a cru voir des blessures. Mais ses yeux ne sont pas très aptes, un peu gonflés d’avoir trop pleuré ce soir.

Qu’est-ce que tu as encore fait, chéri ?” demande-t-il un peu inquiet.

Il s’approche de la panthère, il la caresse doucement. Il grimace en voyant ses blessures. Elle avait l’air plus amochée que d’habitude.

On avait pas dit que tu devais faire plus attention ? Comment je vais te soigner ça ?

Ces quelques neurones sont bien éveillés à la vue des blessures. Il sait bien que ce n’est pas vraiment un animal. C’est sans doute un étudiant animagus qui lui fait quelques blagues. Il aurait pu le dénoncer dès le début mais… Il devait avouer qu’il nourrissait pour l’animal une grande affection. Qui que ce soit en réalité. Il se relève allumant la lumière de sa chambre par la même occasion, histoire d’y voir plus clair. Il va vers sa petite commode, fouinant pour y trouver ce qu’il lui faut. Essence de Dictame. Heureusement qu’il avait refait ses stocks.

Il faut vraiment que tu te calmes sur les bagarres… Un jour, je vais pas arriver à te soigner assez vite, et je saurai qui est mon admirateur secret et je suis sûr que tu n’en as pas envie…” souffle-t-il en revenant s’asseoir à côté de lui.

Il fait tomber quelques gouttes d’essence de dictame sur la plus grosse plaie. Elle ne tarde pas à se résorber. La magie l’étonnera toujours quand il s’agit de soigner. C’est vraiment fabuleux. Il attrape sa baguette, lançant avec habileté quelques epiksey pour les plaies plus superficielles. Il aurait peut-être eu sa place parmi les étudiants de médecine magique finalement. Puis il caresse la tête de l’animal. Tendrement.

Te voilà remis sur pied je crois… A moins que tu m’aies caché quelque chose…” finit-il par dire doucement.

Il dépose un baiser sur la tête de l’animal, le serrant doucement dans ses bras.

Tu veux pas rester avec moi…” murmure-t-il comme une supplique. “J’ai pas le moral en ce moment…
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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Jeu 2 Aoû - 14:35

Les pupilles de la panthère se plissèrent au moment où Silène sorti sa baguette magique pour éclairer sa chambre et Aaron remarqua que le visage du jeune homme était marqué par la fatigue. Il lui semblait pourtant que la rentrée ne rimait pas avec des examens à la MUL et il se demanda si tout allait bien. Il avait toujours connu Silène comme le garçon qui prenait soin des autres, oubliant parfois sa propre personne au passage. Si jusque-là Aaron n’avait jamais eu l’occasion d’apprendre à connaître Silène au-delà des soirées qu’ils avaient pu passer ensemble en compagnie des autres Auror, il s’était rendu compte qu’il se livrait bien plus facilement à quelques confidences quand il était sous sa forme animale. Il faisait un piètre ami lorsqu’il n’était pas couvert de sa fourrure et cette constatation l’attrista légèrement.

Silène lui parla comme s’il s’agissait d’un enfant et la panthère se laissa faire comme à son habitude. Le jeune homme faisait ses études de vétomagie et brillait dans son domaine, il était bien plus mieux placé qu’Aaron pour prendre soin d’un animal. Silène n’avait jamais bronché pour le soigner, ses blessures auraient pu être superficielles si elles n’avaient pas été faites durant les nuits qu’il passait avec ce loup garou et Aaron était encore surpris que Silène ne se pose pas plus de questions sur tous cela. Il n’était pas bête, il savait que la panthère n’avait rien d’un vrai animal moldu comme on pourrait en voir en savane ou dans la forêt tropicale.  

Alors qu’il le soignait, la panthère en profita pour observer les gestes de Silène à son égard. Il avait toujours été doux et patient, même s’il était en proie à des démons intérieurs, il ne montrait jamais une once de tel sentiment en dehors de ses nuits où il lui rendait visite. Aaron ne faisait pas que passer pour se faire soigner, il passait du temps avec lui pour rattraper celui qu’il ne pouvait pas avoir en étant lui-même.


Comme pour lui prouver que sa blessure au dos était la seule et qu’elle se soignait parfaitement bien, la panthère émit rapidement un son semblable au ronronnement d’un chat. Mais autant dire qu’avec un cou bien plus large, le ronronnement était bien plus fort et qu’il aurait pu facilement alerter quelqu’un qui passerait dans le couloir. Il s’arrêta bien vite, virant ses yeux noirs dans ceux de Silène dont les épaules semblèrent s’affaisser soudainement.

Si Silène était très tactile avec l’animal, il fallait dire que la panthère se laissait aussi faire. Aaron sentait qu’il était une source de réconfort pour le jeune homme et préférait savoir que d’une façon ou d’une autre, il pouvait lui faire du bien. Mais Silène le surprit soudainement lorsqu’il le prit doucement dans ses bras, la voix cassée par la demande qu’il lui faisait.

La panthère cessa de ronronner et eut quelque peu le souffle couper par la demande. Il était rare que Silène exprime autant un besoin de compagnie, généralement, toutes les personnes qu’il rencontrait sur son chemin finissaient par s’attacher à lui et restaient avec lui le plus longtemps possible pour profiter de sa bienveillance légendaire. Le fait que Silène lui demande aussi explicitement de rester avec lui lui confirma que le jeune homme était peut-être bien plus mal en point qu’il ne le pensait.

La panthère posa alors sa grosse pate avant sur le dos du jeune homme, rentrant au maximum ses griffes pour ne pas le blesser. L’animal semblait alors moins sauvage qu’à son arrivée dans la chambre, se permettant des réflexes bien plus humains qu’il ne le faudrait. Aaron s’inquiétait pour Silène, se demandant si tout se passait bien à la MUL ou si quelque chose n’allait pas en dehors de ses murs. Car même si le jeune Auror n’était plus dans l’école, il ne pouvait pas laisser un de ses amis dans une mauvaise situation. Espérant ainsi que le jeune homme lui parle, la panthère recommença à ronronner, tentant de mettre le jeune homme dans une confiance totale.

Sans même se douter que ses yeux perdaient peu à peu cette lueur animale pour progressivement devenir plus humain, plus Aaron malgré lui. Car si la force d’Aaron en tant qu’animagus résidait dans le fait qu’il pouvait passer des heures à se glisser dans la peau de cette panthère, sa faiblesse était qu’au moindre afflux de sentiments douloureux ou magnifiques, sa capacité à se transformer en animal perdait en intensité.

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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Jeu 2 Aoû - 20:02

Ses doigts parcouraient l’animal avec une telle tendresse. Cet animal avait une place particulière dans sa vie. C’était probablement idiot. Il savait que cette panthère n’était pas une panthère. Un humain se moquait sûrement de lui en dessous de cette fourrure, de ce corps d’emprunt. Il n’arrivait pas à se raisonner pour autant. S’il continuait de venir, cet animagus, c’était probablement qu’il l’aimait un peu ? Qu’il lui faisait confiance ? Qu’il l’appréciait ? Il l’espérait.

La tête enfouie dans le pelage ténébreux, il avait formulé sa requête presque sans le vouloir. Le coeur trop lourd. Il n’aimait pas les mots qui avaient passé le seuil de sa bouche. Cet aveux de faiblesse. Cet appel à l’aide. Il ne montrait jamais cela. Pourquoi se confiait-il maintenant ? Pourquoi s’accrochait-il à un inconnu ? Et si cet animagus répandait une rumeur sur lui ? S’il profitait de cet état de faiblesse ? S’il l’abandonnait malgré sa demande ? S’il ne revenait plus jamais le voir ? Sa main se crispa un peu dans le pelage en entendant son souffle coupé, ce changement dans sa respiration. Allait-il partir ?

Non. Il resta conte lui. Sa patte le serrant contre lui ? Cet animal avait définitivement un comportement bien trop humain. Et au fond, peut-être qu’il avait plus besoin de l’humain derrière ces câlins que de l’animal rassurant. De savoir enfin qui il était. De ne plus attendre ses visites sans savoir qui il était vraiment. Que le masque de la métamorphose finisse par tomber. Qu’il sache enfin s’il peut imaginer que cet être l’aime plus que pour ses simples talents de soigneur.

Je vais prendre ça pour un oui…” murmura-t-il en restant collé à l’animal.

Le poids de la panthère pesait un peu sur lui. Mais il n’aurait quitté cette étreinte pour rien au monde. Ce poids sur lui montrait tellement la présence de cet être à ses côtés. Il l’enserrait comme un noyé s’accrocherait à une boué. Il ne voulait pas qu’il parte.

Désolé… Tu as sûrement mieux à faire… Que… Que de consoler celui qui te sert juste de soigneur une fois par mois…

Il frotte son visage dans les poils. Pour dispercer ses larmes sans doute.

Désolé c’est… C’est juste… Aujourd’hui… C’était l’anniversaire de mon père et… Je voulais lui envoyer un cadeau, une lettre… Demander une autorisation pour rentrer à Paris… Seulement… Je devrai me souvenir qu’on offre pas de cadeau aux morts… Je… J’arrive pas… J’arrive pas à vivre sans lui… C’était lui et moi… Contre le reste du monde… C’était le meilleur papa du monde…

Il ne sait pas pourquoi il dit tout ça. Peut-être simplement parce qu’il en a besoin. Il se recule un peu. Pour essuyer ses joues. Il croise le regard de l’animal. Il fronce les sourcils. Ils semblent plus humains…

Tu… Tu… Tes yeux… Tu changes…

Il ne sait pas pourquoi il le prévient.

Je… Je dirai pas… Qui tu es…
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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Ven 3 Aoû - 0:10

Aaron aurait pu laisser sa gueule béante alors qu’il se rendait compte que les épaules de Silène portaient un passé bien plus lourd qu’il ne le pensait. Il l’avait toujours vu souriant et si attentionné envers les autres qu’il n’avait jamais saisi la réelle importance que le jeune homme avait en s’évertuant à prendre soin des autres à sa place.

Loin d’être stoïque face à la détresse du jeune homme, la panthère l’écouta parler et sa gorge se serra irrémédiablement à force des mots et des larmes qui coulaient. Pourquoi n’avait-il jamais parlé de tous cela avant ? Aaron ne posait peut-être pas les bonnes questions ? N’était-il pas prévenant ? Ne lui avait-il jamais dit de le contacter aux moindres soucis lorsqu’il quittait la MUL ? Il avait ce sentiment d’avoir abandonné Silène entre ses murs parce qu’il savait que le jeune homme était brillant et qu’il aurait toujours la tête haute, quoi qu’il arrive.

Au fur et à mesure qu’il parlait, Aaron se sentait de moins en moins bien, presque nauséeux. Il ne faisait pas un bon ami et cette constatation lui laissa un gout amer en bouche. Silène n’avait pas eu une enfance heureuse, il savait que son père était décédé mais il ignorait à quel point il avait pu être proche de lui car contrairement à la plupart de ses amis, Silène avait connu l’amour et le soutien de son père.

Alors que le jeune homme reculait soudainement, Aaron l’entendu murmurer avec une certaine stupeur que ses yeux changeaient. Mais il n’avait pas besoin de l’entendre dire cela qu’il savait que sa nature humaine reprenait le dessus sur l’animal. Mais la peur qu’il lise dans les yeux de son ami le surprit encore plus. Pourquoi devrait-il le cacher alors qu’il le soignait de son plein gré depuis des mois ? La claque fut alors monumentale pour Aaron qui ne put encaisser le coup : il ne venait qu’une fois par mois, prenant juste de temps en temps des nouvelles par hibou et à des soirées où ils se croisent avec des amis mais jamais seul. Jamais seul comme ils le faisaient une fois par mois et par l’intermédiaire d’une panthère.

Il souffla alors bruyamment, contrastant largement avec les ronronnements que Silène entendait jusque-là. Il était loin d’être idiot, il savait que la panthère était humaine. Mais le pardonnerait-il de savoir qu’il s’agissait d’une personne qu’il connaissait et qu’il avait côtoyée ? Ce fut donc avec de longs gestes que la panthère se redressa sur ses pattes, surplombant le jeune homme par une longueur qui pouvait impressionner car après tout, il était rare de le voir dans une telle position. Les poils noirs se rétractèrent tous pour laisser la peau halée d’Aaron ressortir derrière des habits bien communs.

Et avant même que Silène ne puisse ouvrir la bouche, Aaron tenta de lui parler. L’Auror n’était clairement pas très à l’aise, même s’il avait choisi de se faire voir des yeux de Silène pour la première fois et qu’il était donc présent à ses côtés pour la première fois en tant qu’Aaron, mais il laissa passer toute la sincérité qu’il éprouvait à cet instant.

« Je sais que rien ne peut excuser ma présence avec toi depuis quelques mois. C’est moi qui suis désolé. De ne pas avoir été là pour t’écouter avant ce soir. »

Les amitiés étaient un lien très important pour Aaron, un lien plus que familiale pour certains de ses amis. Il savait qu’on ne pouvait bafouer la confiance d’une telle relation et il savait qu’il avait fait un faux pas en ne délivrant pas sa réelle identité lors de sa première visite ici.

Aaron plissa les sourcils, se rendant compte à quel point le mal être de Silène l’affectait et que la distance qu’il venait de mettre physiquement entre eux devait contraster avec la proximité qu’il avait avec la panthère. Il osait espérer que le jeune homme savait que même s’il était resté sous sa forme animagus tous ce temps, cette affection qu’il avait pour lui était la même.
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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Ven 3 Aoû - 12:25

La transformation d’un animagus, il l’avait étudié en cours, mais en réalité, il n’en avait encore jamais vu. C’était impressionnant. Rien que la stature de la panthère qui s’était redressé dans une position on ne peut plus humaine. C’était vraiment déstabilisant Et sans doute que s’il n’avait pas été aussi démoralisé, il aurait été ébloui par ce prodige. Là, sa fascination ne compensait pas complètement son état d’esprit somme toute très négatif.

Mais son regard passa de la fascination à la surprise. Aaron ? Il était face à Aaron ? Il se releva, un peu brusquement. Il se sentait trahi. Il avait fait confiance en la panthère, en pensant que c’était un illustre inconnu. Un autre étudiant qui avait le béguin pour lui peut-être. Et… C’était Aaron ? Il se sentait dupé. Pourquoi son ami ne s’était-il pas dévoilé ? Avait-il honte de venir le voir ? Pourquoi ? Et toutes ces choses qu’il avait dit… La colère s’ajouta à la surprise. Comment avait-il pu lui faire ça ? Silène ne trouvait même pas les mots pour exprimer la trahison, la colère. Ses mains attrapère son coussin qui atterrit dans la gueule d’Aaron. Suivi de sa couette et à peu près tout ce qui lui passait sous la main.

Comment t’as pu… Comment t’as pu me faire ça ?!” s’énerve le français.

Il avait envie de le frapper. Il s’était rapproché et l’avait saisi par le col. Mais frapper son ami, il ne pouvait pas, même après le sale coup qu’il lui avait fait. Il serra le tissu de son haut entre ses mains. Il devait être ridicule, tellement plus fin que son ami. S’ils en venaient aux mains, nul doute qu’il était perdant de part sa génétique. Son regard fusillait l’auror. Comment avait-il pu lui mentir comme ça ? Profiter de lui ? Profiter de sa crédulité ?

Pourquoi t’as fait ça ?! C’est ton truc d’espionner les gens ? De leur faire croire que t’es quelqu’un d’autre ? Pourquoi ? T’as pas les couilles de venir me voir sous cette forme là ? T’as peur de quoi ? Qu’on te voit encore avec moi ? C’est quoi le problème, Aaron ? C’est quoi qui tourne pas rond avec toi ?”  

Il lâche son col, et le repousse, remettant de la distance entre eux. Il se sent tellement con. A s’être fait avoir comme ça. A s’être imaginé tout un tas de truc sur la panthère. A avoir cru que c’était peut-être quelqu’un de spécial pour lui. Putain, qu’il était con à croire encore au prince charmant à son âge.

Tu t’excuses de pas avoir été là ? Franchement, tu devrais plutôt t’excuser d’avoir été là ! Putain ! Je suis vraiment trop con de m’être fait avoir !

L’état de colère dans lequel était Silène contrastait énormément avec sa bonne humeur quasi-permanente. Mais Aaron l’avait blessé, trahi. Il avait bafoué la confiance qu’il faisait à un ami. Il avait entendu des choses dont il n’aurait pas parlé à un ami. Il avait cru tellement de choses, et tout venait de s’écrouler.
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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Ven 3 Aoû - 23:20

Si Aaron avait toujours connu Silène comme un garçon attentionné, souriant et pouvant transmettre une bonne humeur digne de sa personnalité, le changement d’attitude à son égard fut totalement à l’opposé de tous ce qu’il savait de lui. Mais en même temps, pouvait-il lui en vouloir alors qu’Aaron était resté près de lui sans jamais lui révéler son identité. Des insultes, un langage physique tout aussi agressif, Silène n’était plus le même.

Aussi soudainement, ce dernier le prit par le col de sa chemise, les yeux révulsés par la colère d’avoir été trahit. Il aurait certainement préféré qu’il s’agisse d’un inconnu, vu les confidences qu’il lui avait faite quand il était sous sa forme animale. Silène avait tous les droits d’être blessés, Aaron avait trop vite abandonné l’idée de lui avouer qui il était. Les questions qu’il lui posait était tout à fait légitime, mais l’Auror ne semblait pas d’attaque à lui répondre sur le même ton. Silène était en colère et à vrai dire, Aaron ne l’avait jamais vu dans un tel état et s’en voulu encore plus.

« J’ai voulu te le dire mais … »

Non, un « mais » n’arrangerait rien du désastre qu’il venait de faire. Il avait fauté et était allé dans un excès total en bafouant une amitié qui lui tenait à cœur. Pourquoi n’avait-il rien dit ? Il se souvenait encore de la première fois qu’il avait mis les pieds ici, Silène était encore debout et la panthère avait pris soin de ne pas le brusquer, de ne pas lui faire peur en lui faisant sentir son propre sang étalé sur ses poils. Mais il devait se faire soigner, il avait fait le choix d’aider un autre ami lycanthrope quitte à risquer sa propre peau et la seule façon de pouvoir le faire était d’être sous sa forme animagus, pour que n’importe quelle morsure ne s’aggrave pas quand il se transformerait en humain. Lorsqu’il était venu chez Silène, il avait voulu redevenir sous sa forme humaine mais il avait vu cette lueur dans son regard, lueur qu’il n’avait que trop rarement vu lorsqu’ils trainaient ensemble. C’était différent et il avait simplement voulu prolonger le sourire qu’avait son ami sur les lèvres.

« J’avais l’impression de te faire bien plus de bien sous cette forme. »


Il respira presque bruyamment, se rendant compte qu’il était courbaturé à force de gambader et courir derrière un loup. Sa transformation excessive l’avait fatigué mais la fureur de son ami l’avait réveillé malgré tout. Pourtant Silène avait mis une distance physique, comme pour se protéger davantage de la présence d’Aaron. Ce dernier n’avait pas tort dans cette situation, il était loin de lui apporter un réconfort sous cette forme-là.

« Ne pense pas t’être fait avoir, c’est moi qui ait été con d’accord ? Ce n’était pas mon but de te faire du mal, je ne pensais pas bien faire non plus malheureusement, j'ai dérapé. Je voulais te le dire dès le début et je m'en excuse, j'ai pas eu le courage d'affronter le fait que je faisais un piètre ami. Tu fais bien plus confiance à un animal qu’à un ami et je ne peux pas t’en vouloir. »

Aaron fronça soudainement les sourcils, se rendant compte qu’une question trahissait la propre confiance que Silène avait en lui.

« Pourquoi est-ce que tu vas penser que je n’ai pas envie qu’on nous voit encore ensemble ?» demanda-t-il promptement
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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Ven 10 Aoû - 22:57

Silène ne pouvait pas comprendre. Il n’aurait jamais trompé un ami comme ça. Il n’aurait jamais osé profiter de sa crédulité. C’était incroyablement con de faire ça. De faire durer cette mascarade. Il avait cru quoi ? Que le mensonge tiendrait indéfiniement ? Que ça ne finirait pas par lui péter à la gueule ? Etait-il assez con pour croire ça ? Silène secoue la tête, comme pour repousser ses explications. L’impression de lui faire du bien sous cette forme ? C’était le summum ! Les poings de Silène se serrèrent.

Pourquoi tu crois que ça me faisait du bien, bon sang ? Parce que c’était pas toi ! Parce que je croyais qu’il y avait quelqu’un qui… Quelqu’un qui m’aimait, putain ! T’as jamais réalisé que t’allais me faire du mal au final ? T’es incroyablement con, Aaron !

Il avait envie de chialer. La déception se mêlait à la colère. Ce qui était franchement pas un cocktail agréable. Et voilà qu’il la jouait mélo. Je ne voulais pas te blesser et gnagnagna. Ils disent tous ça. Aaron avait de la chance, il ne restait pas grand chose à piétiner dans son équilibre émotionnel et sentimental.

C’est clair que ton comportement me donne vachement envie de faire plus confiance aux gens comme toi… Tu vois, l’avantage avec les animaux, c’est qu’ils ne mentent pas, eux !

Et voilà qu’il posait la question qui finit par faire craquer les barrages aux coins de ses yeux. Il avait gardé le souvenir de cette foutue soirée avec Aaron. Et il se rendait surtout compte que l’animagus avait tout oublié. Qu’il ne se rendait compte de rien. Pas la moitié du mal qu’il venait de lui faire, qu’il lui avait fait. Il essuie rageusement ses larmes. Par Merlin, il déteste qu’on le voit dans une telle situation de faiblesse. Dans un tel lâcher-prise sur ses propres émotions.

Tu te souviens de rien, hein ? De cette soirée où je t’ai dragué ? Je sais pas c’qui est le pire, que tu t’en souviennes pas ou que tu me demandes du coup pourquoi j’ai l’impression que tu veux pas qu’on soit vus juste tous les deux ? Je sais pas, c’est peut-être ton kiff de me filer de faux espoirs…

Il a un rire sarcastique. Il n’aurait jamais cru reparler de ça avec Aaron. Il avait juste enfoui ça dans le coin des nombreuses déceptions. Mais il avait tout fait résurgir avec son comportement de merde. Silène pouvait supporter un affront, pas deux. Il ne comprenait même pas comment Aaron réussissait à lui faire autant de mal en étant son “ami”.
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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Dim 12 Aoû - 15:23

Il comprenait sa colère mais les informations qu’il devait encaisser en pleine nuit et surtout en pleine convalescence étaient difficiles pour le jeune auror qui venait à peine de rentrer de sa course avec son autre ami à quatre pattes. Il ne pouvait surenchérir sur ce que Silène lui disait sous la colère, la déception, la tristesse de voir que l’animal avec qui il passait du temps jusque-là, n’était rien d’autre que lui. Il comprenait. Il comprenait que sa présence était presque indésirable alors qu’il n’avait pas saisi l’occasion avant de lui dire qui il était, profitant simplement d’un moment d’égarement pour lui montrer son vrai visage.

Aaron passa sa main sur ses cheveux dont certains avaient fini par se coller par le sang qui avait coulé sur le pelage de la panthère. Sa tête commençait à lui faire un peu mal mais il se la secoua comme pour la mettre de côté. Il observa alors le visage décomposé de son ami et ne sut quoi lui répondre pour se faire pardonner. Etait-il possible de pardonner à un ami qui s’était caché si longtemps ?

Il encaissa encore plus difficilement la réplique cinglante de Silène concernant un soir où il l’aurait dragué et pendant un moment, Aaron pensa même qu’il était sujet à un black-out total. Il ne se souvenait qu’à peine de ce moment durant cette soirée, pas parce qu’il avait bu mais parce qu’il s’en était jamais rendu compte. Etait-ce une blague ? Dans un silence consternant, il vit dans le regard de Silène que celui-ci refoulait cette vérité depuis bien trop longtemps et Aaron parti au quart de tour, se rendant compte à quel point il s’était leurré.

« Attend … je croyais jusque-là que tu avais des vues sur la serveuse ! » murmura-t-il pour commencer

Il n’avait même pas pensé que Silène avait un faible pour les hommes et Aaron se sentit encore plus stupide que perdu à cet instant-là. Comment avait-il fait pour ne pas remarquer que le jeune homme n’était pas du tout attiré par les hommes ? Il se souvenait encore qu’il lui avait présenté un tas de ses collègues féminines même à l’époque mais n’avait jamais pris la peine de lui demander le lendemain si tout s’est bien passé. Mais en même temps, Aaron respectait l’intimité de son ami, ce dernier ne se confiant en fait pratiquement jamais maintenant qu’il y pensait. Il pensait que Silène faisait partie de ses hommes qui gardaient une vie privée bien fermée mais en fait, elle était juste tournée dans une direction qu’Aaron n’avait jamais soupçonnée. Il faisait vraiment un bien piètre ami finalement.

« Explique-moi pourquoi tu en profites pour me dire ça maintenant que j’ai fait une faute. Pourquoi tu m’as côtoyé tous ce temps en pensant que je t’ai ignoré volontairement alors que je n’en savais rien ? Pourquoi tu ne me l’as pas dit avant ? Et ne me retourne pas la question quant au fait que je venais ici sous une autre forme, ça n’a rien à voir, c’était depuis bien plus longtemps que ça ! »


Il était gêné et son ton montait d'un cran en conséquence. Gêné par le simple fait d’avoir embarrassé le jeune homme sans même s’en apercevoir, faisant faux pas sur faux pas. Ce n’était pas ce qu’il était, il était attentif à ses amis, il s’assurait toujours qu’il pouvait partir d’une soirée en sachant que tous se passait bien pour les autres.

« Je suis désolée que tu ais cru que je t’évitais à cause de ça. Je … suis pas douée pour ce genre de chose, j’ai la tête bien trop ailleurs même en soirée. »

Il se calmait légèrement, comprenant qu’il ne serait probablement pas la personne pouvant rassurer le jeune homme. Il n’était qu’un ami qui lui avait fait trop de mal en si peu de temps tandis qu’Aaron ne pensait même plus à répondre aux charmes de qui que ce soit depuis quelques mois, sauf qu’un seul regard. Il avait beau de pas y penser même en soirée, il finissait quand même par retomber dans ce même cercle à chaque fois qu’il la voyait.

« Je me jouerais pas de toi de cette manière Silène, l’autre soir comme ce soir. Je m’excuse sincèrement, j’ai conscience que tu ais à présent une mauvaise image de moi mais je t’assure que je ne l’ai pas fait pour te blesser. »


Pourraient-ils aller de l’avant après tout ça ?

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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Dim 12 Aoû - 18:14

Toute cette situation était absolument affligeante. Silène ne savait pas quoi faire. En fait, vider son sac comme il venait de le faire ne résolvait rien. C’était complètement idiot. Il avait juste réussi à être aussi blessant que blessé. Génial. Il s’en veut déjà pour la bombe qu’il vient de lâcher. Il n’aurait pas pu fermer sa gueule un jour de plus. Quelques mois plus tard. Voire à tout jamais en fait. Il savait qu’agir sous l’impulsion de la colère n’amenait jamais rien de bon. Jamais. Pourtant il faisait toujours cette connerie. Toujours.

Sur la serveuse ? Il avait cru qu’il avait des vues sur la serveuse ? Lui ? En fait, c’était tellement gros que ça le déstabilisa complètement. Sérieusement ? Son homosexualité était comme inscrite sur sa face depuis ses quatorze ans, comment quelqu’un pouvait passer à côté de ça ? Silène eut un espèce de ricanement mêlé à un sanglot. Bon sang, qu’il était ridicule dans cet état. Et Aaron qui semblait tellement tomber des nues. C’était pour ça qu’il lui présentait toujours des filles ? Parce qu’il n’avait rien compris ? Silène avait juste cru qu’il savait que les présences féminines lui réussissaient plus amicalement. Mais… En fait Aaron était juste à mille lieux de la réalité. C’était presque pire que d’avoir été volontairement ignoré.

Silène se laissa tomber sur son matelas, pas prêt à continuer de s’énerver. Même si les reproches arrivaient aussi pour lui maintenant. Il aurait mieux fait de fermer sa gueule bon sang. Il secoue la tête.

Qu’est-ce que ça aurait changé que je le dise ? Tu me serais tombé dans les bras ? Non, alors… C’était plus simple de pas en parler. Et j’aurai du continuer à pas en parler. Je sais pas ce qui m’a pris d’accord ? Et j’avais pas forcément envie de t’entendre me confirmer que je serai jamais ton genre, tu comprends ? J’étais même pas sûr que t’aies oublié, t’aurais pu juste faire semblant pour que ce soit moins gênant pour toi ! J’en sais rien… C’est… C’est pas comme si les mecs inventaient pas des excuses à la con quand ils en ont marre de moi…

Même l’énergie de la colère l’avait quitté. Il se sentait juste incroyablement vide et épuisé par cette discussion. Par tout ça. Par l’envol de toutes ces belles histoires qu’il s’était conté. C’était trop beau pour lui d’avoir un animagus romantique qui veuille l’aimer en secret… Franchement, il fallait qu’il arrête de se bercer de toutes ces foutues illusions. Il ne faisait que collectionner les espoirs déçus. Et si en plus c’était pour gâcher des amitiés, ça n’avait définitivement rien de positif d’être un foutu coeur d’artichaut.

Je suis visiblement pas très doué non plus…” avoua-t-il d’une voix lasse, étouffant un soupir sanglotant.

Pas doué pour choisir les bons gars. Pas doué pour se taire. Pas doué pour grand chose en fait. Il était pire qu’Aaron sans doute. Quelle idée aussi de draguer un ami ? Alors oui, lui aussi avait bu ce soir-là, mais il comprenait même plus pourquoi il avait fait ça. Il s’en voulait. C’était probablement de sa faute si tout foirait aussi.

C’est bon… Je crois qu’on a des torts partagés finalement… Tu  dois pas forcément avoir une image géniale… T’avais sûrement pas envie de te souvenir que je t’avais dragué… Et puis me voir pleurnicher, ça doit pas être génial non plus…

Il relève la tête, croise son regard. Il a encore du sang dans les cheveux et des traces de ses anciennes blessures.

Comment tu fais ? Pour être blessé comme ça ? J’ai le droit de savoir ? Ou c’est encore un secret ? J’ai pas vraiment envie que tu me mentes encore mais… J’ai pas non plus envie de te forcer à me dire la vérité si tu peux pas….” demanda-t-il en se relevant.

Il alla attraper une serviette et la mouilla avec sa bouteille d’eau, lui tendant.

Pour essuyer tes cheveux. Ce sera plus discret qu’aller au lavabo à côté. Si mes colocs se réveillent tu aurais des soucis..; Et j’ai pas envie qu’il t’arrive malheur…
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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Lun 13 Aoû - 9:20

La colère de Silène retomba autant que ce dernier sur le matelas et la tension qu’avait accumulé Aaron en venant ici. Ils étaient tous les deux épuisés par des journées différentes et cette nuit ne méritait pas d’être aussi longue en émotion. C’était un jour sacré pour le jeune homme, l’anniversaire de son père et Aaron avait presque réussi à tout gâcher par sa simple présence. Il décida alors de s’installer à côté de lui et profitant de cette assise plus que confortable.

Il n’avait jamais souhaité le bercer d’illusion mais il se sentait gêné de n’avoir jamais compris, même sous sa forme animale que Silène était gay. Il avait toujours été tactile avec lui, il en avait conclu que le jeune homme était en recherche de présence, d’un ami sincère pour rattraper ce temps qu’il n’avait pas eu avec ses parents. Maintenant qu’il remettait le puzzle en place, il se rendait compte à quel point il avait tout mal interpréter, et pour un Auror, c’était le comble.

« Je ne peux pas te bercer d’illusion ou te laisser planer le moindre doute Silène. Je l’ai fait durant tous ses mois sans le vouloir, je te dois ça. » expliqua-t-il sincèrement

Il ne pouvait en rajouter plus sans que ce ne soit déplacé. Aaron était persuadé qu’un prince l’attendrait mais ce genre de paroles bateau ne devait pas venir de lui, Silène le verrait déjà en temps et en heure. Le jeune auror n’était déjà pas doué dans sa vie privée, il ne pouvait donner de conseils à quelqu’un d’autre que lui s’il n’appliquait déjà pas les siens. Mais un sanglot de sa part le poussa à parler et à le rassurer comme il put.

« Tu sais, tu plais déjà à quelqu’un, faut juste attendre le bon moment pour la rencontrer. Et tu verras, les questions ne se poseront même plus. Va pas douter de ton image mec, tu es un jeune homme brillant et qui a beaucoup à offrir, ne te referme pas comme ça. »

Alors que le jeune homme lui tendait une serviette et une bouteille d’eau, Aaron la saisit immédiatement, le gratifiant d’un sourire tout en se relevant afin d’atteindre un possible miroir dans la chambre. Versant l’eau sur le tissus, il se frotta les cheveux comme s’il venait de sortir de sa douche et constata que le sang partait plus rapidement que prévu.

« Je t’aurais bien confié ce secret mais celui-ci ne m’appartient même pas. Je ne fais que m’assurer que la personne ne se dévoile pas inopinément. Et puis, je ne reviens pas tout le temps blessé, je cours assez vite pour ça » dit-il avec un sourire éclatant pour se rattraper

Si déjà il ne faisait pas un très bon ami, il devait au moins rattraper le coup sur son don d’animagus sinon quoi il donnait une piètre image de son métier. Il respira silencieusement, se rendant compte effectivement que le bâtiment était plongé dans un silence soudain.

« Tu n’insonorises jamais ta chambre ? »

Il est bien vrai qu’il n’avait rien à faire ici, un adulte n’étudiant plus à la MUL n’avait aucune autorisation de revenir dans les lieux sauf exception et il avait réussi à traverser les barrières de l’école par sa simple capacité d’animagus pour les leurrer. Si un étudiant venait à toquer à la porte, il serait cuit. Ou devrait passer par la fenêtre pour partir d’ici. Il se rendit compte par la suite que sa question aurait pu paraitre très déplacée et très intimiste de surcroit et il cacha sa gêne derrière un autre sourire.

« Tu as quelque chose à boire ici ? Je pense qu’on a tous les deux besoins de reprendre les bases à zéro. J’ai toute la nuit devant moi ! » ajouta-t-il

Il ne pouvait pas partir ainsi, il ne pouvait pas laisser son ami dans un tel désarroi après ce soir. L’entendre se confier lui avait fait un choc mais il avait envie d’apprendre à connaître cette version de Silène, celui qui arrêtait de se préoccuper si gentiment des autres pour se dévoiler un peu, au-delà de cette affection sans limite. Il devait peut-être se lever tôt demain, le jeune homme aussi d'ailleurs mais au pire des cas, une nuit de discussion pouvait toujours être rattrapé.


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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Mer 15 Aoû - 14:16

Au moins, Il était sûr qu’Aaron n’aurait jamais de vues sur lui maintenant. En un sens, c’était une bonne nouvelle. Il était fixé à présent sur la tournure que pourrait prendre leur relation. Cela simplifiait les choses. Il eut un petit soupir. Au final, c’était probablement mieux comme ça. Il jeta un oeil vers son ami.

T’en fais pas, c’est pas la première fois que ce genre de choses m’arrivent… ce sera sans doute pas la dernière, t’inquiète pas…” souffla-t-il avec un haussement d’épaules.

Sa propension à s’emballer et à se faire des illusions étaient sans doute décisives quant à la répétition de ce phénomène. Il avait fini par s’y habituer. Et puis, quand tout commençait, c’était toujours agréable d’avoir des papillons dans le ventre, de se sentir bien, de se sentir vivant. La chute était rude à la fin, mais quand bien même, le voyage en valait toujours la peine. Et quand Aaron commença à essayer de le rassurer, il haussa un sourcil et eut un petit rire.

T’es sérieusement en train de me sortir le couplet du prince charmant et de l’amour qui tombe sur tout le monde ? Je suis un peu grand pour croire aux contes de fées… Mais c’est gentil de me dire ça…” répondit-il avec un petit sourire. “Ne t’en fais pas, je me referme pas, je suis très ouvert comme mec.

Donc c’était bien quelqu’un qui lui faisait ces blessures là. Ce qui n’était pas forcément très rassurant. Les idées de Sisi ne tardèrent pas à faire des liens. Des attaques, un secret. L’étudiant n’était pas idiot. C’était probablement un loup-garou ? Enfin, c’était le plus plausible ? Mais il garda ses hypothèses pour lui. Il ne voulait pas qu’Aaron croie qu’il essayait de lui tirer les vers du nez.

Garde ce secret alors… Mais fais attention à toi… tu cours quand même pas suffisament vite pour éviter toutes les griffures… Alors… Ne te fais pas mordre, ok ?

Il posa son regard dans celui de son ami, sérieusement. Il ne voulait pas qu’il arrive quoi que ce soit à son ami, ça, c’était certain. Secret ou non. La question sur l’insonorisation de sa chambre lui fit hausser un sourcil. Sans doute qu’il n’était pas assez sorcier pour avoir ce genre de réflexe.

Pas souvent… En fait, j’ai pas franchement le réflexe… Qu’est-ce que ça change si mes colocataires m’entendent ? Après tout, j’entendais ma voisine engueuler son mari quand j’étais petit, ça m’a ni tué, ni traumatisé… Et puis pour le bruit que je fais habituellement…

Il se relève à la question sur ce qu’il a à boire…. Est-ce que c’est vraiment une bonne idée ? De boire à nouveau ensemble avec ce qui s’était passé la dernière fois ? Bouarf, maintenant il n’arriverait plus rien ? Il alla fouiller dans son placard, et en sortit une bouteille. Toujours avoir des réserves d’alcool en cas de fêtes surprises sur le campus.

Rhum, ça te paraît bien ?” demanda-t-il avec un sourire.

Il attrapa deux verres aussi. Toujours bien s’équiper. Il leur servit un verre chacun et but le sien d’une traite. Il était vraiment pas mauvais ce rhum à la vanille maison.

Fabrication moldu… En vrai, j’dois dire que l’alcool moldu est bien meilleur que l’alcool sorcier…
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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Mer 15 Aoû - 18:57

Dire qu’Aaron était soulagé n’était qu’une infime partie de ce qu’il ressentait car il n’avait vraiment pas envie de perdre un ami. Il savait à quel point il faisait parfois mal les choses en voulant pourtant avoir une bonne finalité et il avait désormais appris avec Silène qu’il valait tout de même mieux être honnête plutôt que de forcer des confidences sous un autre visage. Si le jeune homme n’était pas encore assez à l’aise pour lui parler de ses problèmes personnels, il n’avait fait qu’exacerber ce fait cette nuit et ne pouvait attendre une totale confiance dans l’immédiat. Cependant Silène était un homme bon et il n’avait rien à craindre d’Aaron car s’il avait fini par s’intégrer à leur petite bande d’auror aussi facilement à la MUL, c’était également parce qu’il savait que les secrets étaient toujours bien en chacun d’entre eux.

Il lui adressa un maigre sourire tandis qu’il maternait Aaron même sans sa condition d’animagus. Silène ne changerait pas mais c’était bien pour ça qu’il l’aimait bien. Il avait ce côté papa poule, loin d’être envahissant mais surtout protecteur et cela assura le jeune auror qu’il serait un excellent vetomage s’il conservait cette patience.

« Je ne peux rien te promettre, surtout que ça ne s’est pas forcément aussi bien passé que d’habitude, comme tu l’as vu. Mais je tenterais de moins me faire mal »
assura-t-il

Silène ne devait pas être idiot, il avait probablement du remarquer que ses blessures n’étaient pas que des chutes ou des échardes, certaines comportaient des morsures digne d’un grand chien mais l’évidence de cette hypothèse ne pouvait être qu’affirmer par les dires de l’Auror. Il lui fut également reconnaissant de ne pas lui poser plus de questions là-dessus et en profita pour regarder la chambre de Silène, autrement que par ses yeux de panthères.

« J’avais pour habitude de l’insonoriser mais surtout parce que je passais certaines nuits à m’entrainer avec un mannequin volé » avoua-t-il en repensant à son époque étudiante

Il n’était pas dans le même bâtiment et à de nombreuses reprises, il avait été tenté de faire un tour devant son ancienne chambre mais sachant que l’étage était bien souvent réservé aux étudiants aurors pour sa proximité avec les salles d’entrainement, Aaron avait loin d’être envie d’être attaqué sous sa forme panthère là-bas.

Acceptant son verre avec plaisir, il prit tout de même le temps de le savourer, remarquant que Silène avait bien plus besoin de se vider l’esprit en même temps que son verre. Aaron remarqua dès la première gorgée que le rhum était loin d’être sorcier et contenait même une note subtile qu’il ne sut déterminer.

« C’est plutôt bon même en fait … » répondit-il en goûtant de nouveau « tu l’as arrangé toi-même ? »

Il est vrai que l’auror était plutôt bierraubeurre, même s’il adorait gouter aux alcools que son père lui faisait encore gouter quand il venait diner chez ses parents. Entre les vins et le champagne sorcier, ils avaient également de quoi faire mais il fallait dire qu’une grande partie de la production sorcière était issu de la modification des alcools moldus. Du moins, c’est ce qu’il en pensait, après tout, il n’était pas expert dans ce domaine. Et la deuxième gorgée lui réchauffa la gorge durablement.

« J’avais aussi une voisine qui hurlait sur ses enfants … elle leur criait tellement fort dessus pour qu’ils rangent leur chambre que ça me poussait à ranger la mienne » ajouta-t-il en riant doucement

Sa mère n’était pas particulièrement stricte dans les corvées ménagères, quand Aaron y habitait, la maison était loin d’être un musée même si l’hygiène était de mise. Mais maintenant qu’il avait son appartement depuis quelques années, il devait avouer que les cris de sa voisine ne lui manquaient pas. Il posa ses yeux sur Silène, se rendant compte qu’il revenait sur le sujet des parents, sujet au combien délicat pour le jeune homme qui ne lui avait encore jamais vraiment parlé de son père jusqu’à aujourd’hui.



[EDIT : Mon fils a pris la liberté de cliquer n'importe comment sur le post pendant mon absence de 2 secondes donc il a posté une version non finie de ma réponse, désolée si tu l'as lu avant T.T]
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MessageSujet: Re: Une habitude qui tourne mal [Silène]   Jeu 23 Aoû - 20:47

Même si ce n’était pas vraiment une promesse, mais au moins, Aaron ferait peut-être un peu plus attention pour lui… Même si il devrait surtout faire attention à lui pour lui-même. Mais bon, Aaron était probablement ce genre de personne qui pense avant tout aux autres. Autant en profiter pour que les répercussions soient bonnes pour l’auror aussi… Il sourit doucement, et acquiesça. De toutes façons, Silène ne cessera jamais de le soigner. Il préfèrerait juste ne pas avoir à prendre soin d’un loup-garou ? Il n’avait aucune certitude mais tout de même…

Quand il entendit la raison des insonorisations de chambre de son ami, Sisi ne put s’empêcher de lever un sourcil et le fixer un peu éberlué. Ça sonnait un peu psychopathe comme témoignage franchement ! Mais ça n’étonait pas trop Silène en fait. Il rit un peu.

T’avais des passe-temps vraiment très étranges, Ronron !

Il s’assit à côté d’Aaron et se re-remplit un verre. Il avait vraiment besoin de se vider la tête. Et de se saoûler. L’alcool n’était pas une solution mais quand même, ça l’aidait bien des fois. Il sourit à la question de son ami.

Fabrication maison, oui. Un de mes talents secrets vois-tu ! Avec la composition florale, mais ça plaît plus aux filles ça…

Il boit une nouvelle gorgée de rhum. Il l’avait plutôt bien réussi oui. Il pouffa à l’anecdote de son ami.

C’est dans ces moments-là qu’on est content de pas avoir eu de mère chez soi !

C’est clair que sa mère à lui, elle lui avait pas gueulé dessus pour sa chambre. Il rigola quelques secondes. Avant de réaliser que ça ne devait pas forcément sonner très drôle d’un point de vue extérieur. Et puis, ça aussi, il n’en avait jamais parlé à Aaron. Parce qu’il en parlait rarement. Il fronça un peu les sourcils.

Pardon… C’est pas terrible comme remarque… Mais avec ma mère, ça a jamais été trop ça… Enfin c’est compliqué… Mais c’est pas une histoire terrible, on a mieux à se raconter que mes drames familiaux tu crois pas ?

Il finit à nouveau son verre. Cul sec. Et s’en reservit un.

Ça fait quoi d’être une panthère ? J’adorerai savoir ce que ça fait d’être dans la peau d’un tel animal…

Autant parler de choses qui le faisait un peu plus rêver…

Et si t’as un pote panthère célibataire qui veut me rendre visite la nuit, je suis plutôt pour que tu lui passes le message… C’était franchement sexy et mystérieux les visites d’animagus…
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